Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
© Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations, aux auteurs pour les textes.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 458 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
D’après les calculs d’Albert Einstein, si on court autour d’un arbre à plus de 298 km/h, il y a une grande probabilité qu’on se sodomise… Lire


  • passant

    j’aime la ville la nuit
    après la pluie
    ses lumières
    brillent
    dans le noir
    pour éclairer
    la pénombre
    des destins
    je suis un passant
    marchant sans fin
    vers une rencontre

    inspiré par le tableau de Cécile Gonne Victoria La ville la nuit


  • mourir un peu

    mourir un peu pour savoir
    et revenir et le dire
    la vie est belle 
    partir ne me fait pas peur
    j’en aurais même envie d’une certaine façon
    je meurs de ne pas savoir ce qu’il y a derrière tout cela
    au-delà de l’agitation de lumière et d’espoir
    d’ombres et de souffrances

    quand tout se taira n’y aura-t-il que le noir
    je ne peux le croire
    si ce néant est la réponse et que je le sache
    à quoi bon vivre
    si le noir nous attend en sortant du labyrinthe muré
    pourquoi continuer à s’affairer
    à quoi bon rester

    au contraire si tel est mon désir
    rien ne sera jamais plus beau que d’y être
    autant y aller sans attendre
    je n’ai aucune envie de mourir
    mais j’aimerais tant savoir

    le soleil se perd dans la mer de nuages
    sans me donner la réponse

    il me faudra mourir pour savoir
    je ne veux pas que ce soit définitif
    juste mourir un peu
    pas longtemps
    juste le temps de savoir

    je suppose qu’on le sait tout de suite
    fulgurance de l’évidence absolue
    tout le monde parle de la lumière blanche 
    au bout du tunnel
    je veux aller voir derrière elle

    et puis revenir bien sûr
    parce que la vie est belle 
    parait-il
    la vie est la vie
    elle ne se remplace pas

    si c’est ce que je crois
    je regretterai de ne pas y rester
    ayant goûté expérimentalement au paradis
    j’aurai peur de ne pouvoir y revenir
    et je vivrai dans cette douloureuse attente
    cette effroyable incertitude

    le noir c’est plus simple
    aucune envie d’y revenir
    plus jamais envie de mourir basta

    et le jour où je mourrai vraiment
    définitivement
    s’il me reste un peu de conscience
    je me dirai bon c’est fini
    j’ai bien vécu et voilà tout

    bon je préfère ne pas savoir
    mais j’aimerais tant


  • interdit négatif

    pelouse interdite
    parking réservé
    défense de traverser
    le sens obligatoire 

    est négatif
    est-cela la liberté
    faire tout sauf 

    défense d’entrer
    c’est marrant on ne dit jamais
    défense de sortir

    le jour où on le dira
    ce sera la guerre dehors

    défense d’uriner
    de penser peut-être
    défense d’aimer
    d’être heureux

    je veux embrasser toute herbe défendue
    et courir à contre-sens
    je veux sourire et crier en même temps

    rire intelligemment
    ne vous inquiétez pas
    j’ai besoin du regard des autres pour exister
    esse est percipi
    je peux être conforme
    un peu
    mais je veux être libre
    surtout
    libre de respirer la folie des autres
    l’insoutenable petite folie 
    persistante
    dans tout être aimant

  • respiration

    je respire jour et nuit
    à pleine âme
    le ciel qui s’unit à l’océan
    la caresse sifflante du vent dans les voiles
    la lumière bruissante du sillage des planctons
    réceptacle je respire les éléments en fusion
    mystérieux le cerne d’un feu lointain
    solitaire le bonjour d’une frégate nerveuse
    drapé le silence du paysage
    étoilée la nuit de cinéma
    blanche et grise l’aube rose et bleue
    plus belle ici qu’ailleurs
    tout converge vers moi spectateur ébloui
    passager nomade éphémère de la mer
    j’y respire un air plus fort que la vie


  • perle et roule

    la mer perle
    la houle roule
    le soleil en veille
    la lune en hune
    le ciel s’éveille
    le vent se tend
    la voile s’étoile
    la barque se nacre
    le sillage en nage
    le mât étend son bras
    le hauban fait dang dang
    et mon cœur boum boum


Dernières publications d’art et de poésie

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

    Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

    Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

  • Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

    Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

  • Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

    Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

  • Giotto – Dante dans les rangs des élus du paradis (1330)

    Giotto – Dante dans les rangs des élus du paradis (1330)

  • Kiyo Hasegawa – L’effervescence XII (2026)

    Kiyo Hasegawa – L’effervescence XII (2026)

  • Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

    Monde bleu pâle comme jusquiame,
    Monde bleu pâle dans le soir entré.
    Avec toi rien que celui et celle,
    Et rien que ceux qui sont fidèles.
    Crois ou ne crois pas en eux – 
    Ils vivent comme ils boivent,
    Vivent et attendent tout seuls,
    Eux-mêmes forgent eux-mêmes.
    Et puis – qui es-tu, tu es quoi ? – 
    Et puis – qui vas-tu devenir ? –
    C’est bien égal : philosophe
    Ou le berger d’un troupeau.
    C’est égal. Sans importance.
    Tu vis – eh bien vis ! ça suffit.
    Car il y a les étoiles en haut,
    Il y a le ciel entré dans le soir
    Il y a le seuil, bas comme le péché,
    Et toi, fidèle à toi seulement.

    Vasyl Stus – Palimpsestes. Poésie et lettres du Goulag (première édition en Allemagne en 1986, première édition française en 2026, 40 ans après, bravo les éditeurs français!)

    Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

  • Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

    Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

  • Erich Fromm : L’homme moderne a perdu contact avec lui-même

    L’homme moderne a perdu contact avec lui-même, avec autrui et avec la nature. Transformé en marchandise, il éprouve ses forces vitales comme un investissement dont il doit tirer le maximum du profit possible en rapport avec les conditions du marché. Les rapports humains sont essentiellement des rapports entre automates aliénés, chacun assurant sa sécurité en s’efforçant de rester proche de la foule et de ne pas s’en distinguer en pensée, sentiment ou action. Dès lors, chacun reste absolument seul, en proie à l’insécurité, l’angoisse et la culpabilité, tous sentiments inéluctables lorsque l’on ne parvient pas à surmonter la solitude humaine…
    …Dans la société capitaliste contemporaine, la signification de l’égalité s’est transformée. Par égalité on se réfère à une égalité d’automates ; d’hommes qui ont perdu leur individualité. Aujourd’hui, égalité signifie « similitude » plutôt que « singularité ». C’est une similitude d’abstractions, d’hommes qui exécutent les mêmes travaux, qui s’adonnent aux mêmes loisirs, qui lisent les mêmes journaux, qui nourrissent les mêmes sentiments et les mêmes idées.

    Erich Fromm – Extraits de « L’art d’aimer »

    Erich Fromm : L’homme moderne a perdu contact avec lui-même

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025