Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
© Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations, aux auteurs pour les textes.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 486 artistes • 867 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Un journaliste lui demande: « Quel est le point commun entre tous les hommes que vous avez aimés? . – Moi. » …, cité sur fb par Mattéo V


  • Zhou Xingsi : Le Classique des Mille Caractères (502-521)

    Han Ho (alias Han Seok-bong) — Deux premiers vers du Classique des mille caractères (1583) – calligraphie

    Rédigé au début du VIe siècle par le lettré Zhou Xingsi, le Classique des mille caractères (Qianziwen) constitue un monument unique de la littérature mondiale. Sa prouesse technique fascine : réunir mille caractères distincts, sans aucune répétition, en un poème rimé et cohérent. Véritable fondation de l’éducation chinoise, ce texte a servi de manuel de calligraphie et d’encyclopédie élémentaire pour des générations de lettrés. De la cosmologie à la morale confucéenne, il embrasse l’ordre du monde et la sagesse humaine. Aujourd’hui encore, sa structure rigoureuse inspire des artistes contemporains, comme Kim Tschang-Yeul, qui y voient le symbole de la permanence culturelle.

    Original (Pinyin) Traduction
    I. Cosmologie et Nature (Vers 1 à 12)
    天地玄黃 (tiān dì xuán huáng) Le ciel est sombre et la terre est jaune.
    宇宙洪荒 (yǔ zhòu hóng huāng) L’univers est vaste et désert.
    日月盈昃 (rì yuè yíng zè) Le soleil et la lune croissent et déclinent.
    辰宿列張 (chén xiǔ liè zhāng) Les étoiles et les constellations sont déployées.
    寒來暑往 (hán lái shǔ wǎng) Le froid vient et la chaleur s’en va.
    秋收冬藏 (qiū shōu dōng cáng) On récolte en automne et on thésaurise en hiver.
    閏餘成歲 (rùn yú chéng suì) Les jours intercalaires forment l’année.
    律呂調陽 (lǜ lǚ tiáo yáng) Les tons de la flûte s’accordent au principe masculin.
    雲騰致雨 (yún téng zhì yǔ) Les nuages s’élèvent et provoquent la pluie.
    露結為霜 (lù jié wéi shuāng) La rosée se cristallise pour devenir givre.
    金生麗水 (jīn shēng lì shuǐ) L’or naît dans la rivière Lishui.
    玉出崑岡 (yù chū kūn gāng) Le jade provient des monts Kunlun.
    II. Géographie et Règnes Antiques (Vers 13 à 36)
    劍號巨闕 (jiàn hào jù què) L’épée se nomme Juque.
    珠稱夜光 (zhū chēng yè guāng) La perle est appelée lueur nocturne.
    果珍李柰 (guǒ zhēn lǐ nài) Les fruits précieux sont la prune et le coing.
    菜重芥薑 (cài zhòng jiè jiāng) Les légumes estimés sont la moutarde et le gingembre.
    海鹹河淡 (hǎi xián hé dàn) La mer est salée et le fleuve est insipide.
    鱗潛羽翔 (lín qián yǔ xiáng) Les écailles s’immergent et les plumes s’envolent.
    龍師火帝 (lóng shī huǒ dì) Les maîtres dragons et les empereurs de feu.
    鳥官人皇 (niǎo guān rén huáng) Les officiers oiseaux et les souverains humains.
    始制文字 (shǐ zhì wén zì) On commença par inventer l’écriture.
    乃服衣裳 (nǎi fú yī shāng) Puis l’on porta les vêtements.
    推位讓國 (tuī wèi ràng guó) Cédant le trône et remettant le royaume.
    有虞陶唐 (yǒu yú táo táng) Les souverains Yu (Shun) et Tao Tang (Yao).
    弔民伐罪 (diào mín fá zuì) Consolant le peuple et châtiant le crime.
    周發殷湯 (zhōu fā yīn tāng) Zhou Fa (Wu) et Yin Tang (Cheng Tang).
