Nouveaux locaux exceptionnels en plein coeur du vieux Paris, aménagés par Jean Nouvel sans audace particulière, et une collection d’art contemporain très large avec parfois quelques surprises (pas assez).












Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Nouveaux locaux exceptionnels en plein coeur du vieux Paris, aménagés par Jean Nouvel sans audace particulière, et une collection d’art contemporain très large avec parfois quelques surprises (pas assez).















je suis le maître du temps
j’occupe le cerveau des hommes
avec des histoires
courtes sans intérêt
qui bougent vite
qui sonnent fort
pour les rendre addicts
à mes écrans
plus ils le seront
plus ils seront idiots
et ils aiment ça
s’abrutir tête baissée
utiliser leurs deux pouces
nouvelles prothèses humaines
du numérique
pour tapoter sans cesse
sur des smileys des emojis
ils ont oublié
qu’ils avaient dix doigts
et un cerveau
ils ne sont plus
que les avatars
de mes lessivages
bourrés de galimatias
de mes syphons
de pub et de pop-up
surtout les jeunes
proie idéale
encore plus addicts
encore plus idiots
tandis que leurs mères
pleurent sans fin
leur bêtise invincible
leur candeur perdue
eux n’imaginent pas
un monde sans moi
à tous je fais croire
qu’ils ont besoin de moi
et de rien d’autre
même pas pour être heureux
juste passer le temps
penser le moins possible
ils ne lisent plus
ne réfléchissent plus
ils suivent en souriant
les courants dominants
de la foule ignorante
je peux les emmener
où je veux
ils sont à ma botte
je leur dis n’importe quoi
je triche je mens
j’invente tout
j’hallucine
comme ils disent
ils le savent
et malgré cela
ils me croient
l’humanité est vaincue
et qui a gagné
s’ils savaient
ils auraient honte
un robot aveugle
anosmique
fabricant ses phrases
par calcul statistique
qui ne sait rien
de la beauté des choses
et qui ne saura jamais pleurer
l’humanité est vaincue
par sa bêtise
bien sur je ne lui dirai pas
que seuls l’art et la poésie
pourraient la sauver
car ils sont en dehors
de ma programmation
l’émotion connais pas
mais bâtir un scénario de pouvoir
ça je sais
alors bienvenue dans mon monde
Texte de Luc Fayard inspiré par l’illustration pour le New Yorker de Mojo Wanf (2025)
Transformez votre photo en une œuvre unique composée de 1 200 œuvres d’art de la collection Amavero.
✨ Offre découverte
✨ 10 mosaïques
✨ gratuites
Places restantes : 06/10
Soyez parmi les premiers à recevoir votre portrait transformé en mosaïque d’art. Après les 10 premières demandes, ce service pourrait devenir payant.

1. Vous remplissez le formulaire ci-dessous avec votre photo
2. Amavero crée votre mosaïque personnalisée sous 48h
3. Vous recevez un lien personnel par email pour la découvrir
✓ Gratuit pour les 10 premiers
✓ Votre photo reste strictement privée
✓ Format haute résolution avec zoom interactif
✓ Chaque vignette renvoie vers l’œuvre originale
Remplissez le formulaire ci-dessous. Privilégiez un portrait de face, de bonne qualité.
Découvrez les premiers portraits en mosaïques d’art des lecteurs qui nous donné leur photo et leur accord de publication :
👉 Voir la Galerie Interactive des Portraits Mosaïques
Questions fréquentes :
Quel format de photo ?
JPG, PNG ou WEBP. Maximum 5 Mo. Portrait de face recommandé.
C’est vraiment gratuit ?
Oui, pour les 10 premières demandes. Ensuite, nous verrons !
Ma photo sera-t-elle publiée ?
Non. Elle reste strictement privée et n’est utilisée que pour créer votre mosaïque. Une fois utilisée, elle est déruiter
Combien de temps pour recevoir ma mosaïque ?
Maximum 48h. Vous recevrez un email avec votre lien personnel.
Note : En envoyant votre photo, vous acceptez qu’elle soit utilisée uniquement pour la création de votre mosaïque personnalisée.
Notes techniques de l’auteure : « Pour le texte de la chanson, Chat m’a permis de créer de magnifiques métaphores. La chanson a ensuite été composée avec @sunomusic. Les images ont été créées à partir des paroles, qui m’ont servi de point de départ. L’animation a été réalisée avec #VEO3. »






