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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • l’art pur du poète (illustré par 10 artistes contemporains)

    Nino Ferrer

    l’art pur du poète

    saisir le vent
    comme un peintre
    en dire le moins possible
    autrement peut-être
    ne parler que vibration
    et amour
    se souvenir d’hier
    et de ses rêves
    se laisser aller
    à l’errance
    désordonnée
    loin du flux
    comme la vague
    à contre-courant
    sans autre but
    que la beauté
    la vérité viendra
    toute seule
    dans la passion
    de l’art pur
    et ciselé

    Sculpture en plein air représentant une figure humaine stylisée, peinte en jaune et blanc, posée sur l'herbe avec un mur en pierre en arrière-plan.
    Nathalie Camoin-Chanet

    Texte de Luc Fayard, illustré par 10 artistes contemporains (de gauche à droite et de haut en bas) : Natsha Krenbol, Elisabeth Lombard, Kinnari, Anne Grenier, Nino Ferrer, Nathalie Camon-Chanet, Olga Suvorova, Tyson Grumm, Anna Güntner, Lizzie Riches


  • Todd Sloane : Untitled (2020)

    Todd Sloane (2020) – sculpture – divers matériaux

  • Hans Hofmann : Orchestral Dominance in Yellow (1954)

    Hans Hofmann – Orchestral Dominance in Yellow (1954)

  • Art moderne : Congo The Chimp, Boronali l’âne et Evguénie Sokolov le pétomane s’en donnent à cœur joie

    Quand InfoTekArt parlait d’art, c’était parfois pour rire et ça faisait du bien. Extraits d’un article paru il y a 20 ans

    Je tombe sur une annonce de vente aux enchères de la maison Bonhams pour l’auteur Congo (mise à jour: on dit que trois tableaux ont été vendues pour 14 000 livres sterling) et cela me rappelle l’histoire de Boronali (lire plus loin la version de Roland Moreno) puis encore ce livre que j’avais adoré, Evguénie Sokolov, de Serge Gainsbourg : l’homme à la tête de chou raconte comment peignait Sokolov le pétomane, assis sur un siège à ressort, avec un pinceau dans les fesses….
    Voici pour votre culture les deux oeuvres : celle de Congo (le chimpanzé) « Untitled Abstract » et celle de Boronali (l’âne): « Coucher de soleil sur l’Adriatique« . Pas mal, non?
    ….
    ….

    Couverture du livre 'Evguénie Sokolov' de Serge Gainsbourg, avec une image de l'auteur pensif.
    Livre « Evguénie okolov » de Serge Gainsbourg
    Tableau « Universal Abstract » de Congo, le chimpanzé (1956-1959)
    L’âne Boronali – Coucher de soleil sur l’Adriatique (1910)

    Entrée solennelle d’un âne dans l’Histoire de l’Art

    [Extrait de Théorie du Bordel Ambiant, de Roland Moreno, Belfond, 1990]
    Le Festival d’automne de 1905 ayant fait connaître les premiers fauvistes (Matisse, Vlaminck, Marquet, Derain), certains commentaires plus désagréables que d’autres avaient pu être entendus : “barbouillages informes… jeux barbares… aberrations picturales… mauvaises plaisanteries… débauche orgiaque de couleurs, cauchemar, mystification”, et d’autres encore.
    À un aubergiste de ses voisins, Dorgelès emprunta son âne. Et, à la queue de celui-ci, il fixa un pinceau.
    Puis, dans le jardin montmartrois du farceur, commodément installé devant une table chargée de ca-rottes, d’épinards, de cigarettes, et, en présence d’un huissier, l’animal commença à se gorger de friandises et à remuer sa queue. Celle-ci frottait au passage contre une toile disposée par Dorgelès sur une chaise, à bonne hauteur. Toutes les dix minutes, le pinceau frotteur était autoritairement trempé dans un pot de couleur  différente.

