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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • yeux d'ange

    elle a des yeux d’ange et la peau d’un bébé
    le sourire d’une star un port de reine
    la voix rauque enjôleuse et la mine enjouée
    et quand elle se penche sur vous
    d’un coup d’épaule affectueux
    elle vous enveloppe de tous ses parfums
    déesse elle vous enivre
    elle griffe la vie de ses doigts de pianiste
    elle vieillit sans être jamais vieille
    on est habitué à ses rides de marbre et de bois
    comme s’ils avaient toujours été là
    à sa longue main fripée toujours aussi douce
    on dirait une lionne assoupie
    qui profite d’un répit
    pour rassembler ses petits
    rien ne sert de lui mentir
    elle ne voit que les sourires du cœur
    elle devine les ombres entend le silence
    elle est sarah cléopâtre pythie
    mère de toutes les mères
    fragile et forte
    elle est le geste et la vie
    elle est la tendresse
    éternelle


  • forêt

    il y avait la forêt
    les arbres les bosquets
    Puis au petit matin
    Cette brume pâle et sage
    Comme un nouveau paysage

    Il y avait des lignes précises
    Des couleurs de toutes les gammes
    Et maintenant ce gris camaïeu
    Ces teintes si proches et si distantes

    Il y avait les chants et les bruissements
    Les feuilles qui se balançaient
    L’herbe vibrant de mille vents
    Et maintenant tout est figé
    Dans ce froid surnaturel imposant

    La vie est ainsi
    Et le cœur aussi

    Mais je sais que viendront les trouées de lumière
    Et les frémissements sans manière
    Peu à peu tout changera
    Le nuage s’évanouira
    Cachant ses rides et dévoilant son âme
    Il n’y aura plus de joie éteinte ni de drames
    Tout sera dit à nouveau
    Murmuré au fil de l’eau

    Si les cris ont fusé
    Ils seront inutiles et glacés
    Si les larmes ont coulé
    Elles seront bousculées

    Le sourire donnera la paix la douceur
    Et l’on ne saura plus le temps que l’on préfère
    La nostalgie tapie à l’aube de son cœur
    Ou le soleil rouge régnant sur l’univers


  • ivoire et lumière

    elle est l’ivoire et la lumière
    et l’ombre aussi quand ses yeux noirs
    me pourchassent comme des phares
    statue de souffle et de matière
    qui jette ses cheveux au ciel

    d’interminables jambes la relient à la terre
    elle est libellule frôlant l’eau
    cigogne secouant les épaules
    pour se dégager du lourd fardeau
    que dépose le regard des autres
    sur son étrange et langoureuse beauté

    ses sourires sont des éclairs aveuglants
    et sa voix oh sa voix inoubliable
    m’enveloppe d’un nuage éphémère

    partout où elle les pose
    ses longs doigts créent des formes
    rondes et douces chaudes
    qui construisent l’espace autour d’elle
    princesse guerrière
    je voudrais lui prendre la main
    chaque fois qu’elle la bouge
    pour figer le paysage qu’elle dessine

    elle est la source de vie et la force aussi
    qui forge le destin des autres
    que je le veuille ou non
    qu’elle me dise oui ou non
    je suis pris dans sa toile de fée
    envoûté


  • l’herbe est un nuage (herbe nuage)

    L’herbe est un nuage un bain de mousse et de bulles
    Les arbres noeuds des sorcières préhistoriques
    La terre une maison de rats trouée de taupes
    Et quand la lune menteuse luit dans le gris
    C’est que le jour et la nuit se sont mis d’accord

    Je ne verrai jamais les choses comme elles sont
    D’ailleurs les choses ne sont pas ce qu’elles sont
    Elles seront ce que j’en dis ce que j’en distingue
    Le champ est un prélude à la forêt la mare

    Une invitation aux faucheux aux mangoustes
    L’amour un sourire qui dure malgré tout
    Les choses les gens deviennent ce qui les cerne

    La filandre vole dans l’air jusqu’à la branche
    Comme un cœur qui cherche son nid chaud tout là-haut
    La nature n’est pas un temple elle est caverne
    Peuplée de lumières floues et de bruissements
    Qui la construisent la déchirent dans le vent

    L’homme transpercé par les rayons et les larmes
    Devient la cible unique de toutes ces vies
    Et du vaste chaudron bouillonnant de son âme
    Voici la vapeur des mots qui s’envole et fuit

    Seul résistant à la noria des attaquants
    J’esquive je fuis je crie ma haine mon bruit
    Je serai le phénix de la fureur du verbe


  • Holland (Henry Scott ) : La mort n’est rien

    La mort n’est rien. Je suis simplement passé dans la pièce  à côté. Je suis moi, tu es toi. Ce que nous étions l’un pour l’autre, nous le sommes toujours. Donne-moi le nom que tu m’as toujours donné. Parle-moi comme tu l’as toujours fait. (suite…)


Dernières publications d’art et de poésie

  • Edward-Henry Potthast : At The Seaside (1905)

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  • Jean-Baptiste-Siméon Chardin : Le Gobelet d’argent (1768)

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  • Maulpoix (Jean) : Adieu

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  • Azzhara : J’écris à jeun

    J’écris à jeûn
    Soif et faim dans tout le corps
    Un lot de remords dans le cœur
    Je bois mes larmes
    Je mange mes pleurs
    J’avale le silence, il glisse dans la gorge sèche
    Du miel silencieux
    Derrière moi, je ressens la présence rassurante et généreuse
    Comme l’odeur du pain chaud qui me couvre
    Je le cherche
    Le froid gris de son absence me gifle
    J’ai mal
    J’ai soif
    J’ai faim
    J’écris à jeun
    Mes pensées troublées
    Ma main tremblante
    Mes ongles rongés
    Mes pieds attachés
    Je veux sentir le manque
    J’écris à jeun

    Azzhara. Nuit intranquille. 2021

    Azzhara : J’écris à jeun

  • Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

    C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre et vous pousse vers l’art en général. L’envie de fixer une vision, de maîtriser des manifestations extérieures (auxquelles il faut donner un nom et un sens). Sans elle, ce travail serait absurde, et, comme l’art pour l’art, il ne se justifierait pas.

