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publiés dans Amavero

Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • Fan-Zhen : le corps est la matière de l'esprit

    Le corps est la matière de l’esprit ; l’esprit est la fonction du corps. Ce ne saurait être deux choses différentes, plutôt deux noms distincts pour la seule et même entité. L’esprit est à la matière ce que le tranchant est au couteau ; le corps est à la fonction ce que le couteau est au tranchant. Le terme “tranchant” ne désigne pas le couteau ; le terme “couteau” ne désigne pas le tranchant. Et pourtant, ôtez le tranchant, il n’y a plus de couteau ; ôtez le couteau, il n’y a plus de tranchant. Or, on n’a jamais entendu dire que le tranchant subsiste après la disparition du couteau, alors comment l’esprit pourrait-il subsister quand le corps a disparu?
    Fan Zhen (450-515), lettré confucéen, De la destructibilité de l’esprit (Shen mie lun), cité par Anne Cheng, op. cit., p. 358. cité par Cyrille J-D. Savary les trois sagesses chinoises


  • Aragon (Louis) : L' Affiche rouge

    Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
    Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
    Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
    Vous vous étiez servi simplement de vos armes
    La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

    (suite…)

  • Brives (Martial de) : Les soupirs d'une âme exilée

    Je vis, mais c’est hors de moi-même ;
    Je vis, mais c’est sans vivre en moi ;
    Je vis dans l’objet de ma foi
    Que je ne vois pas et que j’aime ;
    Triste nuit des longs embarras
    Où mon âme est enveloppée,
    Si tu n’es bientôt dissipée,
    Je me meurs de ne mourir pas.


    Le poète religieux et capucin français Martial de Brives (1600-1653). Sur ces paroles de Saint Paul : Cupio dissolvi et esse cum Christo


  • Rilke (Rainer Maria) : Mein Leben is nicht diese steile Stunde. Ma vie n'est pas cette heure abrupte

    Mein Leben ist nicht diese steile Stunde,
    darin du mich so eilen siehst.
    Ich bin ein Baum vor meinem Hintergrunde,
    ich bin nur einer meiner vielen Munde
    und jener, welcher sich am frühsten schließt.

    Ma vie n’est pas cette heure abrupte
    vers quoi tu me vois me hâter.
    Je suis un arbre devant mon décor,
    je ne suis que l’une de mes nombreuses bouches,
    et parmi elles celle qui se clôt la première.

    (suite…)

  • Purana (Markandaya) : Mon enfant tu n'as ni nom ni forme

    Madasela, parlant à son nouveau-né:
    – Mon enfant, tu n’as ni nom ni forme. Et c’est pure fantaisie que de t’avoir donné un nom.
    Ton corps que voilà, formé des cinq éléments, n’est en vérité pas tien, et tu ne lui appartiens pas…
    Pourquoi pleures-tu? Mais peut-être ne pleures-tu pas, et ce qui sort de toi n’est q’un bruit sans signification, fils de Roi.
    Dans ton corps résiste un autre toi.
    Donc, repoussons la pensée: « Cet enfant est à moi », car elle n’appartient qu’à la chair.
    Honte à ceux qui se laissent abuser ainsi!

    Tiré de La Voix des Choses, textes recueillis par Marguerite Yourcenar, citant A. Coomarasani.


Dernières publications d’art et de poésie

  • Comme je laissais derrière moi

    Comme je laissais derrière moi

  • Il est là monstrueux

    Il est là monstrueux démesuré
    debout par miracle
    Dans un maelström de particules
    Raide et impassible
    dans ce magma coloré
    Poursuivi par ce spectre grimaçant
    qui se cache à lui et veux l’engloutir
    Inconscient, il marche
    et va vers son destin
    Dans un tourbillon d’électrons dorés
    dont la beauté adoucira la fin

    Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

    Il est là monstrueux

  • J’ai plongé dans cette mer

    J’ai plongé dans cette mer

  • J’aimerais que mes pensées se libèrent

    J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
    J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
    J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.

    Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
    Texte écrit en Atelier de poésie

    J’aimerais que mes pensées se libèrent

  • Cent et onze années

    Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
    Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
    La blancheur lactique de tes bras
    Tes bras qui faisaient
    Comme des branches
    Me rendaient extatique, enfant soudain,
    Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
    Quand nous dansions
    Et que tu m’entrainais
    De tes bras pratiques,
    Des branches lactiques, extatiques
    Cette mémoire me fait défaut désormais
    Seul cet océan nouveau me fait peur
    Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
    Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
    Cent et onze années ont passé
    Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
    Est la preuve même de ton existence
    Car tout recto a son verso

    Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

    Cent et onze années

  • Exil de l’âme

    Exil de l’âme

  • Une première fois

    Une première fois, elle saute
    Par la fenêtre ouverte
    Elle tombe et se relève
    Elle remonte aussitôt
    Et se jette à nouveau
    Cette fois, elle tombe plus fort
    Et se relève en sang
    Pourtant, elle y retourne
    Avec une obstination morbide
    Elle se jette dans le vide
    Heurte durement le sol
    La tête la première
    Un silence angoissant puis
    Elle se relève
    Part en courant
    On dirait une possédée, une folle
    Mais elle est bien vivante
    Cette métaphore est violente
    Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
    C’est la maternité

    Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

    Une première fois

  • Un seul nuage

    Un seul nuage

  • L’amère flamme

    L’amère flamme ruisselant
    l’oxyde fragile boisé
    flot argenté du jour
    dormant dans la vaste nuit
    Fleure fœtus hermaphrodite
    Des aromates sauvages
    sont replongés en ma sève

    Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève

    Liste des premiers gagnants du Jeu des 20 mots

    L’amère flamme

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025