    (suite…)

  • Marc Desgrandchamps, ou l’universalité de l’incertain

    Marc Desgrandchamps – Les Lettres (2021) © Marc Desgrandchamps – courtesy Galerie Lelong

    Depuis toujours, la peinture – comme la photographie ou la sculpture – cherche à figer le temps et l’espace : les artistes expriment ce désir de capturer l’instant, ce qui ne se voit pas, ce qu’ils sont les seuls à avoir vu dans un paysage, un visage, dans leur tête… Et tout leur travail consiste à matérialiser cette fugacité. Louis Aragon disait des tableaux de Paul Klee qu’il y avait vu le vent. Claude Monet voulait peindre l’air. Leur justification est que dans leur travail pour saisir l’instant, il y a une forme d’éternité.
    Marc Desgranchamps, lui, fait l’inverse : il multiplie le temps et l’espace sur ces tableaux, il crée une nouvelle dimension qui est celle de sa vision. Ce n’est pas l’instant qu’il chasse, c’est la sensation qui, par définition, est multiple, part dans toutes les directions. Son objectif n’est pas l’éternité

    mais au contraire le multi-temporel, dans une ambiance flottante, décentrée. Dans la lignée de Francis Bacon qui disait : « Je veux peindre la sensation de l’instant, non sa représentation. »

    Les artistes cherchent à reproduire la réalité dans une forme à leur manière. Les impressionnistes ou les cubistes reconstruisent avec des points ou des formes. Les abstraits vont peut-être plus loin en tentant de montrer une autre réalité. Marc Desgrandchamps, lui, ne vise pas le réel mais le rêve ou, plutôt, il mélange le rêve et la réalité. Il est plus .proche de nous en ce sens, qui sommes en permanence partagés entre le réel qui nous contraint et le désir qui nous fait vibrer. Son rêve n’est pas surréaliste, mais inquiet, traversé de mémoire, de discontinuité.

    La peinture classique s’est construite sur la perspective. Les cubistes ont essayé de la déconstruire mais elle était toujours là. Marc Desgrandchamps, lui, se moque des perspectives ou plutôt il joue habilement avec elles comme dans « Les Lettres » (2021), ses lignes partent vers le haut, vers le bas, la statue qui n’est pas une statue mais une silhouette regarde à gauche tandis qu’un trait noir s’échappe à droite, des arbres montent à la verticale tandis que le sommet des montagnes crée une ligne horizontale brisée. Pour lui le repère n’est pas dans la géométrie euclidienne mais dans la construction personnelle que le spectateur se fait de tous les éléments qu’il lui offre.

    Enfin, la forme a toujours eu un contenu dans l’art, du figuratif à l’abstrait. Chez Marc Desgranchamps, elle est fragmentaire, comme s’il superposait des strates de mémoire, elle est fantomatique, spectrale. Le corps est à la fois présent et absent, inachevé, transparent. Le spectateur pourrait y voir une métaphore de son identité mouvante. Et cette originalité de la forme va de pair chez Marc Desgrandchamps avec celle des médias utilisés, originaux, des lavis, des transparences, des superpositions.

    Dans son étrangeté de la stratification et du multi-temporel, le peintre atteint une forme rare d’universalité, celle de l’incertain.


Dernières publications d’art et de poésie

  • Edward-Henry Potthast : At The Seaside (1905)

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  • Jean-Baptiste-Siméon Chardin : Le Gobelet d’argent (1768)

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  • Maulpoix (Jean) : Adieu

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  • Azzhara : J’écris à jeun

    J’écris à jeûn
    Soif et faim dans tout le corps
    Un lot de remords dans le cœur
    Je bois mes larmes
    Je mange mes pleurs
    J’avale le silence, il glisse dans la gorge sèche
    Du miel silencieux
    Derrière moi, je ressens la présence rassurante et généreuse
    Comme l’odeur du pain chaud qui me couvre
    Je le cherche
    Le froid gris de son absence me gifle
    J’ai mal
    J’ai soif
    J’ai faim
    J’écris à jeun
    Mes pensées troublées
    Ma main tremblante
    Mes ongles rongés
    Mes pieds attachés
    Je veux sentir le manque
    J’écris à jeun

    Azzhara. Nuit intranquille. 2021

    Azzhara : J’écris à jeun

  • Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

    C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre et vous pousse vers l’art en général. L’envie de fixer une vision, de maîtriser des manifestations extérieures (auxquelles il faut donner un nom et un sens). Sans elle, ce travail serait absurde, et, comme l’art pour l’art, il ne se justifierait pas.

    Penser que l’art copie la nature est un sinistre malentendu. Car l’art a toujours œuvré contre la nature et pour la raison.

    Chaque mot, chaque trait nous est insufflé par notre époque et par les circonstances. Les liens, les aspirations relèvent du passé et du présent. Il est donc impossible d’agir, de penser arbitrairement et indépendamment d’eux. D’une certaine manière, ceci est réconfortant puisque chaque individu est en quelque sorte entouré, lié par la contemporanéité. Il y aura toujours un possible même dans le pire des malheurs.

