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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • Un mot, neuf images : composez votre mosaïque d’œuvres d’art, la mot-saïque

    Mosaïques d’Oeuvres d’art crées par Amavero

    Mot-saïque : une innovation Amavero au coeur de l’art et de la poésie !
    Entrez un mot — rêve, regard, lumière, enfance… — et Amavero compose pour vous une mosaïque de neuf images issues de sa galerie.
    Queneau vous proposait mille milliard de poèmes avec 140 vers, Amavero vous propose deux milliards de milliards de mosaïques avec 1 400 images!…

    🎨 Un mot, neuf images…


  • partir

    barré par l’envol des oiseaux blancs
    le trait de lumière décoiffe l’horizon
    la mer désertée ne vibre plus du vent
    qui tourmentait le destin des passants

    il est temps
    de partir
    ailleurs
    où la peine
    serait douce
    à vivre

    je marcherai sur les sentiers embrumés
    respirant le souffle des frondaisons
    l’âme pleine de tableaux de rêves
    et de souvenirs aux reliefs embellis

    mais la pluie
    refroidira
    mon ardeur
    et mon cœur
    seul bruit
    de la nuit

    l’aube verra enfin palpiter la rosée
    et parvenu au seuil discret de la maison
    j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
    et la refermerai sur mon ombre passée

    Une série de photographies rectangulaires avec des bords texturés, présentant des formes abstraites et légèrement floues sur fond clair.
    Doris Salcedo – Atrabilious (1992-1993) – cloisons sèches, chaussures, vessie de vache et fil chirurgical

    Texte de Luc Fayard illustré par 6 artistes contemporains : (de haut en bas) Toba Khedoori, Vija Celmins, Agnes Martin, Grant-Kenneth MacDonald, Hamish Fulton, Doris Salcedo


  • Galerie PEYRASSOL (collection permanente)

    Philippe Austruy a repris La Commanderie Peyrassol (à Flassans-sur-Issole, dans le Var) il y a quelques années pour en faire fructifier le domaine viticole, qui produit des vins intéressants, et y installer une collection permanente d’art contemporain très intéressante elle aussi, même si parfois certains des artistes préfèrent le visuel et l’assemblage à l’émotion. Mais le site est incroyable, vaste et il y règne une ambiance paisible propice à la méditation artistique.
    Voici une petite galerie pour vous (photos Luc Fayard)
    PS: petit jeu: deux œuvres sont non sourcées, aidez-moi !

    Pages : 1 2 3 4 5


  • premier amour (illustré par 9 artistes contemporains)

    tu te souviens d’elle
    en détail
    il y a si longtemps
    sa voix ses yeux son odeur
    sa façon de pencher la tête
    quand elle te regardait

    mais elle n’est qu’un rêve
    un voile un fantôme
    et pourtant
    plus elle est transparente
    plus elle est réelle
    tu pourrais la toucher la sentir

    elle reste dans le cercle
    en ellipse
    autour de toi
    parfois si proche
    que l’ombre de ses cheveux
    pourrait te caresser le visage
    parfois si loin
    qu’elle semblerait te dire adieu

    tu ne vois qu’elle
    rien d’autre
    aucun souvenir précis
    de ces moments
    où vous fûtes si près
    l’un de l’autre
    la peau et le cœur
    respirant au même rythme
    les mêmes effluves de la vie

    pas de signes
    pas de mots
    ni de musique
    mais ce n’est pas le silence
    ni le vide
    rien qu’un sourire étrange
    d’Ophélie
    une ombre d’être
    en diagonale sur un mur

    il n’y a vraiment qu’elle
    pour tourbillonner ainsi
    t’emportant dans sa ronde
    tu tends la main comme un fou
    un noyé
    sans rien sentir
    rien ne vient
    pas de caresse

    elle est partie
    comme elle venue
    un souffle
    une apparition
    jamais ton cœur
    n’aura autant battu
    comme un tambour silencieux

    Hommage à Rainer-Marie Rilke et à son “clair de lune sur un rebord de fenêtre” dédié à Lou-Andreas Salomé

    Texte de Luc Fayard, illustré par 9 artistes contemporains (de haut en bas) : Chiharu Shiota, Nick Gentry, Giancarlo Manneschi, J. Tonkin, David Salle, Miya Ando, Constantin Migliorini , Katharina Grosse, Sharon Kingston


