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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • fouiller la surface

    j’écris pour fouiller la surface indicible
    des choses et des gens
    dans la sphère de l’invisible
    au-delà des mots et des traces

    mes mots ne sont pas des mots
    ils sont la rencontre improbable
    entre l’âme et la beauté
    la volonté imparable
    de peindre l’indiscernable hybride
    de sentiments et d’émotions

    je ne sais pas crier
    tout juste murmurer 
    ma sincérité mon désir immanents

    je cherche à créer 
    les rêveries d’un tableau abstrait
    le foisonnement d’un paysage de recoins
    la larme limpide d’un prélude en do majeur
    les cieux aux nuages éclatés

    je veux décrire 
    les yeux transparents grand ouverts
    la main douce poussant un soupir
    la mort amère si attirante
    les rages de l’être à tous les âges
    les folies de la vie tournis

    j’écris pour me sauver de mes tourments
    stopper leur cycle un moment 
    les voici suspendus en l’air par mes mots 
    qui les empêchent de retomber

    d’un œil je les vois prêts à se ruer sur moi
    alors je continue d’écrire en apnée
    plongeant toujours plus loin
    dans un monde sans fin

    quand j’écris
    j’ai peur de mes mots 
    microscopiques
    mais je continue tant pis
    porté par un espoir improbable
    écharde de bois transocéanique
    petit caillou à la fois dense et léger
    chassé par le vent
    cerf-volant hésitant
    après s’être détaché de son fil
    et qui tournoie en montant

    mes mots forment une myriade
    de filandres fécondes
    plus fortes que la matrice des heures
    une kyrielle de notes 
    frappant les cœurs des bouts du monde
    où je ne suis jamais allé

    j’écris pour lancer des passerelles entre les êtres
    lignes de vie d’un bateau cherchant son cap
    je ne veux pas d’échelles ni de solutions
    je veux des rêves de la vibration

    voile s’évanouissant à l’horizon
    mon texte va m’abandonner
    ayant gravé en moi un sillage profond
    hors de ma vue il vivra à jamais

    j’écrirai encore et encore jusqu’à ma mort 
    et ce jour-là mes mots d’amour et d’or
    je les serrerai contre moi
    je les emporterai avec moi
    qui sait à qui ils pourront profiter

    les nuages sauront-ils les aimer ?

    Lionel Lemoine Fitzgerald – Dugald (1918)
    image Dall.e créée pour ce texte

    Texte de Luc Fayard illustré par deux œuvres : une image IA créée pour ce texte et le tableau Dugald, de Lionel Lemoine Fitzgerald

    1er prix du concours Amavica 2022 – Mille poètes en Méditerranée – catégorie Prose poétique; réécrit ici en vers libre.

    Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne


  • la porte du tableau

    le temps souffle comme le vent
    qui n’offre rien pour s’arrimer
    transmuant ton cœur élimé
    en nuée de limbes mouvants

    dans les ténèbres somnambule
    tu ne sais sur quel pied danser
    balbutiant et balancé
    tu sursautes comme une bulle

    grenouille sur un nénuphar
    luciole perdue dans la brume
    fleur de désir et d’amertume
    voilier louvoyant vers le phare

    suivant sa vocation ténue
    la mémoire de tes dix doigts
    cherche le toucher de l’émoi
    et le frisson de l’âme nue

    nuit et jour tu peins tu zigzagues
    dans un serpentin de questions
    un matin vient la solution
    ravir les écumes des vagues

    suivant ta foi ton idéal
    tu fais éclore du tableau
    une maison de terre et eau
    dont tu es le héros final

    étiré par ton repentir
    un trait pareil à une eau-forte
    sur la toile éclaire la porte
    par où tu peux enfin partir

    Hommage à Ou Tao-tseu (en japonais Godoshi) et Wang Fô

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « la porte du tableau »


    Texte sélectionné pour L’Anthologie des meilleurs poèmes du Prix international Arthur Rimbaud 2022; Flamme de Bronze du Prix Flammes Vives 2022.

    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte; voir une autre illustration de ce texte avec deux tableaux, un d’art moderne et un autre chinois du 13 e siècle.