    坐朝問道 (zuò cháo wèn dào) Siégeant à la cour pour interroger la Voie.
    垂拱平章 (chuí gǒng píng zhāng) Gouvernant sans effort pour tout pacifier.
    愛育黎首 (ài yù lí shǒu) Aimant et élevant le peuple.
    臣伏戎羌 (chén fú róng qiāng) Les tribus Rong et Qiang se soumettent.
    遐邇一體 (xiá ěr yī tǐ) Le loin et le proche ne forment qu’un corps.
    率賓歸王 (shuài bīn guī wáng) Tous se rallient pour suivre le Roi.
    鳴鳳在竹 (míng fèng zài zhú) Le phénix chante parmi les bambous.
    白駒食場 (bái jū shí chǎng) Le poulain blanc broute dans le pré.
    化被草木 (huà bèi cǎo mù) La vertu s’étend jusqu’aux herbes et aux arbres.
    賴及萬方 (lài jí wàn fāng) Les bienfaits atteignent les dix mille contrées.
    Lire la suite du Classique des Mille Caractères…
    III. Éthique et Conduite du Corps (Vers 37 à 60)
    蓋此身髮 (gài cǐ shēn fà) Quant au corps et aux cheveux.
    四大五常 (sì dà wǔ cháng) Formés des quatre éléments et cinq vertus.
    恭惟鞠養 (gōng wéi jū yǎng) Pensez avec respect à votre éducation.
    豈敢毀傷 (qǐ gǎn huǐ shāng) Comment oserait-on les blesser ?
    女慕貞潔 (nǚ mù zhēn jié) Que les femmes aspirent à la pureté.
    男效才良 (nán xiào cái liáng) Que les hommes imitent les gens de talent.
    知過必改 (zhī guò bì gǎi) Connaissant ses fautes, il faut se corriger.
    得能莫忘 (dé néng mò wàng) Ayant acquis une capacité, il ne faut pas l’oublier.
    罔談彼短 (wǎng tán bǐ duǎn) Ne parlez pas des défauts des autres.
    靡恃己長 (mí shì jǐ cháng) Ne vous vantez pas de vos propres forces.
    信使可覆 (xìn shǐ kě fù) Que votre parole puisse être tenue.
    器欲難量 (qì yù nán liáng) Que votre caractère soit profond et vaste.
    墨悲絲染 (mò bēi sī rǎn) Mozi pleura sur la soie qu’on teint.
    詩讚羔羊 (shī zàn gāo yáng) Le Livre des Odes loue l’agneau.
    景行維賢 (jǐng xíng wéi xián) Suivre la grande route est le propre du sage.
    克念作聖 (kè nián zuò shèng) Dominer ses pensées mène à la sainteté.
    德建名立 (dé jiàn míng lì) La vertu bâtie, le nom s’établit.
    形端表正 (xíng duān biǎo zhèng) La forme droite, l’apparence est juste.
    空谷傳聲 (kōng gǔ chuán shēng) La vallée vide transmet les sons.
    虛堂習聽 (xū táng xí tīng) La salle déserte répète ce qu’on entend.
    禍因惡積 (huò yīn è jī) Le malheur vient de l’accumulation du mal.
    福緣善慶 (fú yuán shàn qìng) Le bonheur naît des bonnes actions.
    尺璧非寶 (chǐ bì fēi bǎo) Un disque de jade n’est pas un trésor.
    寸陰是競 (cùn yīn shì jìng) Chaque instant de temps doit être disputé.
    IV. Devoirs Sociaux et Familiaux (Vers 61 à 84)
    資父事君 (zī fù shì jūn) S’appuyer sur son père pour servir son prince.
    曰嚴與敬 (yuē yán yǔ jìng) C’est ce qu’on appelle respect et dévotion.
    孝當竭力 (xiào dāng jié lì) Pour la piété filiale, usez de toutes vos forces.
    忠則盡命 (zhōng zé jìn mìng) Pour la loyauté, donnez votre vie.