  • après la pluie (illustré par 4 artistes contemporains)

    après la pluie
    imaginant des pleurs
    le souvenir émerge
    à la surface
    de la conscience

    larme d’âme
    fuyant les rêves
    il sursaute et se met en rond
    cherchant l’issue
    d’un labyrinthe étoilé

    comme un phare de mirador
    la lumière implacable
    éblouit ta mémoire
    la forçant à renaître
    diffractée

    dans ses prismes éclatés
    la voici qui raconte
    une nouvelle histoire
    à tiroirs
    où tu te perds

    alors désemparé
    ne sachant plus qui tu es
    tu frémis
    et si la pluie revenait
    tu pleurerais

    Texte de Luc Fayard, illustré par quatre artistes contemporains.: Jadé Fadojutimi, Dhara Hughes, Tomma Abts, Marina Rheingantz

    NdlR : tableaux que l’IA est allée chercher pour me les proposer (après qu’elle ai lu le poème) et validés par moi. Je lui ai demandé de trouver des œuvres qui illustrent bien mon poème, en justifiant son choix. Les explications étaient assez convaincantes. Seule autre consigne : trouver des artistes pas encore publiés dans Amavero. Et pour une fois, j’ai pensé qu’elle avait bien choisi. C’est loin d’être toujours le cas quand je formule une demande aussi générale. La plupart du temps, quand je cherche des illustrations pour un texte, je choisis un process plus sûr basé sur un matching des mots-clés du texte (proposés par l’IA après lecture et validés par moi) et ceux de la formidable bases de mots descriptifs de contenu et de contexte que j’ai fait mettre par l’IA , après de très longues discussions sémantiques et lexicales, sur chacune des 9 000 œuvres de cette galerie exceptionnelle d’art contemporain qu’est Nicole’s Museum.

    Voir mon explication détaillée de ce process


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  • Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

    Je ne décrirai donc pas un tableau de Van Gogh après Van Gogh, mais je dirai que Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature, qu’il l’a comme retranspirée et fait suer, qu’il a fait gicler en faisceaux sur ses toiles, en gerbes comme monumentales de couleurs, le séculaire concassement d’éléments, l’épouvantable pression élémentaire d’apostrophes, de stries, de virgules, de barres dont on ne peut plus croire après lui que les aspects naturels ne soient faits.

    Et de combien de coudoiements réprimés, de heurts oculaires pris sur le vif, de cillements pris dans le motif, les courants lumineux des forces qui travaillent la réalité ont-ils eu à renverser le barrage avant d’être enfin refoulés, et comme hissés sur la toile, et acceptés ?

    Il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de visions, pas d’hallucinations.

    C’est de la vérité torride d’un soleil de deux heures de l’après-midi.

    Un lent cauchemar génésique petit à petit élucidé. Sans cauchemar et sans effet.

    Mais la souffrance du prénatal y est.

    C’est le luisant mouillé d’un herbage, de la tige d’un plant de blé qui est là prêt à être extradé.

    Et dont la nature un jour rendra compte.

    Comme la société aussi rendra compte de sa mort prématurée.

    Un plant de blé sous le vent incliné, avec au-dessus les ailes d’un seul oiseau en virgule posé, quel est le peintre, qui ne serait pas strictement peintre, qui aurait pu avoir comme Van Gogh l’audace de s’attaquer à un sujet d’une aussi désarmante simplicité ?

    Non, il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de drame, pas de sujet et je dirai même pas d’objet, car le motif lui-même qu’est-ce que c’est ?

    Sinon quelque chose comme l’ombre de fer du motet d’une inénarrable musique antique, comme le leitmotiv d’un thème désespéré de son propre sujet.

    C’est de la nature nue et pure vue, telle qu’elle se révèle, quand on sait l’approcher d’assez près.

    Témoin ce paysage d’or fondu, de bronze cuit dans l’ancienne Égypte, où un énorme soleil s’appuie sur des toits si croulants de lumière qu’ils en sont comme en décomposition.

    Et je ne connais pas de peinture apocalyptique, hiéroglyphique, fantomatique ou pathétique qui me donne, à moi, cette sensation d’occulte étranglée, de cadavre d’un hermétisme inutile, tête ouverte, et qui rendrait sur le billot son secret.