  • je voudrais écrire

    je voudrais écrire
    les plus belles pages du monde
    que le monde lirait
    en pleurant un peu

    mes pages seraient des tableaux
    de tristesse et de beauté
    le beau est toujours triste
    quand il est intouchable

    au bout de la tristesse
    entre les lignes poindrait
    une faible lueur d’espoir
    ne pas mourir tout à fait

    je parlerais de l’amour
    trop fort débordant
    en vagues sur les rochers
    blanchis d’écume

    des désirs non accomplis
    du renoncement
    rogneur d’âme qui tient
    éloigné du but

    je dirai la mer
    et son horizon
    et les oiseaux verts
    là-bas qui s’en vont

    je dirai l’envie
    d’être un autre
    que cet empêtré
    dans la lourdeur des choses

    dans mes pages je volerais
    fièrement librement,
    sur ma vie sans frontières
    mon passé sans cadran

    je parlerai des yeux
    qui m’ont rendu fou
    et du dernier regard
    qui porta le noir infini

    je parlerai du temps perdu
    qui fuit lentement
    comme un goutte à goutte
    du sang des gens

    des mots qui se croisent
    sans s’entendre têtus
    comme deux rivières
    réticentes à confluer

    du soleil aveuglant
    qui ferme les yeux
    cédant à la chaleur
    de formes emmêlées

    je parlerai du corps
    qui s’abandonne en nudité
    de sa peau fruit rouge
    à croquer en délicatesse

    dans la foison de mes pages
    on verrait des tableaux
    à contempler longuement
    comme une source de vie

    les mots sont si faibles
    menteurs et réducteurs
    la peinture est le parangon
    de la création humaine

    je voudrais que mes mots
    se lisent comme un tableau
    une musique symphonique
    une matrice de liens

    je voudrais écrire l’océan
    des plus belles pages du monde
    pour que le monde s’y noie
    s’en nourrisse et renaisse

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « je voudrais écrire »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.


  • pensée errante

    ma pensée part errante
    avide d’assouvir
    ses lubies d’asservir 
    sa chimère aberrante

    elle vaque intrigante
    toujours prête à servir
    son ardeur pour gravir 
    toute pente insouciante

    vif un son vient percer
    mon rêve dispersé
    le réel me fait face

    dur un monde insensé
    force mes yeux baissés
    ma pensée s’éteint lasse

    Texte de Luc Fayard. Voir et entendre la récitation musicale mise en scène dans Galerie Amavero

  • Supervielle (Jules) : Plein ciel

    J’avais un cheval
    Dans un champ de ciel
    Et je m’enfonçais
    Dans le jour ardent.

    (suite…)

Dernières publications d’art et de poésie

  • Comme je laissais derrière moi

    Comme je laissais derrière moi

  • Il est là monstrueux

    Il est là monstrueux démesuré
    debout par miracle
    Dans un maelström de particules
    Raide et impassible
    dans ce magma coloré
    Poursuivi par ce spectre grimaçant
    qui se cache à lui et veux l’engloutir
    Inconscient, il marche
    et va vers son destin
    Dans un tourbillon d’électrons dorés
    dont la beauté adoucira la fin

    Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

    Il est là monstrueux

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    J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
    J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
    J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.

    Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
    Texte écrit en Atelier de poésie

    J’aimerais que mes pensées se libèrent

  • Cent et onze années

    Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
    Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
    La blancheur lactique de tes bras
    Tes bras qui faisaient
    Comme des branches
    Me rendaient extatique, enfant soudain,
    Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
    Quand nous dansions
    Et que tu m’entrainais
    De tes bras pratiques,
    Des branches lactiques, extatiques
    Cette mémoire me fait défaut désormais
    Seul cet océan nouveau me fait peur
    Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
    Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
    Cent et onze années ont passé
    Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
    Est la preuve même de ton existence
    Car tout recto a son verso

    Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

    Cent et onze années

  • Exil de l’âme

    Exil de l’âme

  • Une première fois

    Une première fois, elle saute
    Par la fenêtre ouverte
    Elle tombe et se relève
    Elle remonte aussitôt
    Et se jette à nouveau
    Cette fois, elle tombe plus fort
    Et se relève en sang
    Pourtant, elle y retourne
    Avec une obstination morbide
    Elle se jette dans le vide
    Heurte durement le sol
    La tête la première
    Un silence angoissant puis
    Elle se relève
    Part en courant
    On dirait une possédée, une folle
    Mais elle est bien vivante
    Cette métaphore est violente
    Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
    C’est la maternité

    Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

    Une première fois

  • Un seul nuage

    Un seul nuage

  • L’amère flamme

    L’amère flamme ruisselant
    l’oxyde fragile boisé
    flot argenté du jour
    dormant dans la vaste nuit
    Fleure fœtus hermaphrodite
    Des aromates sauvages
    sont replongés en ma sève

    Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève

    Liste des premiers gagnants du Jeu des 20 mots

    L’amère flamme

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025