    Vouloir rendre visible l’invisible, la chose connue, inconnue ou plausible, et même l’impensable est une revendication, une prétention absurde. Certes, nous pouvons déduire l’invisible, donc présupposer son existence avec une quasi-certitude, mais nous ne sommes pas en mesure de représenter cet invisible par un symbole qui le remplace et qui soit lui aussi invisible.

    Il n’y a aucune raison d’accepter sans réserve ce que la tradition nous a transmis. Rien n’est bien ou mal en soi, sauf dans certaines circonstances et à condition que nous le voulions. Cet état de fait annihile les conventions, les garanties et les inconditionnels et nous oblige, chaque jour, à prendre nos responsabilités et à décider du bien et du mal.

    S’imaginer une chose, se la représenter, fait de nous des hommes L’art, c’est donner du sens, générer du sens au même titre que la quête de Dieu ou la religion. Même sachant que tout sens donné ou tout tableau peint est un simulacre, une illusion, nous ne pouvons y renoncer. Car la foi (penser, réfléchir le présent et l’avenir) est notre trait de caractère essentiel.

    Les moyens de l’art (la manière de représenter une chose, le style, la technique et la chose représentée en soi) sont les conditions néces­saires à l’art tout comme les qualités de l’artiste (mode de vie, capacités, entourage). L’art peut naître autant de l’harmonie que de la contradic­tion avec les conditions qui le génèrent. Il n’est en soi, ni visible ni définissable, seules les conditions qui l’ont généré sont visibles et repro­ductibles ; on a tendance à les confondre avec l’art en soi.

    Dès que l’activité artistique est devenue un « isme », elle cesse d’en être une. Car seul ce qui lutte quotidiennement pour prendre forme et exister, est vivant. (À titre de comparaison : le social est une forme et une méthode juste qui correspond aux conceptions actuelles ; mais si en revanche, il se prétend socialisme, ordre social ou dogme, il renonce à ce qui lui est propre et risque de courir à sa perte.)

    Je ne suis pas venu ici pour fuir le matérialisme. Il règne ici d’une manière plus radicale et plus perfide encore, mais j’ai dû fuir l’idéa­lisme criminel des socialistes.

    La peinture na rien à voir avec la pensée. Quand on peint, la pensée est peinture. La pensée est un langage, un registre qui doit fonctionner avant et après. Einstein ne pensait pas quand il faisait ses calculs, il calculait, chaque équation réagissait à la précédente, tout comme en peignant, une forme répond à une autre et ainsi de suite.

    L’art sert à la socialisation. Il nous relie aux autres et à ce qui nous entoure au sein d’une même conception et d’une même quête.

    Pour moi, l’enjeu n’est jamais l’art, mais uniquement la chose pour laquelle l’art peut être utile.

    Comme il n’existe ni certitude, ni vérité absolue, nous aspirons toujours à une vérité artificielle faisant autorité, donc humaine. Nous avons des jugements de valeur et fabriquons une vérité qui en exclut d’autres. Dans la production de vérité, l’art est la composante qui met en forme.

    Les sciences de la nature ont assurément influencé les arts. Pour l’Aztèque, le coucher du soleil était un événement inintelligible auquel il ne survivait que grâce aux représentations divines. Depuis, ces manifestations évidentes ont trouvé une explication. Mais, au vu de l’immensité de l’inconcevable, de ce qui ne peut être expliqué, l’inex­plicable semble tellement gigantesque, que nous sommes pris de vertige et que les images d’antan éclatent comme des bulles de savon. Songer à l’absolu ineffable (par exemple en regardant le firmament), savoir qu’il est impossible de donner un sens à cette immensité nous touche à tel point que nous ne pouvons survivre qu’en ignorant.

    Aussi curieux que ceci puisse paraître, « ne pas savoir où vont les choses », l’impression de se perdre et d’avoir perdu, est source de foi et d’un immense optimisme, elle n’engendre ni certitude ni sécurité collective. Il faut avoir perdu Dieu pour croire, et l’art pour peindre.

    Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

  • Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

    Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

  • Trois espaces

    Trois espaces

  • Elle était là dans le silence pluvieux

    Elle était là dans le silence pluvieux

  • Tu cours dans un espace fini

    Tu cours dans un espace fini
    Blanc fulgurant
    dans un océan de noirceur
    le feu a tout détruit
    mais toi tu portes l’espoir
    Franchiras-tu les limites
    de ce monde sinistre ?
    Détache-toi
    Envole-toi
    Brise le carcan
    Terrasse l’ombre
    et jette le fantôme
    qui veut t’enfermer

    Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;

    Tu cours dans un espace fini

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025