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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • boule

    Sophie Pechère – Place des Lys

    une boule de pétanque
    c’est beau c’est lourd
    vieille et cabossée
    elle brille davantage
    car elle est
    présent et passé
    une dans chaque main
    le plus bel équilibre
    quand le joueur la lance
    son corps son âme
    s’envolent avec elle
    en l’air tous les souffles
    sont suspendus
    le temps aussi
    et quand elle retombe…

    Texte de Luc Fayard inspiré par Place des Lys, de Sophie Pechère


  • herbe et terre

    Sandrine Jarrosson – La Vallée joyeuse

    herbe et terre
    avant après
    joie des jours heureux
    grisaille d’autres temps
    et comme une vague de fond
    qui nous fait progresser
    corps et âme
    sans regrets
    quête proche et lointaine
    difficile et évidente
    peu importe
    c’est le chemin qui compte
    bonheur bonheur
    de le parcourir

    Texte de Luc Fayard inspiré par La vallée joyeuse, par Sandrine Jarrosson


  • rêve rouge

    Christine Robion – Rêve rouge

    cette nuit-là
    le rêve fut rouge
    c’est rare
    un rêve en couleurs
    d’habitude ils sont gris
    mais cette nuit-là
    il était rouge
    comme le sang
    il roulait à toute vitesse
    avec un bonnet d’âne
    ses roues de bulldozer
    écrasaient tout le monde
    ça criait partout
    et dans la fureur c’est là
    que je me suis réveillé

    Texte de Luc Fayard inspiré par Enfance rouge, de Christine Robion


  • pluie rouge

    la pluie rouge tomba sur la ville
    honteuse la mer partit se cacher
    emportant avec elle les poissons affolés
    les maisons blanches tremblaient de peur
    puis un cri vibrant jaillit de la cote
    déclamant aux gens perdus
    creusez loin cherchez au-delà de l’illusion
    née du cauchemar des hommes
    vivez le présent et ses cadeaux
    le sourire revint sur les quais
    et le monde finit par s’habituer
    à ces nouvelles couleurs
    qui rendaient la vie plus joyeuse

    Image Dall.e pour illustrer le poème « pluie rouge »


    Texte de Luc Fayard, illustré par l’IA


  • halo qui luit

    peu à peu la nuit se pare de noir et brume
    s’emmitouflant dans un manteau d’ouate infernale
    aux teintes bleuies de zinc rocher d’araignée
    l’horizon gris s’enterre dans un brouillard sale
    abritant un labyrinthe d’inimitiés
    le ciel en pleurs se lie à la terre qui fume 

    désemparée par ce règne nu
    où les couleurs de la vie se diluent
    l’âme gémit désorientée
    pleurant les mots refoulés
    les émotions perdues
    les sourires reclus
    les sentiers lumineux qui se sont éteints
    les paysages qu’elle n’aura jamais peints

    elle fait plus que pleurer serpillière
    elle se tord de douleur la sorcière
    s’arrachant des tonnes de vies ratées
    les murs de la nuit noire se recréent

    dans le froid sombre comme une pieuvre qui hurle
    où tout se tait
    où rien ne plait
    furtif un mouvement esquisse une virgule
    ridicule
    derrière son halo bleuté
    la lune tente une épopée
    incertaine

    uniforme trouée de grisaille ironique
    le cercle mal dessiné
    s’élève péniblement sur les hommes
    pour que l’âme s’accroche
    sans la moindre anicroche

    je discerne là-bas une lueur moirée
    cible vacillante qui ne veut pas mourir
    étendard de révolte à la fin du soupir
    que je pourrai enfin brandir pour espérer

    le halo qui luit met le holà à ma nuit

    Image Dall.e pour illustrer le poème « halo qui luit »


    Texte de Luc Fayard illustré par l’IA


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  • Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

    Je ne décrirai donc pas un tableau de Van Gogh après Van Gogh, mais je dirai que Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature, qu’il l’a comme retranspirée et fait suer, qu’il a fait gicler en faisceaux sur ses toiles, en gerbes comme monumentales de couleurs, le séculaire concassement d’éléments, l’épouvantable pression élémentaire d’apostrophes, de stries, de virgules, de barres dont on ne peut plus croire après lui que les aspects naturels ne soient faits.

    Et de combien de coudoiements réprimés, de heurts oculaires pris sur le vif, de cillements pris dans le motif, les courants lumineux des forces qui travaillent la réalité ont-ils eu à renverser le barrage avant d’être enfin refoulés, et comme hissés sur la toile, et acceptés ?

    Il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de visions, pas d’hallucinations.

    C’est de la vérité torride d’un soleil de deux heures de l’après-midi.

    Un lent cauchemar génésique petit à petit élucidé. Sans cauchemar et sans effet.

    Mais la souffrance du prénatal y est.

    C’est le luisant mouillé d’un herbage, de la tige d’un plant de blé qui est là prêt à être extradé.

    Et dont la nature un jour rendra compte.

    Comme la société aussi rendra compte de sa mort prématurée.