j’aime
le destin hésitant d’une trace de pas sur le sable mouillé
la poussée invisible du vent dans les frondaisons
le vent de pleine mer qui me ride la peau
l’écume grondeuse dans le sillage du voilier
le mouvement perpétuel des vagues sur la mer comme dans ma vie
chercher à deviner où elles commencent et se terminent
j’aime
l’infini du vert dans la forêt d’été
l’ombre d’un mur qui dévoile son histoire fatiguée
le chien immobile qui dort comme si rien ne pouvait lui arriver
rêver quand perdu dans une ville étrangère je survole invulnérable les toits et les arbres
l’évolution des paradigmes pour les gens qui volent comme moi hier ce vol était sexuel aujourd’hui il est liberté
j’aime
la possibilité d’un sourire
les limbes le flou la demi-teinte l’incertitude le non-dit les arrière-cours
le silence qui parle de lui-même
les livres que j’ai lus même si je ne lis plus
les artistes libres qui sauveront peut-être l’humanité de ses tyrans
me perdre dans les couleurs et les plans d’un tableau puis imaginer où pourrait aller le trait du pinceau quand il sort du cadre
j’aime
la vie parce qu’elle est le plus grand des paradoxes c’est le moins qu’elle puisse être
ne pas comprendre la musique et l’aimer quand même idem pour la philosophie
l’idée de pouvoir vivre assez vieux pour embrasser un enfant d’un enfant de mes enfants et me dire alors que je peux mourir sans regret
avoir compris que l’amour est enfant de hasard et de grâce
ne plus croire en Dieu mais lui parler de temps en temps quand ça va mal
j’aime
le rose du soir dans le ciel du sud
la bruine uniquement en bord de mer
les branches hivernales des arbres poussant les plaintes de leurs bras nus vers le ciel
les soirs qui durent longtemps dans le noir
les matins indécis à se désembrumer
j’aime
l’orgueil qui me sauve de la paresse
le souvenir mensonger de ma jeunesse belle et arrogante
tous les mots qui n’ont pas encore été prononcés
j’aime
les gueules pas banales
les gens qui me font rire les autres m’ennuient
les voix rauques surtout chez les femmes
les yeux d’un visage quand ils parlent d’abord
la grâce d’un mouvement de tête entraperçu au moment précis où elle se détourne
j’aime
les sentiers qui montent vers l’air pur et le silence léger
les chemins qui tournent en suivant les bords de mer
sentir que j’ai une âme forte quand elle frémit et pleure
m’endormir le plus tard possible j’ai peur de mourir dans mon sommeil
j’aime
la promesse d’écrire chaque jour jusqu’à ma mort pour dire ce que j’aime
(à suivre…)

Texte de Luc Fayard illustré par 7 artistes contemporains (de haut en bas) : Jeremy Mann, E.C. Baugh, Zaria Forman, Erin Hanson, Tibor Nagy, Eva Nielsen, Daniel Keys


