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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • la pierre grise est la plate statue

    la pierre grise est la plate statue
    portant en sacrifice un scorpion mort
    là-bas l’enfant joueur sourit encore
    ses bras arrondis cerclant l’arbre nu

    tu rencontreras ainsi tant de vies
    qui s’exposeront sans voile pour toi
    guettant impatiemment que tu sois là
    pour lever leur rideau de comédie

    marcheur solitaire tes pas t’élèvent
    plus haut que le monde aux mille visages
    tu deviens une abstraction moine sage
    énigmatique maître sans élève

    pas de méditation juste la marche
    instinctive et méthodique allurée
    les arbres protègent ton avancée
    de penseur libre serein patriarche

    pour toi la nature n’est pas un temple
    elle est un rêve vif allégorie
    où tu pourras suivre tous les génies
    sans paroles sans bruits sans gestes amples

    les fantômes gris de l’humanité
    te donnant la main pour former la ronde
    tu vas goûter la vibration du monde
    née il y a plus de cent mille années

    tu t’es arrêté tu danses tu erres
    tu ris tu tressailles tu virevoltes
    soudain tu te réveilles sans révolte
    simple marcheur sur un chemin de pierres

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « la pierre grise est la plate statue »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.


  • vous les vibrants

    vous les vibrants les sensibles
    scrutateurs d’infinis
    voyants férus d’autres vies
    liseurs d’âme entre les lignes

    vous détenez en vision
    l’arc-en-ciel de lumière
    qui éclaire dans votre œuvre  
    les au-delàs d’horizon

    vous en faites un bel usage 
    toujours renouvelé
    comme bat des ailes 
    un papillon inépuisé

    votre passion
    avancer sans barrières
    sur un chemin d’ornières
    de creux d’irraison

    vous y dansez libres passereaux 
    inlassables chercheurs de beauté
    notes matières traits couleurs mots 
    vos ailes vos cris pour exister

    truelles de l’origine du monde
    flèches vives de l’espace et du temps
    avec vous la terre n’est jamais ronde
    ni le ciel frontière fermée au vent

    derrière votre forme façonnée
    le souffle naturel des choses
    porte dans son cycle éternel
    le voyage recommencé

    vous êtes la houle et le sang
    qui nous reconstruisent vivants
    nous gens du passé fétus tristes
    vous gens du futur les artistes

    à la princesse I.M. et à ses pairs


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.


  • bonheur fuyant

    je vois le bonheur fuyant 
    devant mon cœur sans un cri
    fantomatique zombie
    calme serpent ondulant

    je le sens tout proche là 
    tapi dans l’ombre sans œuvre
    onctueux comme une pieuvre
    gros bouddha sibyllin las

    il disparaît prestement
    avant que je ne l’attrape
    fin caméléon satrape
    anguille dans le courant

    l’impie cruel va tanguer
    comme un essaim d’alouettes 
    dessinant la silhouette
    d’une ombre secrète et gaie

    ce pur bonheur à portée
    se dérobe sous mes doigts
    enfantant des tourments froids
    infiniment immergés

    comme le vent comme l’eau
    comme cette chanson triste
    pleurée en mer anarchiste
    par mille fonds abyssaux

    John Martin – The Plains of Heaven (1851)
    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « bonheur fuyant »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.(en haut) et par un tableau de John Martin
    The Plains of Heaven, d’où le classement de cette page dans deux catégories: poemes-ia et poemes-art


  • en bord d'éternité

    quand je serai parti
    de mon âme ma vie
    je me vois volontiers
    assis sur un nuage
    causant aux trépassés
    gisants de tous les âges
    pendant que vous muets
    souffrirez pleutres mous
    juste en deçà de nous

    mais nous serons cléments
    avec vous les vivants
    parce que nous aussi
    gaspilleurs de futur
    locuteurs de grands cris
    et de petits murmures
    nous fûmes égoïstes
    amoureux destructeurs
    ambitieux et menteurs

    oublieux de la vie
    je me demande si
    nous les fantômes blancs
    les ectoplasmes blêmes
    les affranchis du temps
    nous garderons quand même
    en vous examinant
    en bord d’éternité
    un ultime regret

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « en bord d’éternité »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte.