    Penser que l’art copie la nature est un sinistre malentendu. Car l’art a toujours œuvré contre la nature et pour la raison.

    Chaque mot, chaque trait nous est insufflé par notre époque et par les circonstances. Les liens, les aspirations relèvent du passé et du présent. Il est donc impossible d’agir, de penser arbitrairement et indépendamment d’eux. D’une certaine manière, ceci est réconfortant puisque chaque individu est en quelque sorte entouré, lié par la contemporanéité. Il y aura toujours un possible même dans le pire des malheurs.

    Vouloir rendre visible l’invisible, la chose connue, inconnue ou plausible, et même l’impensable est une revendication, une prétention absurde. Certes, nous pouvons déduire l’invisible, donc présupposer son existence avec une quasi-certitude, mais nous ne sommes pas en mesure de représenter cet invisible par un symbole qui le remplace et qui soit lui aussi invisible.

    Il n’y a aucune raison d’accepter sans réserve ce que la tradition nous a transmis. Rien n’est bien ou mal en soi, sauf dans certaines circonstances et à condition que nous le voulions. Cet état de fait annihile les conventions, les garanties et les inconditionnels et nous oblige, chaque jour, à prendre nos responsabilités et à décider du bien et du mal.

    S’imaginer une chose, se la représenter, fait de nous des hommes L’art, c’est donner du sens, générer du sens au même titre que la quête de Dieu ou la religion. Même sachant que tout sens donné ou tout tableau peint est un simulacre, une illusion, nous ne pouvons y renoncer. Car la foi (penser, réfléchir le présent et l’avenir) est notre trait de caractère essentiel.

    Les moyens de l’art (la manière de représenter une chose, le style, la technique et la chose représentée en soi) sont les conditions néces­saires à l’art tout comme les qualités de l’artiste (mode de vie, capacités, entourage). L’art peut naître autant de l’harmonie que de la contradic­tion avec les conditions qui le génèrent. Il n’est en soi, ni visible ni définissable, seules les conditions qui l’ont généré sont visibles et repro­ductibles ; on a tendance à les confondre avec l’art en soi.

    Dès que l’activité artistique est devenue un « isme », elle cesse d’en être une. Car seul ce qui lutte quotidiennement pour prendre forme et exister, est vivant. (À titre de comparaison : le social est une forme et une méthode juste qui correspond aux conceptions actuelles ; mais si en revanche, il se prétend socialisme, ordre social ou dogme, il renonce à ce qui lui est propre et risque de courir à sa perte.)

    Je ne suis pas venu ici pour fuir le matérialisme. Il règne ici d’une manière plus radicale et plus perfide encore, mais j’ai dû fuir l’idéa­lisme criminel des socialistes.

    La peinture na rien à voir avec la pensée. Quand on peint, la pensée est peinture. La pensée est un langage, un registre qui doit fonctionner avant et après. Einstein ne pensait pas quand il faisait ses calculs, il calculait, chaque équation réagissait à la précédente, tout comme en peignant, une forme répond à une autre et ainsi de suite.

    L’art sert à la socialisation. Il nous relie aux autres et à ce qui nous entoure au sein d’une même conception et d’une même quête.

    Pour moi, l’enjeu n’est jamais l’art, mais uniquement la chose pour laquelle l’art peut être utile.

    Comme il n’existe ni certitude, ni vérité absolue, nous aspirons toujours à une vérité artificielle faisant autorité, donc humaine. Nous avons des jugements de valeur et fabriquons une vérité qui en exclut d’autres. Dans la production de vérité, l’art est la composante qui met en forme.

    Les sciences de la nature ont assurément influencé les arts. Pour l’Aztèque, le coucher du soleil était un événement inintelligible auquel il ne survivait que grâce aux représentations divines. Depuis, ces manifestations évidentes ont trouvé une explication. Mais, au vu de l’immensité de l’inconcevable, de ce qui ne peut être expliqué, l’inex­plicable semble tellement gigantesque, que nous sommes pris de vertige et que les images d’antan éclatent comme des bulles de savon. Songer à l’absolu ineffable (par exemple en regardant le firmament), savoir qu’il est impossible de donner un sens à cette immensité nous touche à tel point que nous ne pouvons survivre qu’en ignorant.

    Aussi curieux que ceci puisse paraître, « ne pas savoir où vont les choses », l’impression de se perdre et d’avoir perdu, est source de foi et d’un immense optimisme, elle n’engendre ni certitude ni sécurité collective. Il faut avoir perdu Dieu pour croire, et l’art pour peindre.

    Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

  • Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

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  • Trois espaces

    Trois espaces

  • Elle était là dans le silence pluvieux

    Elle était là dans le silence pluvieux

  • Tu cours dans un espace fini

    Tu cours dans un espace fini
    Blanc fulgurant
    dans un océan de noirceur
    le feu a tout détruit
    mais toi tu portes l’espoir
    Franchiras-tu les limites
    de ce monde sinistre ?
    Détache-toi
    Envole-toi
    Brise le carcan
    Terrasse l’ombre
    et jette le fantôme
    qui veut t’enfermer

    Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;

    Tu cours dans un espace fini

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025