    臨深履薄 (lín shēn lǚ báo) Comme au bord d’un gouffre ou sur glace mince.
    夙興溫凊 (sù xīng wēn qìng) Se lever tôt pour veiller au confort des parents.
    似蘭斯馨 (sì lán sī xīn) Soyez parfumé comme l’orchidée.
    如松之盛 (rú sōng zhī shèng) Soyez vigoureux comme le pin.
    川流不息 (chuān liú bù xī) Comme un fleuve qui coule sans cesse.
    淵澄取映 (yuān chéng qǔ yìng) Comme une eau profonde et claire qui reflète.
    容止若思 (róng zhǐ ruò sī) Que le maintien soit comme en méditation.
    言辭安定 (yán cí ān dìng) Que les paroles soient calmes et posées.
    篤初誠美 (dǔ chū chéng měi) Bien commencer est une belle chose.
    慎終宜令 (shèn zhōng yí lìng) Bien finir est encore plus louable.
    榮業所基 (róng yè suǒ jī) C’est le fondement d’une glorieuse carrière.
    籍甚無竟 (jí shèn wú jìng) La renommée sera alors sans limite.
    學優登仕 (xué yōu dēng shì) Excellent dans l’étude, on devient fonctionnaire.
    攝職從政 (shè zhǐ cóng zhèng) Occupant une charge, on entre en politique.
    存以甘棠 (cún yǐ gān táng) On garde le souvenir sous le poirier sauvage.
    去而益詠 (qù ér yì yǒng) Une fois parti, on est encore chanté.
    樂殊貴賤 (yuè shū guì jiàn) La musique diffère selon les rangs.
    禮別尊卑 (lǐ bié zūn bēi) Les rites distinguent les dignités.
    上和下睦 (shàng hé xià mù) L’harmonie en haut, la concorde en bas.
    夫唱婦隨 (fū chàng fù suí) Le mari chante et la femme suit.
    V. Relations et Vie Sociale (Vers 85 à 108)
    外受傅訓 (wài shòu fù xùn) Au-dehors, recevez les leçons des maîtres.
    入奉母儀 (rù fèng mǔ yí) À la maison, respectez les règles maternelles.
    諸姑伯叔 (zhū gū bó shú) Envers les tantes et les oncles.
    猶子比兒 (yóu zǐ bǐ ér) Les neveux doivent être traités comme ses fils.
    孔懷兄弟 (kǒng huái xiōng dì) Chérissez tendrement vos frères.
    同氣連枝 (tóng qì lián zhī) Issus du même souffle, comme les branches d’un arbre.
    交友投分 (jiāo yǒu tóu fèn) En amitié, partagez les mêmes sentiments.
    切磨箴規 (qiē mó zhēn guī) Polissez-vous mutuellement par les conseils.
    仁慈隱惻 (rén cí yǐn cè) Que la bienveillance et la pitié vous guident.
    造次弗離 (zào cì fú lí) Ne les abandonnez jamais, même dans l’urgence.
    節義廉退 (jié yì lián tuì) Intégrité, justice, honneur et modestie.
    顛沛匪虧 (diān pèi fěi kuī) Ne faiblissent pas, même dans l’adversité.
    性靜情逸 (xìng jìng qíng yì) Nature calme, les passions sont apaisées.
    心動神疲 (xīn dòng shén pí) L’esprit troublé, l’âme s’épuise.
    守真志滿 (shǒu zhēn zhì mǎn) Garder sa vérité apporte la satisfaction.
    逐物意移 (zhú wù yì yí) Poursuivre les choses change la volonté.
    堅持雅操 (jiān chí yǎ cāo) Maintenez fermement une conduite noble.
    好爵自縻 (hǎo jué zì mí) Les hautes dignités viendront d’elles-mêmes.
    都邑華夏 (dū yì huá xià) Les capitales de la Chine magnifique.
    東西二京 (dōng xī èr jīng) Les deux capitales, l’Est et l’Ouest.
    背邙面洛 (bèi máng miàn luò) Adossée au mont Mang, face à la rivière Luo.
