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Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • sensualité

    Ernest Hébert – Comtesse Audouin de Dampierre, née Marie-Joséphine Fouache d’Halloy (1863)

    imaginaire
    de la sensualité
    d’emblée
    sans la connaître
    on est attiré par elle
    la femme en noir
    dans les yeux
    le sourire
    elle porte
    sa vie cachée
    et comme un regret
    un fond de tristesse
    ses fins doigts
    de pianiste
    la langueur du poignet
    en disent long
    sur ses désirs
    peut-être a-t-elle lu
    Madame Bovary


    Texte de Luc Fayard, inspiré du tableau d’ Ernest Hébert : Comtesse Audouin de Dampierre


  • passion

    Pierre-Auguste Renoir – La Liseuse (1875)

    absorbée par sa lecture
    yeux baissés teint frais
    chignon rapidement fait
    joues rougies par l’émotion
    la lectrice est pressée
    d’empoigner son livre
    on aimerait savoir
    ce qu’il raconte
    histoire d’amour
    ou poésie
    Romances sans paroles
    vient de paraître
    peut-être lit-elle Verlaine
    poète impressionniste
    de l’extase langoureuse


    Texte de Luc Fayard, inspiré de : 
    Pierre-Auguste Renoir
    Limoges 1841 – Cagnes-sur-Mer 1919
    La Liseuse
    1874-1876

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
    COMMANDER LE LIVRE


  • le poète est un rat

    le poète est un rat
    terré dans ses mots
    obsédé de visions
    rongeur de sens troué

    son âme torturée
    s’effraie du moindre bruit
    qui deviendrait une musique
    plus belle que la sienne

    dans son terrier
    sale et sombre
    il pond jaloux
    ses mots fantômes

    mots égarés
    poule devenue folle
    couvant toute la nuit
    des œufs de serpent

    il n’écoute que le bruit
    de son cœur excité
    qui lui dresse un rempart
    fatal à la réalité

    la vie s’écoule
    en-dehors de lui
    jamais ses mots
    ne la rattraperont

    toujours grognant
    il râcle le papier
    comme un chien
    renifle la bouse

    jamais la rose
    n’y fleurira
    juste des ronces
    et des orties

    il aura beau
    les retailler jour et nuit
    elles le gratteront
    toute sa vie

    Image Dall.e pour illustrer le poème « le poète est un rat »

    Texte de Luc Fayard illustré par l’IA


  • terminus

    étrange destin
    pour l’homme
    approcher de la fin
    sans le vouloir
    pas après pas
    marche inéluctable
    au rythme du cœur
    horloge atomique
    au décompte inlassable
    chaque pulsation
    est un trait de plus
    gravé sur l’arbre de vie
    par l’assassin comptable
    des jours achevés
    c’est un train direct
    sans le moindre arrêt
    objectif terminus
    durée du trajet
    indéterminée
    pour tous
    les grands
    les minus
    les sereins
    les atrophiés
    galériens enchaînés
    obligés de ramer
    vers l’inconnu
    et sa seule certitude
    le jour de l’arrêt
    à la station néant
    il fera noir
    pour toujours

    Image créée par Dall.e pour illustrer le poème « terminus » de Luc Fayard

    Texte de Luc Fayard illustré par l’IA. Voir une autre mise en scène avec un tableau contemporain dans Galerie d’art contemporain


  • être et matière

    Pascale Catoire – Manechs (sculpture)

    l’être et la matière
    se ressemblent
    tellement
    qui est vivant
    qui bouge vraiment
    où est la réalité
    peut-être la trouvera-t-on
    d’abord et surtout
    dans notre esprit
    sensible à la création
    dans notre vision
    d’un monde capable
    d’accueillir en son sein
    une éternité statufiée
    plus vraie que la vie

    Texte de Luc Fayard inspiré par Manechs, de Pascale Catoire (sculptures)


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  • Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

    Je ne décrirai donc pas un tableau de Van Gogh après Van Gogh, mais je dirai que Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature, qu’il l’a comme retranspirée et fait suer, qu’il a fait gicler en faisceaux sur ses toiles, en gerbes comme monumentales de couleurs, le séculaire concassement d’éléments, l’épouvantable pression élémentaire d’apostrophes, de stries, de virgules, de barres dont on ne peut plus croire après lui que les aspects naturels ne soient faits.

    Et de combien de coudoiements réprimés, de heurts oculaires pris sur le vif, de cillements pris dans le motif, les courants lumineux des forces qui travaillent la réalité ont-ils eu à renverser le barrage avant d’être enfin refoulés, et comme hissés sur la toile, et acceptés ?

    Il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de visions, pas d’hallucinations.

    C’est de la vérité torride d’un soleil de deux heures de l’après-midi.

    Un lent cauchemar génésique petit à petit élucidé. Sans cauchemar et sans effet.

    Mais la souffrance du prénatal y est.

    C’est le luisant mouillé d’un herbage, de la tige d’un plant de blé qui est là prêt à être extradé.

    Et dont la nature un jour rendra compte.

    Comme la société aussi rendra compte de sa mort prématurée.

    Un plant de blé sous le vent incliné, avec au-dessus les ailes d’un seul oiseau en virgule posé, quel est le peintre, qui ne serait pas strictement peintre, qui aurait pu avoir comme Van Gogh l’audace de s’attaquer à un sujet d’une aussi désarmante simplicité ?