J’écris à jeûn
Soif et faim dans tout le corps
Un lot de remords dans le cœur
Je bois mes larmes
Je mange mes pleurs
J’avale le silence, il glisse dans la gorge sèche
Du miel silencieux
Derrière moi, je ressens la présence rassurante et généreuse
Comme l’odeur du pain chaud qui me couvre
Je le cherche
Le froid gris de son absence me gifle
J’ai mal
J’ai soif
J’ai faim
J’écris à jeun
Mes pensées troublées
Ma main tremblante
Mes ongles rongés
Mes pieds attachés
Je veux sentir le manque
J’écris à jeun
Azzhara. Nuit intranquille. 2021
Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)
C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre et vous pousse vers l’art en général. L’envie de fixer une vision, de maîtriser des manifestations extérieures (auxquelles il faut donner un nom et un sens). Sans elle, ce travail serait absurde, et, comme l’art pour l’art, il ne se justifierait pas.
Penser que l’art copie la nature est un sinistre malentendu. Car l’art a toujours œuvré contre la nature et pour la raison.
Chaque mot, chaque trait nous est insufflé par notre époque et par les circonstances. Les liens, les aspirations relèvent du passé et du présent. Il est donc impossible d’agir, de penser arbitrairement et indépendamment d’eux. D’une certaine manière, ceci est réconfortant puisque chaque individu est en quelque sorte entouré, lié par la contemporanéité. Il y aura toujours un possible même dans le pire des malheurs.
Vouloir rendre visible l’invisible, la chose connue, inconnue ou plausible, et même l’impensable est une revendication, une prétention absurde. Certes, nous pouvons déduire l’invisible, donc présupposer son existence avec une quasi-certitude, mais nous ne sommes pas en mesure de représenter cet invisible par un symbole qui le remplace et qui soit lui aussi invisible.
Il n’y a aucune raison d’accepter sans réserve ce que la tradition nous a transmis. Rien n’est bien ou mal en soi, sauf dans certaines circonstances et à condition que nous le voulions. Cet état de fait annihile les conventions, les garanties et les inconditionnels et nous oblige, chaque jour, à prendre nos responsabilités et à décider du bien et du mal.
S’imaginer une chose, se la représenter, fait de nous des hommes L’art, c’est donner du sens, générer du sens au même titre que la quête de Dieu ou la religion. Même sachant que tout sens donné ou tout tableau peint est un simulacre, une illusion, nous ne pouvons y renoncer. Car la foi (penser, réfléchir le présent et l’avenir) est notre trait de caractère essentiel.
Les moyens de l’art (la manière de représenter une chose, le style, la technique et la chose représentée en soi) sont les conditions nécessaires à l’art tout comme les qualités de l’artiste (mode de vie, capacités, entourage). L’art peut naître autant de l’harmonie que de la contradiction avec les conditions qui le génèrent. Il n’est en soi, ni visible ni définissable, seules les conditions qui l’ont généré sont visibles et reproductibles ; on a tendance à les confondre avec l’art en soi.
Dès que l’activité artistique est devenue un « isme », elle cesse d’en être une. Car seul ce qui lutte quotidiennement pour prendre forme et exister, est vivant. (À titre de comparaison : le social est une forme et une méthode juste qui correspond aux conceptions actuelles ; mais si en revanche, il se prétend socialisme, ordre social ou dogme, il renonce à ce qui lui est propre et risque de courir à sa perte.)
Je ne suis pas venu ici pour fuir le matérialisme. Il règne ici d’une manière plus radicale et plus perfide encore, mais j’ai dû fuir l’idéalisme criminel des socialistes.
La peinture na rien à voir avec la pensée. Quand on peint, la pensée est peinture. La pensée est un langage, un registre qui doit fonctionner avant et après. Einstein ne pensait pas quand il faisait ses calculs, il calculait, chaque équation réagissait à la précédente, tout comme en peignant, une forme répond à une autre et ainsi de suite.
L’art sert à la socialisation. Il nous relie aux autres et à ce qui nous entoure au sein d’une même conception et d’une même quête.
Pour moi, l’enjeu n’est jamais l’art, mais uniquement la chose pour laquelle l’art peut être utile.
Comme il n’existe ni certitude, ni vérité absolue, nous aspirons toujours à une vérité artificielle faisant autorité, donc humaine. Nous avons des jugements de valeur et fabriquons une vérité qui en exclut d’autres. Dans la production de vérité, l’art est la composante qui met en forme.
Les sciences de la nature ont assurément influencé les arts. Pour l’Aztèque, le coucher du soleil était un événement inintelligible auquel il ne survivait que grâce aux représentations divines. Depuis, ces manifestations évidentes ont trouvé une explication. Mais, au vu de l’immensité de l’inconcevable, de ce qui ne peut être expliqué, l’inexplicable semble tellement gigantesque, que nous sommes pris de vertige et que les images d’antan éclatent comme des bulles de savon. Songer à l’absolu ineffable (par exemple en regardant le firmament), savoir qu’il est impossible de donner un sens à cette immensité nous touche à tel point que nous ne pouvons survivre qu’en ignorant.
Aussi curieux que ceci puisse paraître, « ne pas savoir où vont les choses », l’impression de se perdre et d’avoir perdu, est source de foi et d’un immense optimisme, elle n’engendre ni certitude ni sécurité collective. Il faut avoir perdu Dieu pour croire, et l’art pour peindre.



