Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

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1 439 artistes • 759 auteurs
publiés dans Amavero

  • belle journée pour les arts en partage

    sous la baguette magique
    des bonnes fées des arts
    les musiciens musiquèrent
    la soprano soprana
    le poète … rima
    et c’est alors que
    sous la houlette de
    Valérie la fée cheffe
    les artistes artistèrent
    dans un grand ballet de crayons
    et de pinceaux multicolores
    elles bourdonnaient comme une ruche
    le scenario était bien ficelé
    d’abord le découpage en 16 pièces
    d’une photo issue elle-même
    d’une mise en scène élaborée
    par l’ineffable Jeff Wall
    puis chacune avec son rectangle A3
    porté contre son cœur
    comme un carton de prière
    ou de manifestation
    se mit à dessiner crayonner peindre
    son petit bout d’univers
    – ça crissait dans tous les coins –
    fin du premier acte
    on se mit alors
    à échanger son rectangle
    avec ceux de ses voisines
    et ce fut un trafic mémorable
    de traits et couleurs en tout genre
    enfin dans un silence théâtral
    les morceaux furent assemblés
    soudés par un scotch bleu
    sur l’envers du décor
    et donnant tout son sens
    à ce travail collectif
    l’on se remit à l’ouvrage
    pour adoucir les transitions
    d’un rectangle à l’autre
    et faire oublier les plis
    grande règle de la vie

    tout le monde souriait
    ce fut une belle journée
    pour les artistes pas tristes
    et les arts pas bizarres

    Œuvre réalisée par les artistes de l’association « Art en partage » de Chaville, sur la base d’une photographie de Jeff Wall
    Photographie de Jeff Wall – exposée au Moma

    Musiciens : Véronique Baron (piano), Isabelle Chayé-Mauvarin (violoncelle), Alexandre Derome (cor de basset), Marie-Hélène Dhollande (violoncelle), Geneviève Ellrodt (soprano), Pascal Fuchs (clarinette), Sabine Gignoux (violon), Clauge Grigy (clarinette), Jean-Marie L’Huillier (piano et chant), Florence Mulertt (flûte traversière). Classe de musique de chambre « Accords majeurs » du Conservatoire de Chaville .

    Œuvres jouées : Brahms, Mendelssohn, Berlioz, Viardot, Bonis, Hue…
    Artistes : Béatrice Boyer, Anne Dombre, Martine Durou, Martine Tayeb, Valérie Sizaret. Association L’Art en partage, Chaville.
    Poète : Luc Fayard (texte « ma compagne« )

    Photographe : Jeff Wall (exposé au Moma)

    Avec le soutien de l’association : Amavero art et poésie (Jouy-en-Josas)


  • visage

    Nina Mae Fowler – Paula (Sweet Charity) (2023) – fusain sur papier

    son visage est un paysage
    habillé d’ombre et de lumière
    les joues et le nez le menton
    sont des collines des vallons
    jouant des angles et des ronds

    mais le regard est le feu
    en dedans
    l’incendie fait rage

    et pour la pose
    la bouche si forte
    si bien dessinée
    mutique s’est fermée
    on sait pourtant
    qu’elle aurait pu raconter
    tant d’histoires de tumultes
    les folies des rencontres
    qu’elle a vécues

    mais pour une fois
    c’est décidé
    Paula se tait

    c’est elle
    qu’elle regarde
    fixement
    en silence
    rêvant à la vie
    qu’elle aurait eue
    dans un autre monde
    sans glamour
    ni paillettes

    voilà pourquoi
    ce matin-là
    en noir et blanc
    drapée d’orgueil
    et de tristesse
    sans sourciller
    Paula l’artiste
    laisse venir
    la larme à l’œil

    et le monde se tait
    subjugué

    Texte de Luc Fayard, inspiré par le dessin de Nina Mae Fowler « Paula (Sweet Charity) (2023) » paru en Une de Beaux Arts Magazine de mars 2025. Fusain sur papier mis en scène dans un cadre avec chaînes et perles baroques
    Publié par Amavero avec l’aimable autorisation de l’artiste.

    https://ninamaefowler.art/

    Mise à jour : ce texte et ce dessin sont aussi allés compléter notre petite galerie thématique commentée : « Portraits de femmes« 


