Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
Quand un millier de gens croient une histoire inventée un mois durant, ce sont des fake news. Quand un milliard de gens y croient un… Lire


  • Maya Angelou : Still I Rise (Pourtant je m’élève)

    You may write me down in history
    With your bitter, twisted lies
    You may trod me in the very dirt
    But still, like dust, I’ll rise.

    Vous pouvez me rabaisser pour l’histoire
    Avec vos mensonges amers et tordus,
    Vous pouvez me traîner dans la boue
    Mais comme la poussière, je m’élève encore,

    (suite…)

  • Antonin Artaud : Le navire mystique

    Il se sera perdu le navire archaïque
    Aux mers où baigneront mes rêves éperdus,
    Et ses immenses mâts se seront confondus
    Dans les brouillards d’un ciel de Bible et de Cantiques.

    (suite…)

  • Le temps de l’araignée

    📂 Sélection des archives Infotekart

    Il fut un temps où je voulais être araignée

    A chacun son temps. Celui de l’araignée qui tisse sa toile heure après heure ne doit pas être tout à fait le même que le nôtre. Laisser le temps au temps.Prendre son temps, c’est encore mieux. « Si tu veux faire ta place au soleil, fais du soleil » disait Giono. On pourrait le paraphraser: « Si tu veux gagner du temps, prends ton temps, crée-le! »  Désormais, mon temps sera à moi. Je serai l’araignée de ma vie. Faites gaffe, mouches et moustiques, passez votre chemin au large! Je tisserai patiemment les liens de ma renaissance, heure après heure, jour après jour, choisissant chaque fil, chaque mouvement, chaque lieu.

    Une fenêtre avec des rideaux, entourée de plantes grimpantes, et une toile d'araignée tissée dans un coin.

    première publication dans Infotekart : 22 juillet 2007


  • ligne noire d’horizon

    Abstract art featuring a dark background with a wavy gold line running through it, divided into three sections.
    Faz Fazou – Kintsugi Sea

    rejouant ma vie en spectateur indolent
    survolant la mêlée sur un nuage blanc
    je rejoindrai la ligne noire d’horizon
    et de mon ballon exposé aux vents contraires
    de la destinée et du hasard je verrai
    tous les gens que j’aime se déchirer sur terre

    du haut d’un ciel sombre
    pressé par le temps raccourci
    j’enverrai ma déclaration
    en quelques éclats de mots
    comme une pluie d’étoiles
    une tombée de pétales

    nous sommes des morceaux d’âme
    galets mal taillés
    roulés par le torrent
    des rencontres serpentines
    molécules entrechoquées de sentiments
    poussières de sable en syphon
    sans raison ni colonne vertébrale

    souffrant de l’insignifiance
    de notre incomplétude
    où le corps n’est rien
    et les mots peu de choses
    il nous reste une certitude
    c’est la veine de l’amour
    qui donne à nos ombres
    la chaleur qui nous répare
    et nous fortifie
    comme le sillon d’or
    d’une faïence kintsugi

    puis le tonnerre grondera
    et dans la blanche éternité
    le vent fugace dissoudra
    la nue des sons déchiquetés


  • J.-K. Huysmans : la petite danseuse de Degas

    Dans ses plus insouciants croquis, comme dans ses oeuvres achevées, la personnalité de M. Degas sourd ; ce dessin bref et nerveux, saisissant comme celui des Japonais, le vol d’un mouvement, la prise d’une attitude, n’appartient qu’à lui ;

    (suite…)


Art et Poésie : dernières publications

  • Miguel Ángel Asturias : Autochiromancie (1958)

    Je lis dans ma main, ô Patrie,
    si douce ta géographie.
    Ma ligne de vie qui s’élève
    suit le tracé de tes volcans,
    puis redescend, ligne de cœur,
    jusqu’à la base de mes doigts.

    Mes mains sont ta superficie,
    l’image vive de ta peau.
    Carte de monts. Monts que je veux
    appeler: Coutchoumatanès¹,
    cimes qui montrent leur turquoise
    au saphir de la Mer du Sud.

    Que le Tacana², doigt géant,
    garde l’entrée de la surprise
    quand le maïs enfin se change
    en grain comestible pour l’homme,
    de ta chair céréale humaine.

    Le mont diaphane de la Lune
    est, dans ta main, un lac ancien
    avec sur ses bords douze temples.
    De là partit ton peuple enfant
    — potier, sculpteur ou tisserand —
    à la conquête de l’aurore.