    Je ne pense pas ce disant au Père Tranquille, ou à cette funambulesque allée d’automne où passe, en dernier, un vieil homme courbé avec un parapluie à sa manche accroché, comme le crochet d’un chiffonnier.

    Je repense à ses corbeaux aux ailes d’un noir de truffes lustrées.

    Je repense à son champ de blé : tête d’épi sur tête d’épi, et tout est dit,

    avec, devant, quelques petites têtes de coquelicots doucement semés, âcrement et nerveusement appliqués là, et clairsemés, sciemment et rageusement ponctués et déchiquetés.

    Seule la vie sait offrir ainsi des dénudations épidermiques qui parlent sous une chemise déboutonnée, et on ne sait pourquoi le regard incline à gauche plutôt qu’à droite, vers le monticule de chair frisée.

    Mais c’est ainsi et c’est un fait. Mais c’est ainsi et cela est fait.

    Occulte aussi sa chambre à coucher, si adorablement paysanne et semée comme d’une odeur à confire les blés qu’on voit frémir dans le paysage, au loin, derrière la fenêtre qui les cacherait.

    Paysanne aussi, la couleur du vieil édredon, d’un rouge de moule, d’oursin, de crevette, de rouget du Midi, d’un rouge de piment roussi.

    Et ce fut sûrement de la faute de van Gogh si la couleur de l’édredon de son lit fut dans le réel si réussie, et je ne vois pas quel est le tisseur qui aurait pu en transplanter l’inénarrable trempe, comme Van Gogh sut transborder du fond de son cerveau sur sa toile le rouge de cet inénarrable enduit.

    Et je ne sais pas combien de prêtres criminels rêvant dans la tête de leur soi-disant Saint-Esprit, l’or ocreux, le bleu infini d’une verrière à leur gouge « Marie », ont su isoler dans l’air, extraire des niches narquoises de l’air, ces cou- leurs à la bonne franquette qui sont tout un événement, où chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu’un événement.

    Une fois, ça donne une chambre proprette, mais d’un tain de baume ou d’arôme qu’aucun bénédictin ne saura plus retrouver pour amener à point ses alcools de santé.

    Une autre fois ça donne une simple meule par un énorme soleil écrasée.

    Cette chambre faisait penser au Grand Œuvre avec son mur blanc de perles claires, sur lequel une serviette de toilette rugueuse pend comme un vieux gri-gri paysan, inapprochable et réconfortant.

    Il y a de ces blancs de craie légers qui sont pires que d’anciens supplices, et jamais comme dans cette toile, le vieux scrupule opératoire du pauvre grand van Gogh n’apparaît.

    Car c’est bien cela tout Van Gogh, l’unique scrupule de la touche sourdement et pathétiquement appliquée. La couleur roturière des choses, mais si juste, si amoureusement juste qu’il n’y a pas de pierres précieuses qui puissent atteindre à sa rareté.

    Antonin Artaud — Van Gogh le suicidé de la société, Œuvres complètes, Éditions Gallimard, tome XIII Littérature et Poésie @super fans

    Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

  • Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

    c’est au printemps que je tombe, quand il n’y a nulle part pour le sombre, ni le ciel ni les conversations. dans l’illusion des choses qui s’adoucissent, je vois plutôt les duretés qui perdurent, et ce qui ne me concerne pas me chavire.
    j’ai vu des gens qui portaient des uniformes humiliants et d’autres à qui on criait des bêtises, j’ai vu des gens qui venaient de perdre leur amour et d’autres leur candeur et bien que ces drames nétaient pas les miens, ils mont renversée.
    le reste de l’année ce que je croise ne m’assaille pas toujours, mais au printemps on croirait qu’il n’y a plus de seuil entre ce que je suis et ce qui m’entoure.
    alors quand sortir devient hasardeux – quand sortir porte la promesse de nouvelles cruautés – je reste chez moi et j’attends en pensant aux villes assiégées.

    Camille Readman Prud’homme. quand je ne dis rien je pense encore (2021)

    Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

  • Modèle d’un jour : Sylvie C.

    Modèle d’un jour : Sylvie C.

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  • Pablo Picasso – Suite d’animaux au trait (1941)

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  • Henri Le Sidaner : La Table bleue (1923)

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025