  • poupée à roulettes

    Christina Bothwell – Talisman

    une poupée en céramique
    et à roulettes
    cela n’existe pas
    et pourtant me voilà
    fière et mystérieuse
    si fragile
    qu’on me suspend au mur

    les enfants ont juste le droit
    de me contempler
    et de me haïr
    puisque pas touche

    alors regardez-moi
    comme un totem
    je suis le signe
    de la précarité du monde
    j’ai le cœur serré
    les mains moites
    doigts collés par la peur

    un jour en claquant
    une fenêtre s’ouvrira
    le vent entrera
    en tourbillonnant
    et je tomberai par terre
    explosant
    en mille morceaux

    prenant pitié de moi
    une petite fille attendrie
    agenouillée sur le puzzle
    tentera de recoller mon âme
    mission impossible
    je finirai à la poubelle
    et le clou sur le mur rouillera

    pleurez braves gens
    la poupée à roulettes est morte
    et la légèreté du monde aussi

     

    Texte de Luc Fayard inspiré par la sculpture Talisman, de Christina Bothwell (1990) – technique mixte : verre coulé, céramique et objets trouvés

    Voir aussi les œuvres d’art sélectionnées par l’association Amavero: art contemporain dans Galerie d’art contemporain et moderne dans Galerie d’art moderne


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  • Shelley (Percy-Bysshe) : To a Skylark (À une alouette)

    Hail to thee, blithe Spirit!
    Bird thou never wert,
    That from Heaven, or near it,
    Pourest thy full heart
    In profuse strains of unpremeditated art.
    Higher still and higher
    From the earth thou springest
    Like a cloud of fire;
    The blue deep thou wingest,
    And singing still dost soar, and soaring ever singest.
    In the golden lightning
    Of the sunken sun
    O’er which clouds are bright’ning,
    Thou dost float and run,
    Like an unbodied joy whose race is just begun.
    The pale purple even
    Melts around thy flight;
    Like a star of Heaven
    In the broad daylight
    Thou art unseen, but yet I hear thy shrill delight:
    Keen as are the arrows
    Of that silver sphere,
    Whose intense lamp narrows
    In the white dawn clear
    Until we hardly see — we feel that it is there.
    All the earth and air
    With thy voice is loud.
    As, when night is bare,
    From one lonely cloud
    The moon rains out her beams, and heaven is overflowed.
    What thou art we know not;
    What is most like thee?
    From rainbow clouds there flow not
    Drops so bright to see
    As from thy presence showers a rain of melody.
    Like a poet hidden
    In the light of thought,
    Singing hymns unbidden,
    Till the world is wrought
    To sympathy with hopes and fears it heeded not:
    Like a high-born maiden
    In a palace tower,
    Soothing her love-laden
    Soul in secret hour
    With music sweet as love, which overflows her bower:
    Like a glow-worm golden
    In a dell of dew,
    Scattering unbeholden
    Its aerial hue
    Among the flowers and grass, which screen it from the view:
    Like a rose embowered
    In its own green leaves,
    By warm winds deflowered,
    Till the scent it gives
    Makes faint with too much sweet these heavy-winged thieves.
    Sound of vernal showers
    On the twinkling grass,
    Rain-awakened flowers,
    All that ever was
    Joyous, and clear, and fresh, thy music doth surpass.
    Teach us, sprite or bird,
    What sweet thoughts are thine:
    I have never heard
    Praise of love or wine
    That panted forth a flood of rapture so divine.
    Chorus hymeneal
    Or triumphal chaunt
    Matched with thine, would be all
    But an empty vaunt —
    A thing wherein we feel there is some hidden want.
    What objects are the fountains
    Of thy happy strain?
    What fields, or waves, or mountains?
    What shapes of sky or plain?
    What love of thine own kind? what ignorance of pain?
    With thy clear keen joyance
    Languor cannot be:
    Shadow of annoyance
    Never came near thee:
    Thou lovest, but ne’er knew love’s sad satiety.
    Waking or asleep,
    Thou of death must deem
    Things more true and deep
    Than we mortals dream,
    Or how could thy notes flow in such a crystal stream?
    We look before and after,
    And pine for what is not:
    Our sincerest laughter
    With some pain is fraught;
    Our sweetest songs are those that tell of saddest thought.
    Yet if we could scorn
    Hate, and pride, and fear;
    If we were things born
    Not to shed a tear,
    I know not how thy joy we ever should come near.
    Better than all measures
    Of delightful sound,
    Better than all treasures
    That in books are found,
    Thy skill to poet were, thou scorner of the ground!
    Teach me half the gladness
    That thy brain must know,
    Such harmonious madness
    From my lips would flow
    The world should listen then, as I am listening now!