    Poussière de clarté dans l’ombre,
    harmonie au creux de ma main,
    ma ligne solaire est la conque
    profonde où j’entends retentir
    des fleuves sourds, tels des atlantes,
    d’autres rapides, suicidés.

    J’écoute, l’oreille collée
    au sol de ta carte vivante
    que je porte ici dans mes mains,
    carillonner toutes tes cloches,
    clignoter toutes tes étoiles,

    Pour mon mariage avec ma terre,
    mes amis, je veux comme anneau
    une luciole solitaire.
    Que, l’immense nuit de ma mort,
    ma tempe dorme sur ma main
    à la luciole solitaire.

    1. Coutchoumatanès (Cuchumatanes): hautes montagnes du Guatemala. Elles servaient de point de repère aux marins dans la mer du Sud. (N. d. T.)
    2. Le Tacana (El Tacaná): volcan du Guatemala. (N. d. T.)

    Messages indiens (1958) in Poèmes indiens, nrf/Poésie/Gallimard, 2024.. Traduction de Claude Couffon et René L.-F. Durand. 1899-1974, Guatemaltèque, Prix Nobel de littérature en 1967

    Merci à la jeune agrégée de lettres Sibylle Fouilland pour sa lecture documentée du poète.

    Miguel Ángel Asturias : Autochiromancie (1958)

  • Madame Deshoulières : Réflexions diverses (1695)

    Madame Deshoulières : Réflexions diverses (1695)

  • Antonio Porchia : Voces (Voix) (1943) – extraits

    Parfois, la nuit, j’allume une lumière, pour ne pas voir.
    A veces, de noche, enciendo una luz, para no ver.
    129

    Si je pouvais laisser tout comme c’est, sans bouger ni une étoile ni un nuage. Ah, si je pouvais!
    Si pudiera dejar todo como está, sin mover ni una estrella, ni una nube. ¡Ah, si pudiera!
    149

    Je suis un habitant, mais d’où ?
    Soy un habitante, pero ¿de dónde?
    190

    La vie paraît être deux points, sans points intermédiaires.
    La vida parece ser dos puntos, sin puntos intermedios.
    399

    Pour s’élever il faut s’élever, mais il faut aussi qu’il y ait de la hauteur.
    Para elevarse es necesario ele-varse, pero es necesario también
    que haya altura.
    542

    Quand les étoiles s’abaissent, qu’il est triste de baisser les yeux pour
    les voir !
    Cuando las estrellas bajan, ¡qué triste es bajar los ojos para verlas!
    594

    Mes mains se sont tellement raccourcies, de tellement se tendre en vain, qu’elles n’arrivent même plus jusqu’aux étoiles.
    Mis manos se han acortado tanto, de tanto alargarse en vano, que ya no alcanzan ni hasta las estrellas.
    1098

    Il regarda tout vers le bas, il regarda tout vers le haut et se dit: « tout est amour perdu ».
    Miró hacia abajo todo, miró hacia arriba todo y se dijo: « todo es amor perdido que es manos yo
    nodria ser justo con lados y con
    1103

    Être, c’est s’obliger à être. Et s’obliger à être, c’est s’obliger à
    être. Ce n’est pas être.
    Ser es obligarse a ser. Y obligarse a ser es obligarse a ser. No es ser.
    1110

    Être en compagnie, ce n’est pas être avec quelqu’un, mais être en quelqu’un.
    Estar en compañía no es estar con alguien, sino estar en alguien.
    1122

    Connaître, au début c’est connaître et souffrir; à la fin, seulement
    souffrir.
    El conocer comienza siendo conocer y padecer, y termina siendo solamente padecer.
    1145

    Voces (1943) in Voix réunies, po&psy in extenso, Éditions Érès (2010). Numérotées de 1 à 1182
    Ces petites phrases , entre poésie et aphorismes, ont été écrites au jour le jour par Antonio Porchia, italien émigré en Argentine, ouvrier typographe. La première édition de 1943 est imprimée à compte d’auteur et les exemplaires donnés à la Société argentine des écrivains qui les distribue dans les bibliothèques du pays. Les gens commencent à les lire et les recopier. Roger Caillois les découvre en 1947 puis Jorge-Luis Borges et ils les font connaître au monde
    .