    浮渭據涇 (fú wèi jù jīng) Sur la rivière Wei, dominant la rivière Jing.
    宮殿盤鬱 (gōng diàn pán yù) Les palais et les halls s’entrelacent.
    樓觀飛驚 (lóu guàn fēi jīng) Les tours et les belvédères semblent s’envoler.
    VI. Splendeur de la Cour et Histoire (Vers 109 à 144)
    圖寫禽獸 (tú xiě qín shòu) On y peint des oiseaux et des bêtes.
    畫彩仙靈 (huà cǎi xiān líng) Des fresques colorées d’immortels et de génies.
    丙舍傍啟 (bǐng shè bàng qǐ) Les appartements latéraux s’ouvrent de côté.
    甲帳對楹 (jiǎ zhàng duì yíng) Les tentes précieuses font face aux piliers.
    肆筵設席 (sì yán shè xí) On dresse les tables et installe les nattes.
    鼓瑟吹笙 (gǔ sè chuī shēng) On joue de la cithare et de l’orgue à bouche.
    升階納陛 (shēng jiē nà bì) On monte les marches vers le trône.
    弁轉疑星 (biàn zhuàn yí xīng) Les bonnets de cour tournent comme des étoiles.
    右通廣內 (yòu tōng guǎng nèi) À droite, on accède à la grande bibliothèque.
    左達承明 (zuǒ dá chéng míng) À gauche, on arrive à la salle impériale.
    既集墳典 (jì jí fén diǎn) On y a réuni les livres classiques.
    亦聚群英 (yì jù qún yīng) On y rassemble aussi les hommes d’élite.
    杜稿鍾隸 (dù gǎo zhōng lì) L’écriture cursive de Du et celle de Zhong.
    漆書壁經 (qī shū bì jīng) Les livres de laque et les classiques du mur.
    府羅將相 (fǔ luó jiàng xiàng) Les palais sont remplis de généraux et ministres.
    路俠槐卿 (lù xiá huái qīng) Les routes sont bordées de hauts dignitaires.
    戶封八縣 (hù fēng bā xiàn) Les fiefs s’étendent sur huit districts.
    家給千兵 (jiā jǐ qiān bīng) Chaque famille commande mille soldats.
    高冠陪輦 (gāo guān péi niǎn) Les hauts bonnets escortent le char impérial.
    驅轂振纓 (qū gǔ zhèn yīng) Les roues tournent, les lanières s’agitent.
    世祿侈富 (shì lù chǐ fù) Les charges héréditaires apportent la richesse.
    車駕肥輕 (chē jià féi qīng) Les chars sont tirés par de gras coursiers.
    策功茂實 (cè gōng mào shí) On enregistre les mérites et les faits réels.
    勒碑刻銘 (lè bēi kè míng) On dresse des stèles et grave des inscriptions.
    磻溪伊尹 (pán xī yī yǐn) Pan Xi (Jiang Ziya) et le ministre Yi Yin.
    佐時阿衡 (zuǒ shí ā héng) Ils aidèrent leur époque comme piliers de l’État.
    奄宅曲阜 (yǎn zhái qū fù) Le duc de Zhou s’établit à Qufu.
    微旦孰營 (wēi dàn shú yíng) Sans le duc Dan, qui aurait pu bâtir cela ?
    桓公匡合 (huán gōng kuāng hé) Le duc Huan de Qi unifia les seigneurs.
    濟弱扶傾 (jì ruò fú qīng) Aidant les faibles et soutenant les chancelants.
    綺回漢惠 (qǐ huí hàn huì) Qi (Liyuan) ramena l’empereur Hui des Han.
    說感武丁 (yuè gǎn wǔ dīng) Fu Yue apparut en rêve à Wu Ding.
    俊乂密勿 (jùn yì mì wù) Les hommes de talent travaillent avec zèle.
    多士實寧 (duō shì shí níng) Grâce à ces nombreux lettrés, l’État est en paix.
    晉楚更霸 (jìn chǔ gēng bà) Jin et Chu furent tour à tour hégémons.
