Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 439 artistes • 760 auteurs
publiés dans Amavero

  • tambour

    mon cœur n’est qu’un tambour à battre la chamade
    les chemins d’ornières s’y nichent à l’affût
    j’ai perdu l’envie des franches cavalcades
    mon âme est traversée d’un brouhaha diffus

    le rêve est panache fumée grise qui part
    l’amour des mains vaincues dans leur quête du vent
    le bonheur ue île au milieu de nulle part
    le rire un souvenir gelé impertinent

    libérée la montagnes est une pirouette
    les aigles justiciers dessinent un grand V
    sous le soleil vitré miroir aux alouettes
    je ne veux plus marcher sans savoir où je vais

    comment abandonner l’humeur partie en vrille
    l’inconscient devenu mise en abyme et feu
    je veux du beau du vrai je veux des yeux qui brillent
    ne plus être un vain chiot qui court après sa queue

    peut-être un jour qui sait finiront les méandres
    du labyrinthe impasse et des esprits épais
    du désordre naîtra un nouveau monde tendre
    où l’on pourra enfin se reposer en paix

    nous nous endormirons à l’heure où tout est calme
    bercés par le souffle tièdi d’un soir feutré
    à nos pieds les chats gras joueront des amalgames
    de laines arrachées d’araignées apeurées

    les autres animaux se cacheront dans l’ombre
    des chants de halage surgiront des remparts
    l’océan apaisé hissera sa pénombre
    et les bateaux joyeux leurs voiles du départ

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « tambour »

  • conte de l'amour et de la mort

    Un jour, elle apparut sur la terrasse d’en face, s’installa dans le fauteuil, prit son livre et ne le quitta plus des yeux jusqu’au soir.
    Plongé dans ses propres tourments, il n’avait pas détecté sa présence jusqu’alors.
    Au bout de quelques jours, il avait repéré la routine : elle se montrait dans l’après-midi, glissant comme un fantôme dans la chaleur épaisse, trouvait le même coin d’ombre et n’en bougeait plus, la tête légèrement penchée sur le côté, vers les pages. 
    Il ne pouvait distinguer les traits de son visage à contrejour, auréolé par la lumière blanche du soleil. 
    Il l’imaginait jeune et belle, triste, cherchant à se consoler dans ses lectures, ou bien à oublier. 
    Son amant l’avait quittée, c’est sûr et la vie ne possédait plus de sens pour elle. 
    Lui-même vivait un désespoir abyssal. 
    Elle était toujours seule, personne ne venait la voir, à part une vieille servante qui s’occupait d’elle. 
    Solitaire lui aussi et n’ayant finalement rien d’autre à faire, il la fixait des yeux chaque jour un peu plus mais jamais elle ne fit le moindre geste signifiant qu’elle avait remarqué son manège. 
    Alors il l’aima encore plus fort. 
    Un soir où, à son habitude, la servante vint la chercher à la tombée de la nuit, il décida de déclarer sa flamme dès le lendemain. 
    Cette idée le tortura et l’asphyxia toute la nuit. 
    Mais, le lendemain, elle n’apparut pas. 
    Il comprit alors qu’elle était morte et se mit à respirer de plus en plus mal. 
    Il mourut dans la journée. 
    Par hasard, ils furent enterrés tous les deux cote à cote, au fond du cimetière, contre le vieux mur en pierre rongé par les plantes. 
    En quelques mois, le lierre recouvrit les deux tombes d’un même manteau, pour les réunir à jamais.

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « conte de l’amour et de la mort »

    Texte de Luc Fayard illustré par une image créée par l’IA pour ce texte


  • hiératique

    Maurice Denis – La Dame au jardin clos, dit aussi Nu aux bouquets de violettes (1894)

    hiératique sévère et nue
    ambiance japonisante
    tête égyptienne
    dessin géométrique
    que fait-elle là
    entre ses deux vases
    à quoi pense-t-elle
    dans son jardin clos
    qui attends-tu jeune femme
    au ventre arrondi
    à la peau parfaite
    est-ce ce cavalier
    qui vient au loin

    Texte de Luc Fayard inspiré par La Dame du Jardin, de Maurice Denis

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • orient

    Félix Vallotton – Femmes à leur toilette (1897)

    intimité féminine
    orientale dans la touche
    sur le tapis voici même
    des babouches
    mais où sont-elles
    ces femmes si bien nées
    par le dessin simple
    des courbes et des attitudes
    autour d’elles
    tout s’imagine tout se crée
    dans l’absolue perfection
    de l’incomplétude

