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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • Saint-John Perse : Puis ces mouches (Éloges III)

    … Puis ces mouches, cette sorte de mouches, et le dernier étage du jardin… On appelle. J’irai… Je parle dans l’estime.
    — Sinon l’enfance, qu’y avait-il alors qu’il n’y a plus ?
    Plaines ! Pentes ! Il y
    (suite…)


  • Gibran (Khalil) : La Voix de l’Éternelle Sagesse

    Quand nous aimons, notre amour n’est ni de nous ni pour nous. Quand nous nous réjouissons, la joie n’est pas en nous, elle participe de la vie même. Quand nous souffrons, la souffrance ne réside pas en nos blessures, elle est au coeur même de la nature…
    (suite…)


  • appel du vent

    quand le vent des arbres et des champs
    glissant par la fenêtre ouverte
    se frotte à toi sans préambule
    quand les mésanges piaillent
    sous la bourrasque ébouriffante
    quand le ciel te salue solennel
    dans un nuage de feuilles alanguies
    mourant en jouant
    alors fou d’amour et d’orgueil
    tu rêves d’union aux forces vivantes
    tu embrasses l’air bourru
    dans les hauteurs paresseuses
    tu voudrais que l’esprit
    expire un souffle vert
    tu serais cet oiseau décidé
    qui rit sans savoir où il va

    mais la caresse a fui
    virgule distraite
    la nature immobile se tait
    tout n’est plus que décor
    en soupirant tu fermes la fenêtre
    une fois de plus lourd indécis
    tu ne t’es pas envolé

    il aurait pourtant suffi d’une inflexion
    suivre le sillon d’une larme
    guetter l’effluve à paraître 
    sur la nervure cambrée d’un tourbillon vivant
    tendre les bras vers le ciel aspirant

    mais qui sait un jour peut-être
    tu ne resteras pas insensible à l’appel du vent


  • brise écaillles et ribambelles

    la brise frise la mer qui se meurt
    sur les rocs noirs habillés d’écailles
    les algues longues et vertes s’affalent
    couvrant des ribambelles de sable gris

    brins en tas grains mouillés qui s’étalent
    dessinant des taches brunes et ocres
    la pluie luit sur la vase rase
    vide au premier coup d’oeil
    si peuplée quand la mer l’abandonne

    ce pays d’eau de bas en haut
    baigne de lames désarmées
    mes larmes d’enfance dense
    le regret croit quand le souvenir gît
    l’avenir fuit devant la nostalgie


  • vieux amis

    immuables rochers battus par la mer des ans
    vaillants rocs ridés ils se taisent souvent
    indifférents au vent chahuteur
    l’œil bienveillant comme une invitation
    ils partagent l’implicite sans évocation

    chacun sa voie et toujours ce même plaisir
    se retrouver sans se chercher se quitter sans se perdre
    ils sont plus forts que l’amour plus indulgents
    ici on pardonne volontiers ou alors on oublie

    les vieux amis n’ont plus rien à se prouver
    mais ils peuvent encore s’étonner
    comme surprennent parfois
    a lumière sur un nuage
    une mélodie en la mineur
    la dentelle du brouillard nappant les champs
    le sourire volé d’une rencontre fugitive
    un cri de joie déchirant l’air

    un cœur serein est à l’affût
    tellement prêt à écouter
    que plus rien n’est à inventer
    des ajustements tout au plus
    quelques détours à empocher

    jamais de silences plus chauds
    battements du cœur plus profonds
    doux moments intimes plus longs
    à boire et chanter hisser haut

    on peut se battre à perdre haleine
    et tout oublier dans un rire
    quand vient le hoquet fuit la haine
    on se dit tout dans un sourire

    ne mourant pas comme l’amour
    les vieux amis seront un jour
    dans l’infini beauté des choses
    là où les anges font la pose

    quelque part dans l’azur bleuté
    flotte le jardin des amis
    c’est bien mieux que le paradis
    et surtout bien moins fréquenté


Dernières publications d’art et de poésie

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  • Ajouts d’œuvres d’art contemporain (Galerie 1)

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  • Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

    Je ne décrirai donc pas un tableau de Van Gogh après Van Gogh, mais je dirai que Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature, qu’il l’a comme retranspirée et fait suer, qu’il a fait gicler en faisceaux sur ses toiles, en gerbes comme monumentales de couleurs, le séculaire concassement d’éléments, l’épouvantable pression élémentaire d’apostrophes, de stries, de virgules, de barres dont on ne peut plus croire après lui que les aspects naturels ne soient faits.

    Et de combien de coudoiements réprimés, de heurts oculaires pris sur le vif, de cillements pris dans le motif, les courants lumineux des forces qui travaillent la réalité ont-ils eu à renverser le barrage avant d’être enfin refoulés, et comme hissés sur la toile, et acceptés ?

    Il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de visions, pas d’hallucinations.

    C’est de la vérité torride d’un soleil de deux heures de l’après-midi.

    Un lent cauchemar génésique petit à petit élucidé. Sans cauchemar et sans effet.

    Mais la souffrance du prénatal y est.

    C’est le luisant mouillé d’un herbage, de la tige d’un plant de blé qui est là prêt à être extradé.

    Et dont la nature un jour rendra compte.

