Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
















je n’irai pas décrocher la lune
je la laisse où elle est
pour que perdurent mes rêves
les soirs de grise mine
quand je lève la tête
et m’imagine
un monde moins dur
aux vallons embrumés
bleutée au loin
dans mes nuits d’insomnie
elle m’envoie de son coin
des mots d’amour attendris
depuis des siècles
ni astre ni matière
la lune n’est que prières
supplications espoirs
larmes et joies
sphère aspirant
les émotions du monde
qui montent vers elle
surtout
ne pas la prendre
dans ses bras
qu’elle reste là-haut
au chaud
à nous regarder
la tête penchée
quel plaisir alors
de suivre sa courbe
dans le ciel rose
pour que la nuit durant
respirant autre chose
que le fardeau de l’âge
mon âme légère
s’élève jusqu’à elle
comme une feuille d’or
libérée de la gravité
vous ne le saviez pas
la lune parfois
verse une larme
mais ça ne se voit pas
ces nuits-là elle se cache
au fond des nuages
aujourd’hui la lune est triste
elle chante lasse
pour que les cœurs tendres
entendent son sélène soupir
il dit
pauvres humains
je vous aimais bien
mais vous avez cassé votre jouet
plus rien ne sera comme avant
aujourd’hui je ne peux retenir
ni les vents de l’enfer ni les raz de marée
vous mourrez par l’eau et par le feu
que vous n’avez pas su contenir
la lune c’est affreux
une nuit bientôt
va nous dire adieu
couchée pour de bon
loin du regard des hommes
implosant de mille cratères
aplatie comme une serpillère
alors sur la terre ronde
la mer en furie
pourra lâcher
ses vagues titanesques
et les vents tourbillonner
en arabesques
siphons libérant les tsunamis
de la fin du monde
regardez bien
la lune pleure
en son recoin
sur le malheur
















Texte de Luc Fayard illustré par 32 œuvres d’art contemporain
Cette fois-ci je me suis contenté de chercher dans la base d’œuvres d’art contemporain Nicole’s Museum celles qui avaient une lune : aussi bête que cela ! Où l’on voit que la lune libère les imaginations !…
Auteurs des oeuvres (de haut en bas, de gauche à droite, autour du texte, puis en dessous) :
Gani Kistauov, Whelan, Paul Lancaster, Federico Garcia-Lorca, Yuri Laptev, Phyllis Jackson, André Masson, Adrian Borda, Annie Stegg-Gerard, Hector Acevedo, Arseniy Lapin, Juan-F. Beja, Kashinath Chawan, Mils Bertho, Josep Guinovart, Domenico Amato, Richard Chalmers, Rithika Merchant, Dominika Morariu, Barbara Allaert, Alice Assouline, Peter Doig, Carson Ellis, Olivier de Rivaz, Joanne Delomba, Bronu Novelli, Yui Sakamoto, John-Henry Toney, Katsushika Hokusai, Michel Naze, Peter Harskamp, Linda Vachon
Lire également le le poème en version texte seul.
on entend craquer
la vieille charpente
et les poutres lasses
la lumière appose
son filtre d’or tamisé
sur la pièce alanguie
le canapé attend
son visiteur du soir
venu d’un pas lent
il franchira la porte
se penchera pour saisir
l’ouvrage hier délaissé
et s’assiéra encore
pour lire lentement
le bras sur l’accoudoir
quelque part
dans la maison
une horloge fatiguée
décompte le temps
Texte de Luc Fayard inspiré par Lumière du soir, de Claire Gruson
si j’étais philosophe
serein sur mon muret
j’égrènerais des strophes
par les ans tempérées
je vivrais reposé
dans les effluves d’herbe
et des fleurs arrangées
en de subtiles gerbes
étendu sur mon lit
de galets et de mousse
les heures sans folie
me rendraient l’âme douce
ainsi libre d’envies
ni joyeux ni peiné
je jouirais de ma vie
pour des milliards d’année
Texte de Luc Fayard, inspiré par la sculpture Lézard des murailles, d’Alain Courtaigne. 2020, taille directe de grès, longueur 150 cm