  • fouiller la surface

    j’écris pour fouiller la surface indicible
    des choses et des gens
    dans la sphère de l’invisible
    au-delà des mots et des traces

    mes mots ne sont pas des mots
    ils sont la rencontre improbable
    entre l’âme et la beauté
    la volonté imparable
    de peindre l’indiscernable hybride
    de sentiments et d’émotions

    je ne sais pas crier
    tout juste murmurer 
    ma sincérité mon désir immanents

    je cherche à créer 
    les rêveries d’un tableau abstrait
    le foisonnement d’un paysage de recoins
    la larme limpide d’un prélude en do majeur
    les cieux aux nuages éclatés

    je veux décrire 
    les yeux transparents grand ouverts
    la main douce poussant un soupir
    la mort amère si attirante
    les rages de l’être à tous les âges
    les folies de la vie tournis

    j’écris pour me sauver de mes tourments
    stopper leur cycle un moment 
    les voici suspendus en l’air par mes mots 
    qui les empêchent de retomber

    d’un œil je les vois prêts à se ruer sur moi
    alors je continue d’écrire en apnée
    plongeant toujours plus loin
    dans un monde sans fin

    quand j’écris
    j’ai peur de mes mots 
    microscopiques
    mais je continue tant pis
    porté par un espoir improbable
    écharde de bois transocéanique
    petit caillou à la fois dense et léger
    chassé par le vent
    cerf-volant hésitant
    après s’être détaché de son fil
    et qui tournoie en montant

    mes mots forment une myriade
    de filandres fécondes
    plus fortes que la matrice des heures
    une kyrielle de notes 
    frappant les cœurs des bouts du monde
    où je ne suis jamais allé

    j’écris pour lancer des passerelles entre les êtres
    lignes de vie d’un bateau cherchant son cap
    je ne veux pas d’échelles ni de solutions
    je veux des rêves de la vibration

    voile s’évanouissant à l’horizon
    mon texte va m’abandonner
    ayant gravé en moi un sillage profond
    hors de ma vue il vivra à jamais

    j’écrirai encore et encore jusqu’à ma mort 
    et ce jour-là mes mots d’amour et d’or
    je les serrerai contre moi
    je les emporterai avec moi
    qui sait à qui ils pourront profiter

    les nuages sauront-ils les aimer ?

    Lionel Lemoine Fitzgerald – Dugald (1918)
    image Dall.e créée pour ce texte

    Texte de Luc Fayard illustré par deux œuvres : une image IA créée pour ce texte et le tableau Dugald, de Lionel Lemoine Fitzgerald

    1er prix du concours Amavica 2022 – Mille poètes en Méditerranée – catégorie Prose poétique; réécrit ici en vers libre.

    Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne


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    Il est là monstrueux démesuré
    debout par miracle
    Dans un maelström de particules
    Raide et impassible
    dans ce magma coloré
    Poursuivi par ce spectre grimaçant
    qui se cache à lui et veux l’engloutir
    Inconscient, il marche
    et va vers son destin
    Dans un tourbillon d’électrons dorés
    dont la beauté adoucira la fin

    Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

    Il est là monstrueux

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  • Cent et onze années

    Cent et onze années, troublées, Mélangées, houblonnées
    Cent et onze années cendrées, rouillées, Traversées
    La blancheur lactique de tes bras
    Tes bras qui faisaient
    Comme des branches
    Me rendaient extatique, enfant soudain,
    Perdant mes mots, bal, bal, balbutiant
    Quand nous dansions
    Et que tu m’entrainais
    De tes bras pratiques,
    Des branches lactiques, extatiques
    Cette mémoire me fait défaut désormais
    Seul cet océan nouveau me fait peur
    Reconnaitrai-je ton île ? J’oublierai alors
    Ces trois balles que tu t’es tirées au cœur
    Cent et onze années ont passé
    Et ce voile goudronné sur mes souvenirs
    Est la preuve même de ton existence
    Car tout recto a son verso

    Texte d’Othmane M., inspiré par A travers 111 (verso), de Chantal Fontvieille ; écrit en Atelier de poésie

    Cent et onze années

  • Exil de l’âme

    Exil de l’âme

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    Une première fois, elle saute
    Par la fenêtre ouverte
    Elle tombe et se relève
    Elle remonte aussitôt
    Et se jette à nouveau
    Cette fois, elle tombe plus fort
    Et se relève en sang
    Pourtant, elle y retourne
    Avec une obstination morbide
    Elle se jette dans le vide
    Heurte durement le sol
    La tête la première
    Un silence angoissant puis
    Elle se relève
    Part en courant
    On dirait une possédée, une folle
    Mais elle est bien vivante
    Cette métaphore est violente
    Mais peut-être l’avez-vous deviné ?
    C’est la maternité

    Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie

    Une première fois

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    L’amère flamme ruisselant
    l’oxyde fragile boisé
    flot argenté du jour
    dormant dans la vaste nuit
    Fleure fœtus hermaphrodite
    Des aromates sauvages
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    Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève

    Liste des premiers gagnants du Jeu des 20 mots

    L’amère flamme

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025