    Comme la société aussi rendra compte de sa mort prématurée.

    Un plant de blé sous le vent incliné, avec au-dessus les ailes d’un seul oiseau en virgule posé, quel est le peintre, qui ne serait pas strictement peintre, qui aurait pu avoir comme Van Gogh l’audace de s’attaquer à un sujet d’une aussi désarmante simplicité ?

    Non, il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de drame, pas de sujet et je dirai même pas d’objet, car le motif lui-même qu’est-ce que c’est ?

    Sinon quelque chose comme l’ombre de fer du motet d’une inénarrable musique antique, comme le leitmotiv d’un thème désespéré de son propre sujet.

    C’est de la nature nue et pure vue, telle qu’elle se révèle, quand on sait l’approcher d’assez près.

    Témoin ce paysage d’or fondu, de bronze cuit dans l’ancienne Égypte, où un énorme soleil s’appuie sur des toits si croulants de lumière qu’ils en sont comme en décomposition.

    Et je ne connais pas de peinture apocalyptique, hiéroglyphique, fantomatique ou pathétique qui me donne, à moi, cette sensation d’occulte étranglée, de cadavre d’un hermétisme inutile, tête ouverte, et qui rendrait sur le billot son secret.

    Je ne pense pas ce disant au Père Tranquille, ou à cette funambulesque allée d’automne où passe, en dernier, un vieil homme courbé avec un parapluie à sa manche accroché, comme le crochet d’un chiffonnier.

    Je repense à ses corbeaux aux ailes d’un noir de truffes lustrées.

    Je repense à son champ de blé : tête d’épi sur tête d’épi, et tout est dit,

    avec, devant, quelques petites têtes de coquelicots doucement semés, âcrement et nerveusement appliqués là, et clairsemés, sciemment et rageusement ponctués et déchiquetés.

    Seule la vie sait offrir ainsi des dénudations épidermiques qui parlent sous une chemise déboutonnée, et on ne sait pourquoi le regard incline à gauche plutôt qu’à droite, vers le monticule de chair frisée.

    Mais c’est ainsi et c’est un fait. Mais c’est ainsi et cela est fait.

    Occulte aussi sa chambre à coucher, si adorablement paysanne et semée comme d’une odeur à confire les blés qu’on voit frémir dans le paysage, au loin, derrière la fenêtre qui les cacherait.

    Paysanne aussi, la couleur du vieil édredon, d’un rouge de moule, d’oursin, de crevette, de rouget du Midi, d’un rouge de piment roussi.

    Et ce fut sûrement de la faute de van Gogh si la couleur de l’édredon de son lit fut dans le réel si réussie, et je ne vois pas quel est le tisseur qui aurait pu en transplanter l’inénarrable trempe, comme Van Gogh sut transborder du fond de son cerveau sur sa toile le rouge de cet inénarrable enduit.

    Et je ne sais pas combien de prêtres criminels rêvant dans la tête de leur soi-disant Saint-Esprit, l’or ocreux, le bleu infini d’une verrière à leur gouge « Marie », ont su isoler dans l’air, extraire des niches narquoises de l’air, ces cou- leurs à la bonne franquette qui sont tout un événement, où chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu’un événement.

    Une fois, ça donne une chambre proprette, mais d’un tain de baume ou d’arôme qu’aucun bénédictin ne saura plus retrouver pour amener à point ses alcools de santé.

    Une autre fois ça donne une simple meule par un énorme soleil écrasée.

    Cette chambre faisait penser au Grand Œuvre avec son mur blanc de perles claires, sur lequel une serviette de toilette rugueuse pend comme un vieux gri-gri paysan, inapprochable et réconfortant.

    Il y a de ces blancs de craie légers qui sont pires que d’anciens supplices, et jamais comme dans cette toile, le vieux scrupule opératoire du pauvre grand van Gogh n’apparaît.

    Car c’est bien cela tout Van Gogh, l’unique scrupule de la touche sourdement et pathétiquement appliquée. La couleur roturière des choses, mais si juste, si amoureusement juste qu’il n’y a pas de pierres précieuses qui puissent atteindre à sa rareté.

    Antonin Artaud — Van Gogh le suicidé de la société, Œuvres complètes, Éditions Gallimard, tome XIII Littérature et Poésie @super fans

    Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

  • Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

    c’est au printemps que je tombe, quand il n’y a nulle part pour le sombre, ni le ciel ni les conversations. dans l’illusion des choses qui s’adoucissent, je vois plutôt les duretés qui perdurent, et ce qui ne me concerne pas me chavire.
    j’ai vu des gens qui portaient des uniformes humiliants et d’autres à qui on criait des bêtises, j’ai vu des gens qui venaient de perdre leur amour et d’autres leur candeur et bien que ces drames nétaient pas les miens, ils mont renversée.
    le reste de l’année ce que je croise ne m’assaille pas toujours, mais au printemps on croirait qu’il n’y a plus de seuil entre ce que je suis et ce qui m’entoure.
    alors quand sortir devient hasardeux – quand sortir porte la promesse de nouvelles cruautés – je reste chez moi et j’attends en pensant aux villes assiégées.

    Camille Readman Prud’homme. quand je ne dis rien je pense encore (2021)

    Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025