    Salut à toi, Esprit joyeux! 
    Car oiseau jamais tu ne fus 
    Qui dans le ciel, et presqu’aux Cieux 
    Epanche en longs accents profus 
    Un coeur empli de sons qu’aucun art n’a conçus. 
    De la terre où tu prends essor, 
    Nuage de feu jaillissant, 
    Tu t’élèves plus haut encore 
    Loin au-dessus de l’océan 
    Ne cessant l’ascension, ta chanson ne cessant. 
    Dans le soleil crépusculaire 
    Et l’or de son évanescence 
    Où les nuées se font plus claires 
    Tu sembles flotter, puis t’élances 
    Comme une joie sans corps dont la course commence. 
    Même pâleur et cramoisi 
    S’effacent quand tu les pourfends; 
    Comme une étoile en plein midi, 
    Nul ne te voit au firmament, 
    Pourtant j’entends le cri de ton enchantement; 
    Ardent comme là-haut la sphère 
    Aux si vives flèches d’argent, 
    Mais dont s’estompe la lumière 
    Dans la clarté du matin blanc 
    Jusqu’à n’être vue guère, que l’on sent là pourtant. 
    Partout sur terre et dans les airs 
    Ta puissante voix retentit 
    Comme quand la lune à travers 
    Le seul nuage de la nuit 
    Inonde tout le ciel de lumineuse pluie. 
    Ce que tu es nous ignorons; 
    Qu’est-ce qui le mieux te décrit? 
    Car les gouttes d’arc-en-ciel n’ont 
    Des nues jamais resplendi 
    Comme tombe l’averse de ta mélodie. 
    Ainsi le poète oublié 
    Dans sa lumière intérieure, 
    Chantant, sans en être prié, 
    L’hymne à ses espoirs et ses peurs 
    Aux hommes ébahis d’y découvrir les leurs; 
    Ainsi la noble damoiselle 
    Au palais, dans sa haute tour, 
    Qui des musiques les plus belles 
    Berce son coeur épris d’amour 
    Sans savoir qu’elle charme aussi toute la cour; 
    Ainsi le ver luisant doré 
    Dont la couleur seule est perçue 
    Au fond d’un vallon de rosée, 
    Parsemant ce halo diffus 
    Parmi l’herbe et les fleurs où lui est hors de vue; 
    Ainsi le rosier habillé 
    Du feuillage vert de ses fleurs 
    Que le vent brûlant vient piller 
    Mais dont l’odorante douceur 
    Fera s’évanouir l’aérien détrousseur. 
    L’averse vernale et son bruit 
    Sur les herbes qui étincellent, 
    Les fleurs éveillées par la pluie, 
    Joies pures et vives, certes, mais elles 
    Ne surpassent jamais ta musique éternelle. 
    Apprends-nous donc, sylphe ou oiseau, 
    Les doux pensers qui sont les tiens; 
    Je n’ai jamais entendu mots 
    D’éloge à l’amour ou au vin 
    Déclamés en un flot de bonheur si divin. 
    Chants de triomphe et choeurs nuptiaux, 
    Si à ta voix on les compare, 
    Nous paraissent creux, sonnent faux 
    Et ne sont que vaines fanfares 
    Auxquelles font défaut les choses les plus rares. 
    Quelle est la source, quel est l’objet 
    De cette chantante fontaine? 
    Des bois? Des vagues? De hauts sommets? 
    Des formes de ciel ou de plaine? 
    L’amour de ton espèce? Le mépris de la peine? 
    Car dans ton pur ravissement 
    La langueur ne trouve point place; 
    Et l’ombre du désagrément 
    Jamais même ne te menace; 
    Tu aimes, mais de l’amour ignores ce qui lasse. 
    En éveil, ou lorsque tu dors, 
    N’est-ce pas qu’en toi s’illumine 
    Plus de vérité sur la mort 
    Que les mortels n’en imaginent, 
    Pour que coulent de toi notes si cristallines? 
    Nous voulons demain et hier, 
    Après eux soupirons sans cesse; 
    Dans nos rires les plus sincères, 
    Il est toujours quelque détresse; 
    Et nos chants sont plus beaux qui parlent de tristesse. 
    Pourtant si nous avions pouvoir 
    D’oublier peur, orgueil et haine, 
    Si nous étions nés pour avoir 
    De la vie ni larmes ni peine, 
    Comme ta joie dès lors nous paraîtrait lointaine. 
    Ton art, mieux que tous les ténors 
    Qui touchent l’âme profonde, 
    Ton art, mieux que tous les trésors 
    Dont tant de grands livres abondent, 
    Servirait le poète, ô oublieux du monde! 
    Apprends-moi un peu du plaisir 
    Connu d’un coeur toujours content, 
    Pareil harmonieux délire 
    Coulerait alors dans mon chant; 
    Le monde m’entendrait, comme moi je t’entends! 

    Percy Bysshe Shelley – Traduction : Jean-Luc Wronski – source : poesie.net

    Shelley (Percy-Bysshe) : To a Skylark (À une alouette)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025