    Texte de Luc Fayard inspiré par Femmes à leur toilette, de Félix Vallotton

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • jaune et rouille

    nappes de vignes
    aux multiples teintes
    tirées d’une palette 
    jaune et rouille
    pénétrant les sens à vif

    treilles dignes
    gémissantes 
    du poids du temps
    dépouillées de leurs apprêts
    les voici comme elles sont
    fatalement désossées
    maigres et nues
    cernées des compagnons
    chênes verts et blancs antiques
    tordus par un sorcier sadique

    ciel bleu et rose
    aux incroyables diagonales
    ouatées le matin
    cristallines ensuite
    ensorcelées le soir

    taches de sang
    des cailloux rouges
    incrustés toute l’année
    mais se détachant mieux
    d’un paysage écorché

    l’automne en provence
    ce n’est pas l’automne qui danse
    c’est une saison unique au monde
    aux odeurs et couleurs invisibles
    un jardin mystérieux
    calme impénétrable 
    et mythique

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « palette jaune et rouille »

    Texte de Luc Fayard illustré par une image créée par l’IA sur ce texte


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  • Shelley (Percy-Bysshe) : To a Skylark (À une alouette)

    Hail to thee, blithe Spirit!
    Bird thou never wert,
    That from Heaven, or near it,
    Pourest thy full heart
    In profuse strains of unpremeditated art.
    Higher still and higher
    From the earth thou springest
    Like a cloud of fire;
    The blue deep thou wingest,
    And singing still dost soar, and soaring ever singest.
    In the golden lightning
    Of the sunken sun
    O’er which clouds are bright’ning,
    Thou dost float and run,
    Like an unbodied joy whose race is just begun.
    The pale purple even
    Melts around thy flight;
    Like a star of Heaven
    In the broad daylight
    Thou art unseen, but yet I hear thy shrill delight:
    Keen as are the arrows
    Of that silver sphere,
    Whose intense lamp narrows
    In the white dawn clear
    Until we hardly see — we feel that it is there.
    All the earth and air
    With thy voice is loud.
    As, when night is bare,
    From one lonely cloud
    The moon rains out her beams, and heaven is overflowed.
    What thou art we know not;
    What is most like thee?
    From rainbow clouds there flow not
    Drops so bright to see
    As from thy presence showers a rain of melody.
    Like a poet hidden
    In the light of thought,
    Singing hymns unbidden,
    Till the world is wrought
    To sympathy with hopes and fears it heeded not:
    Like a high-born maiden
    In a palace tower,
    Soothing her love-laden
    Soul in secret hour
    With music sweet as love, which overflows her bower:
    Like a glow-worm golden
    In a dell of dew,
    Scattering unbeholden
    Its aerial hue
    Among the flowers and grass, which screen it from the view:
    Like a rose embowered
    In its own green leaves,
    By warm winds deflowered,
    Till the scent it gives
    Makes faint with too much sweet these heavy-winged thieves.
    Sound of vernal showers
    On the twinkling grass,
    Rain-awakened flowers,
    All that ever was
    Joyous, and clear, and fresh, thy music doth surpass.
    Teach us, sprite or bird,
    What sweet thoughts are thine:
    I have never heard
    Praise of love or wine
    That panted forth a flood of rapture so divine.
    Chorus hymeneal
    Or triumphal chaunt
    Matched with thine, would be all
    But an empty vaunt —
    A thing wherein we feel there is some hidden want.
    What objects are the fountains
    Of thy happy strain?
    What fields, or waves, or mountains?
    What shapes of sky or plain?
    What love of thine own kind? what ignorance of pain?
    With thy clear keen joyance
    Languor cannot be:
    Shadow of annoyance
    Never came near thee:
    Thou lovest, but ne’er knew love’s sad satiety.
    Waking or asleep,
    Thou of death must deem
    Things more true and deep
    Than we mortals dream,
    Or how could thy notes flow in such a crystal stream?
    We look before and after,
    And pine for what is not:
    Our sincerest laughter
    With some pain is fraught;
    Our sweetest songs are those that tell of saddest thought.
    Yet if we could scorn
    Hate, and pride, and fear;
    If we were things born
    Not to shed a tear,
    I know not how thy joy we ever should come near.
    Better than all measures
    Of delightful sound,
    Better than all treasures
    That in books are found,
    Thy skill to poet were, thou scorner of the ground!
    Teach me half the gladness
    That thy brain must know,
    Such harmonious madness
    From my lips would flow
    The world should listen then, as I am listening now!