    Un plant de blé sous le vent incliné, avec au-dessus les ailes d’un seul oiseau en virgule posé, quel est le peintre, qui ne serait pas strictement peintre, qui aurait pu avoir comme Van Gogh l’audace de s’attaquer à un sujet d’une aussi désarmante simplicité ?

    Non, il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de drame, pas de sujet et je dirai même pas d’objet, car le motif lui-même qu’est-ce que c’est ?

    Sinon quelque chose comme l’ombre de fer du motet d’une inénarrable musique antique, comme le leitmotiv d’un thème désespéré de son propre sujet.

    C’est de la nature nue et pure vue, telle qu’elle se révèle, quand on sait l’approcher d’assez près.

    Témoin ce paysage d’or fondu, de bronze cuit dans l’ancienne Égypte, où un énorme soleil s’appuie sur des toits si croulants de lumière qu’ils en sont comme en décomposition.

    Et je ne connais pas de peinture apocalyptique, hiéroglyphique, fantomatique ou pathétique qui me donne, à moi, cette sensation d’occulte étranglée, de cadavre d’un hermétisme inutile, tête ouverte, et qui rendrait sur le billot son secret.

    Je ne pense pas ce disant au Père Tranquille, ou à cette funambulesque allée d’automne où passe, en dernier, un vieil homme courbé avec un parapluie à sa manche accroché, comme le crochet d’un chiffonnier.

    Je repense à ses corbeaux aux ailes d’un noir de truffes lustrées.

    Je repense à son champ de blé : tête d’épi sur tête d’épi, et tout est dit,

    avec, devant, quelques petites têtes de coquelicots doucement semés, âcrement et nerveusement appliqués là, et clairsemés, sciemment et rageusement ponctués et déchiquetés.

    Seule la vie sait offrir ainsi des dénudations épidermiques qui parlent sous une chemise déboutonnée, et on ne sait pourquoi le regard incline à gauche plutôt qu’à droite, vers le monticule de chair frisée.

    Mais c’est ainsi et c’est un fait. Mais c’est ainsi et cela est fait.

    Occulte aussi sa chambre à coucher, si adorablement paysanne et semée comme d’une odeur à confire les blés qu’on voit frémir dans le paysage, au loin, derrière la fenêtre qui les cacherait.

    Paysanne aussi, la couleur du vieil édredon, d’un rouge de moule, d’oursin, de crevette, de rouget du Midi, d’un rouge de piment roussi.

    Et ce fut sûrement de la faute de van Gogh si la couleur de l’édredon de son lit fut dans le réel si réussie, et je ne vois pas quel est le tisseur qui aurait pu en transplanter l’inénarrable trempe, comme Van Gogh sut transborder du fond de son cerveau sur sa toile le rouge de cet inénarrable enduit.

    Et je ne sais pas combien de prêtres criminels rêvant dans la tête de leur soi-disant Saint-Esprit, l’or ocreux, le bleu infini d’une verrière à leur gouge « Marie », ont su isoler dans l’air, extraire des niches narquoises de l’air, ces cou- leurs à la bonne franquette qui sont tout un événement, où chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu’un événement.

    Une fois, ça donne une chambre proprette, mais d’un tain de baume ou d’arôme qu’aucun bénédictin ne saura plus retrouver pour amener à point ses alcools de santé.

    Une autre fois ça donne une simple meule par un énorme soleil écrasée.

    Cette chambre faisait penser au Grand Œuvre avec son mur blanc de perles claires, sur lequel une serviette de toilette rugueuse pend comme un vieux gri-gri paysan, inapprochable et réconfortant.

    Il y a de ces blancs de craie légers qui sont pires que d’anciens supplices, et jamais comme dans cette toile, le vieux scrupule opératoire du pauvre grand van Gogh n’apparaît.

    Car c’est bien cela tout Van Gogh, l’unique scrupule de la touche sourdement et pathétiquement appliquée. La couleur roturière des choses, mais si juste, si amoureusement juste qu’il n’y a pas de pierres précieuses qui puissent atteindre à sa rareté.

    Antonin Artaud — Van Gogh le suicidé de la société, Œuvres complètes, Éditions Gallimard, tome XIII Littérature et Poésie @super fans

    Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

  • Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

    c’est au printemps que je tombe, quand il n’y a nulle part pour le sombre, ni le ciel ni les conversations. dans l’illusion des choses qui s’adoucissent, je vois plutôt les duretés qui perdurent, et ce qui ne me concerne pas me chavire.
    j’ai vu des gens qui portaient des uniformes humiliants et d’autres à qui on criait des bêtises, j’ai vu des gens qui venaient de perdre leur amour et d’autres leur candeur et bien que ces drames nétaient pas les miens, ils mont renversée.
    le reste de l’année ce que je croise ne m’assaille pas toujours, mais au printemps on croirait qu’il n’y a plus de seuil entre ce que je suis et ce qui m’entoure.
    alors quand sortir devient hasardeux – quand sortir porte la promesse de nouvelles cruautés – je reste chez moi et j’attends en pensant aux villes assiégées.

    Camille Readman Prud’homme. quand je ne dis rien je pense encore (2021)

    Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

  • Modèle d’un jour : Sylvie C.

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025