    Non, il n’y a pas de fantômes dans les tableaux de Van Gogh, pas de drame, pas de sujet et je dirai même pas d’objet, car le motif lui-même qu’est-ce que c’est ?

    Sinon quelque chose comme l’ombre de fer du motet d’une inénarrable musique antique, comme le leitmotiv d’un thème désespéré de son propre sujet.

    C’est de la nature nue et pure vue, telle qu’elle se révèle, quand on sait l’approcher d’assez près.

    Témoin ce paysage d’or fondu, de bronze cuit dans l’ancienne Égypte, où un énorme soleil s’appuie sur des toits si croulants de lumière qu’ils en sont comme en décomposition.

    Et je ne connais pas de peinture apocalyptique, hiéroglyphique, fantomatique ou pathétique qui me donne, à moi, cette sensation d’occulte étranglée, de cadavre d’un hermétisme inutile, tête ouverte, et qui rendrait sur le billot son secret.

    Je ne pense pas ce disant au Père Tranquille, ou à cette funambulesque allée d’automne où passe, en dernier, un vieil homme courbé avec un parapluie à sa manche accroché, comme le crochet d’un chiffonnier.

    Je repense à ses corbeaux aux ailes d’un noir de truffes lustrées.

    Je repense à son champ de blé : tête d’épi sur tête d’épi, et tout est dit,

    avec, devant, quelques petites têtes de coquelicots doucement semés, âcrement et nerveusement appliqués là, et clairsemés, sciemment et rageusement ponctués et déchiquetés.

    Seule la vie sait offrir ainsi des dénudations épidermiques qui parlent sous une chemise déboutonnée, et on ne sait pourquoi le regard incline à gauche plutôt qu’à droite, vers le monticule de chair frisée.

    Mais c’est ainsi et c’est un fait. Mais c’est ainsi et cela est fait.

    Occulte aussi sa chambre à coucher, si adorablement paysanne et semée comme d’une odeur à confire les blés qu’on voit frémir dans le paysage, au loin, derrière la fenêtre qui les cacherait.

    Paysanne aussi, la couleur du vieil édredon, d’un rouge de moule, d’oursin, de crevette, de rouget du Midi, d’un rouge de piment roussi.

    Et ce fut sûrement de la faute de van Gogh si la couleur de l’édredon de son lit fut dans le réel si réussie, et je ne vois pas quel est le tisseur qui aurait pu en transplanter l’inénarrable trempe, comme Van Gogh sut transborder du fond de son cerveau sur sa toile le rouge de cet inénarrable enduit.

    Et je ne sais pas combien de prêtres criminels rêvant dans la tête de leur soi-disant Saint-Esprit, l’or ocreux, le bleu infini d’une verrière à leur gouge « Marie », ont su isoler dans l’air, extraire des niches narquoises de l’air, ces cou- leurs à la bonne franquette qui sont tout un événement, où chaque coup de pinceau de Van Gogh sur la toile est pire qu’un événement.

    Une fois, ça donne une chambre proprette, mais d’un tain de baume ou d’arôme qu’aucun bénédictin ne saura plus retrouver pour amener à point ses alcools de santé.

    Une autre fois ça donne une simple meule par un énorme soleil écrasée.

    Cette chambre faisait penser au Grand Œuvre avec son mur blanc de perles claires, sur lequel une serviette de toilette rugueuse pend comme un vieux gri-gri paysan, inapprochable et réconfortant.

    Il y a de ces blancs de craie légers qui sont pires que d’anciens supplices, et jamais comme dans cette toile, le vieux scrupule opératoire du pauvre grand van Gogh n’apparaît.

    Car c’est bien cela tout Van Gogh, l’unique scrupule de la touche sourdement et pathétiquement appliquée. La couleur roturière des choses, mais si juste, si amoureusement juste qu’il n’y a pas de pierres précieuses qui puissent atteindre à sa rareté.

    Antonin Artaud — Van Gogh le suicidé de la société, Œuvres complètes, Éditions Gallimard, tome XIII Littérature et Poésie @super fans

    Artaud (Antonin) : Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature

  • Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

    c’est au printemps que je tombe, quand il n’y a nulle part pour le sombre, ni le ciel ni les conversations. dans l’illusion des choses qui s’adoucissent, je vois plutôt les duretés qui perdurent, et ce qui ne me concerne pas me chavire.
    j’ai vu des gens qui portaient des uniformes humiliants et d’autres à qui on criait des bêtises, j’ai vu des gens qui venaient de perdre leur amour et d’autres leur candeur et bien que ces drames nétaient pas les miens, ils mont renversée.
    le reste de l’année ce que je croise ne m’assaille pas toujours, mais au printemps on croirait qu’il n’y a plus de seuil entre ce que je suis et ce qui m’entoure.
    alors quand sortir devient hasardeux – quand sortir porte la promesse de nouvelles cruautés – je reste chez moi et j’attends en pensant aux villes assiégées.

    Camille Readman Prud’homme. quand je ne dis rien je pense encore (2021)

    Readman Prud’homme (Camille) : C’est au printemps que je tombe

  • Modèle d’un jour : Sylvie C.

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025