    Antonio Porchia : Voces (Voix) (1943) – extraits

  • Luis de León  : Oda a la vida retirada (Ode à la vie retirée) (1550)

    Luis de León : Oda a la vida retirada (Ode à la vie retirée) (1550)

  • Jorge-Luis Borges : Tankas (1986)

    1
    En haut sur la cime
    Le jardin entier est lune,
    Lune d’or.
    Plus précieux le frôlement
    De ta bouche dans l’ombre.

    2
    La voix de l’oiseau
    Que la pénombre recouvre
    On ne l’entend plus.
    Tu marches dans ton jardin
    Quelque chose, oui, te manque.

    3
    La coupe d’un autre,
    L’épée qui fut une épée
    Dans une autre main,
    La lune de cette rue,
    Dis-moi, n’est-ce pas assez?

    4
    Il est sous la lune
    Le tigre fait d’or et d’ombre
    Il fixe ses griffes
    Il ne sait pas qu’au matin
    Elles ont tué un homme.

    5
    Triste cette pluie
    Qui sur le marbre s’égoutte,
    Triste d’être terre.
    Triste, n’être pas les jours
    De l’homme, le rêve, l’aube.

    6
    N’être pas tombé
    Comme d’autres de ma race,
    Au champ de bataille.
    Être dans la vaine nuit
    Seul à compter les syllabes.

    Les Conjurés,1986 in La Proximité de la Mer, nrf/Gallimard, 2010

    NDLR : le tanka ou chant court est un poème japonais traditionnel né avant le haïku (vers 600 ap. J.-C.) , basé sur le rythme 5-7-5-7-7 qui en japonais ne sont pas des syllabes mais des sons, plus précisément des « mores » qui sont des unités de temps. Un tanka en japonais est lu sur un rythme de 8 mesures par vers: 5 mores puis un silence de 3 temps, 7 mores puis 1 silence de 1 temps etc. La traduction française du texte espagnol (Argentine) de Jacques Ancet essaie de s’approcher le plus possible de cette rythmique, sans y parvenir totalement.

    Jorge-Luis Borges : Tankas (1986)

  • Octavio Paz : Un jour se perd (1939)

    Un jour se perd
    Dans le ciel fait en hâte
    La lumière ne laisse pas de trace dans la neige
    Un jour se perd
    Ouvrir et fermer des portes
    La graine du soleil s’ouvre sans bruit
    Un jour commence
    La brume gravit la colline
    Un homme descend la rivière
    Ils se rencontrent dans tes yeux
    Tu te perds dans le jour
    Chantant dans le feuillage de la lumière
    Des cloches sonnent au loin
    Chaque appel est une vague
    Chaque vague ensevelit à jamais
    Un geste une parole la lumière contre le nuage
    Tu ris et te peignes distraite
    Un jour commence à tes pieds
    Chevelure main blancheur ne sont pas les noms
    De ces cheveux de cette main et de cette blancheur
    Ce qui est visible et palpable dehors
    Ce qui est intérieur et sans nom
    A tâtons se cherchent en nous
    Suivent la marche du langage
    Passent le pont que leur tend cette image
    Comme la lumière entre les doigts ils glissent
    Comme toi-même entre mes mains
    Comme ta main avec mes mains ils s’entrelacent
    Un jour commence en mes paroles
    Lumière qui mûrit jusqu’à devenir chair
    Ombre de ton corps lumière de ton ombre
    Maille de chaleur peau de ta lumière
    Un jour commence dans ta bouche.

    Le Tournesol in Condition de nuage (1939-1955) in Liberté sur Parole, nrf/Poésie/Gallimard, 2014.
    Mexicain (1914-1998). Prix Nobel de littérature en 1990.

    Octavio Paz : Un jour se perd (1939)

  • Antonio Corradini : Dama velata (1722)

    Antonio Corradini : Dama velata (1722)

  • Roberto Juarroz

    Et comme nous savons déjà qu’il n’existe pas de paradis perdus, il ne nous reste dès lors qu’à être le paradis.

    Poésies verticales. 11-21. nrf/Poésie/Gallimard, 2021. Date de publication originale: 1988

    Roberto Juarroz

  • Paul Signac : Arbres en fleurs (1896)

    Paul Signac : Arbres en fleurs (1896)

  • Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)

    Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 8)

  • John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

    John Wood et Paul Harrison : Headstand (1995) – vidéo performance

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 6)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 6)

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025