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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • Dupin (Jacques) : Proximité du murmure (extrait)


    Sorbes de la nuit d’été
    étoiles enfantines
    syllabes muettes du futur amour
    quand les flammes progressent de poutre en poutre sous nos toits
    exiguë
    la définition du ciel

    Jacques Dupin: extrait de Proximité du murmure utilisé par Joan Mitchell dans son tableau « Sorbes de la nuit d’été« 


  • Stevens (Wallace) : Domination of Black (Domination du Noir)

    At night, by the fire,
    The colors of the bushes
    And of the fallen leaves,
    Repeating themselves,
    Turned in the room,
    Like the leaves themselves
    Turning in the wind.

    La nuit, au coin du feu,
    Les couleurs des buissons
    Et des feuilles tombées,
    Se répétant elles-mêmes,
    Tournaient dans la chambre
    Comme les feuilles mêmes
    Tournent dans le vent.

    (suite…)

  • cauchemar

    lla voiture danse sur deux roues
    l’aspirateur s’envole à cheval sur son manche
    la maison fume comme une pipe
    le réverbère s’interroge sur son avenir
    le lit rebondit comme un fou à ressort
    le trottoir zigzague
    le téléphone dit des gros mots
    le camion de pompiers rue comme un mustang sauvage
    l’ordinateur radote radote radote
    le feu rouge reste rouge et le feu vert devient rouge
    le robinet du lavabo lache des jets d’eau multicolores
    le train qui passe allume toutes ses lumières
    la chaise fait la toupie sur un seul pied
    le cycliste tourne en rond
    la table monte en l’air et retombe en soupirant
    l’arbre se met à chanter
    le linge s’entortille sur son fil
    l’alouette exécute un salto arrière
    l’escalier en colimaçon ne mène plus nulle part
    l’autoroute fuit comme un tuyau percé
    le mur de la chambre murmure des mots d’amour vieux de mille ans
    l’horloge de l’église sonne minuit toutes les heures
    le livre dans la bibliothèque s’ouvre et se ferme faisant voleter ses pages
    je me réveille en sueur
    tout semble normal
    je me lève
    ouvre la porte
    avance un pied
    et je tombe
    je tombe


  • Pontonnier (Cécile) : 20 mots désuets et oubliés de la langue française

    Apoltronner : rendre peureux, poltron 

    Bombillement : bourdonnement (d’insectes, en particulier d’abeilles) 

    Contemption : mépris 

    Coquefredouille : homme sans valeur, sans esprit 

    Cunctateur : personne qui temporise 

    Gaber : plaisanter, rire, se moquer 

    Grenouiller  : nager (grenouiller des affaires : manoeuvrer)

    Hourvari : difficulté inattendue 

    Infundibuliforme : qui a la forme d’un entonnoir

    Marmiteux : piteux, misérable 

    Nivéen : d’un blanc pur, comme neige 

    Ocieux : oisif 

    Patafioler : maudire, punir 

    Piriforme ; qui a une forme de poire 

    Sardanapale : personne vivant une vie de luxe, dissolue 

    Sproposito : chose dite mal à propos 

    Tintinnabuler : produire un petit ton de clochette 

    Ubiquiste : qui peut se trouver dans plusieurs lieux à la fois 

    A vau-de-route : dans la précipitation, dans le désordre 

    Zinzinuler : chanter, gazouiller 

    publié sur fb par Bernadette L. et Pierre-Marc de B.


  • Suzuki (Daisetz Teitaro) : La légende d'Ou Tao-tseu

    Ou Tao-tseu (en japonais Godoshi) l’un des plus grands peintres de Chine,  vivait sous le règne de l’Empereur Siuan-tsoung, de la dynastie Tang. D’après la légende, sa dernière peinture fut un paysage commandé par l’Empereur pour orner  un des murs du palais. L’artiste dissimula son œuvre sous un rideau jusqu’à l’arrivée de l’Empereur ; tirant alors le rideau, il découvrit sa vaste peinture. L’Empereur contempla avec admiration une scène merveilleuse : forêts, hautes montagnes, nuages flottant dans le ciel immense, hommes sur les collines, vols d’oiseaux dans les airs. « Voyez, dit le peintre, au pied de cette montagne, réside un esprit. » Il battit des mains et la porte qui fermait l’entrée de la caverne s’ouvrit. set la porte qui fermait l’entrée de la caverne s’ouvrit. « L’intérieur en est magnifique au-delà de tout ce que les mots peuvent exprimer, poursuivit-il. Permettez-moi de vous montrer le chemin. » Ce disant, il entra dans la caverne ; la porte se referma sur lui et,  avant que l’Empereur étonné eût pu parler ou faire un geste, tout s’était évanoui sur le mur redevenu blanc où ne subsistait plus aucune trace du pinceau de l’artiste. On ne revit jamais plus Ou Tao-tseu.
    L‘artiste avait disparu, et tout le paysage avait été effacé ; mais de cet anéantissement surgit un nouveau monde spirituel, dans lequel résident les maîtres du  Zen, où ils accomplissent toutes sortes de bouffonneries, affirment toutes sortes d’absurdités, en restant cependant en parfait accord avec la vraie nature des choses, où se révèle un monde dépouillé de toutes ses faussetés, conventions et simulations et de tous artifices intellectuels. Tant qu’on n’aura pas pénétré dans ce monde de réalités, la vérité du zen restera çà jamais un livre scellé.

    Dairetz Teitaro Suzuki, Essais sur le bouddhisme zen

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    Où suis-je donc là ?
    Happée, repoussée, je vacille
    Lumière du dedans
    Je fascine la lumière
    L’envers me retourne
    Je me fonds, je me cogne
    Je visite les espaces
    Je m’abime dans la couleur
    L’espace immobile se craquèle
    Je rencontre le formel
    Je glisse sur le noir,
    Retourne le rouge
    Flaque incertaine.
    Échappée mensongère
    Complice du regard.
    Le dur verrouille la sortie
    Le corps rebondit eans l’espace
    Clôture.

    Texte de Do F., inspiré par le vitrail de Geneviève Fourgnaud, église de Via; texte écrit en Atelier de Poésie

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025