    Salut à toi, Esprit joyeux! 
    Car oiseau jamais tu ne fus 
    Qui dans le ciel, et presqu’aux Cieux 
    Epanche en longs accents profus 
    Un coeur empli de sons qu’aucun art n’a conçus. 
    De la terre où tu prends essor, 
    Nuage de feu jaillissant, 
    Tu t’élèves plus haut encore 
    Loin au-dessus de l’océan 
    Ne cessant l’ascension, ta chanson ne cessant. 
    Dans le soleil crépusculaire 
    Et l’or de son évanescence 
    Où les nuées se font plus claires 
    Tu sembles flotter, puis t’élances 
    Comme une joie sans corps dont la course commence. 
    Même pâleur et cramoisi 
    S’effacent quand tu les pourfends; 
    Comme une étoile en plein midi, 
    Nul ne te voit au firmament, 
    Pourtant j’entends le cri de ton enchantement; 
    Ardent comme là-haut la sphère 
    Aux si vives flèches d’argent, 
    Mais dont s’estompe la lumière 
    Dans la clarté du matin blanc 
    Jusqu’à n’être vue guère, que l’on sent là pourtant. 
    Partout sur terre et dans les airs 
    Ta puissante voix retentit 
    Comme quand la lune à travers 
    Le seul nuage de la nuit 
    Inonde tout le ciel de lumineuse pluie. 
    Ce que tu es nous ignorons; 
    Qu’est-ce qui le mieux te décrit? 
    Car les gouttes d’arc-en-ciel n’ont 
    Des nues jamais resplendi 
    Comme tombe l’averse de ta mélodie. 
    Ainsi le poète oublié 
    Dans sa lumière intérieure, 
    Chantant, sans en être prié, 
    L’hymne à ses espoirs et ses peurs 
    Aux hommes ébahis d’y découvrir les leurs; 
    Ainsi la noble damoiselle 
    Au palais, dans sa haute tour, 
    Qui des musiques les plus belles 
    Berce son coeur épris d’amour 
    Sans savoir qu’elle charme aussi toute la cour; 
    Ainsi le ver luisant doré 
    Dont la couleur seule est perçue 
    Au fond d’un vallon de rosée, 
    Parsemant ce halo diffus 
    Parmi l’herbe et les fleurs où lui est hors de vue; 
    Ainsi le rosier habillé 
    Du feuillage vert de ses fleurs 
    Que le vent brûlant vient piller 
    Mais dont l’odorante douceur 
    Fera s’évanouir l’aérien détrousseur. 
    L’averse vernale et son bruit 
    Sur les herbes qui étincellent, 
    Les fleurs éveillées par la pluie, 
    Joies pures et vives, certes, mais elles 
    Ne surpassent jamais ta musique éternelle. 
    Apprends-nous donc, sylphe ou oiseau, 
    Les doux pensers qui sont les tiens; 
    Je n’ai jamais entendu mots 
    D’éloge à l’amour ou au vin 
    Déclamés en un flot de bonheur si divin. 
    Chants de triomphe et choeurs nuptiaux, 
    Si à ta voix on les compare, 
    Nous paraissent creux, sonnent faux 
    Et ne sont que vaines fanfares 
    Auxquelles font défaut les choses les plus rares. 
    Quelle est la source, quel est l’objet 
    De cette chantante fontaine? 
    Des bois? Des vagues? De hauts sommets? 
    Des formes de ciel ou de plaine? 
    L’amour de ton espèce? Le mépris de la peine? 
    Car dans ton pur ravissement 
    La langueur ne trouve point place; 
    Et l’ombre du désagrément 
    Jamais même ne te menace; 
    Tu aimes, mais de l’amour ignores ce qui lasse. 
    En éveil, ou lorsque tu dors, 
    N’est-ce pas qu’en toi s’illumine 
    Plus de vérité sur la mort 
    Que les mortels n’en imaginent, 
    Pour que coulent de toi notes si cristallines? 
    Nous voulons demain et hier, 
    Après eux soupirons sans cesse; 
    Dans nos rires les plus sincères, 
    Il est toujours quelque détresse; 
    Et nos chants sont plus beaux qui parlent de tristesse. 
    Pourtant si nous avions pouvoir 
    D’oublier peur, orgueil et haine, 
    Si nous étions nés pour avoir 
    De la vie ni larmes ni peine, 
    Comme ta joie dès lors nous paraîtrait lointaine. 
    Ton art, mieux que tous les ténors 
    Qui touchent l’âme profonde, 
    Ton art, mieux que tous les trésors 
    Dont tant de grands livres abondent, 
    Servirait le poète, ô oublieux du monde! 
    Apprends-moi un peu du plaisir 
    Connu d’un coeur toujours content, 
    Pareil harmonieux délire 
    Coulerait alors dans mon chant; 
    Le monde m’entendrait, comme moi je t’entends! 

    Percy Bysshe Shelley – Traduction : Jean-Luc Wronski – source : poesie.net

    Shelley (Percy-Bysshe) : To a Skylark (À une alouette)

  • Forough Farrokhzâd : Le Baiser

    Forough Farrokhzâd : Le Baiser

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025