    趙魏困橫 (zhào wèi kùn héng) Zhao et Wei furent gênés par l’alliance horizontale.
    VII. Tactique Militaire et Géographie (Vers 145 à 168)
    假途滅虢 (jiǎ tú miè guó) Emprunter le chemin pour anéantir le Guo.
    踐土會盟 (jiàn tǔ huì méng) L’alliance fut scellée à Jiantu.
    何遵約法 (hé zūn yuē fǎ) Xiao He respecta la loi simplifiée.
    韓弊煩刑 (hán bì fán xíng) Han Fei fut victime de lois trop complexes.
    起翦頗牧 (qǐ jiǎn pō mù) Bai Qi, Wang Jian, Lian Po et Li Mu.
    用軍最精 (yòng jūn zuì jīng) Furent les plus experts dans l’art de la guerre.
    宣威沙漠 (xuān wēi shā mò) Leur renommée s’étendit jusqu’au désert.
    馳譽丹青 (chí yù dān qīng) Leur gloire est immortalisée par la peinture.
    九州禹跡 (jiǔ zhōu yǔ jì) Les neuf provinces portent la trace du Grand Yu.
    百郡秦并 (bǎi jùn qín bìng) Les cent commanderies furent unies par les Qin.
    嶽宗泰岱 (yuè zōng tài dài) Le mont Tai est le chef des montagnes sacrées.
    禪主云亭 (shàn zhǔ yún tíng) Les rites Shan se font sur les monts Yun et Ting.
    雁門紫塞 (yàn mén zǐ sài) La Passe des Oies Sauvages et la Grande Muraille.
    雞田赤城 (jī tián chì chéng) Les terres de Jitian et les pics de Chicheng.
    昆池碣石 (kūn chí jié shí) Le lac Kunming et le rocher Jieshi.
    巨野洞庭 (jù yě dòng tíng) Le marais de Juye et le lac Dongting.
    曠遠綿邈 (kuàng yuǎn mián miǎo) Immensités lointaines qui s’étendent à l’infini.
    岩岫杳冥 (yán xiù yǎo míng) Les sommets et les grottes sont sombres et profonds.
    治本於農 (zhì běn yú nóng) Le gouvernement se fonde sur l’agriculture.
    務茲稼穡 (wù zī jià sè) Consacrez-vous aux semailles et aux moissons.
    俶載南畝 (chù zǎi nán mǔ) Commencez à cultiver les champs du sud.
    我藝黍稷 (wǒ yì shǔ jì) Je plante le millet et le sorgho.
    稅熟貢新 (shuì shú gòng xīn) Payez l’impôt en grain mûr et offrez le nouveau.
    勸賞黜陟 (quàn shǎng chù zhì) Encouragez par les récompenses, dégradez ou élevez.
    VIII. Sagesse, Retraite et Vie Quotidienne (Vers 169 à 216)
    孟軻敦素 (mèng kē dūn sù) Mencius estimait la simplicité.
    史魚秉直 (shǐ yú bǐng zhí) L’historien Yu gardait son intégrité.
    庶幾中庸 (shù jǐ zhōng yōng) Approchez-vous de la Voie du Milieu.
    勞謙謹敕 (láo qiān jǐn chì) Travaillez avec humilité, soyez prudents et réglés.
    聆音察理 (líng yīn chá lǐ) Écoutez les sons pour discerner les principes.
    鑑貌辨色 (jiàn mào biàn sè) Observez les visages pour distinguer les sentiments.
    貽厥嘉猷 (yí jué jiā yóu) Laissez à vos descendants de bons préceptes.
    勉其祗植 (miǎn qí zhī zhí) Efforcez-vous de les établir avec respect.
    省躬譏誡 (xǐng gōng jī jiè) Examinez-vous pour éviter le blâme.
    寵增抗極 (chǒng zēng kàng jí) Que les faveurs n’atteignent pas l’excès.
    殆辱近恥 (dài rǔ jìn chǐ) Le déshonneur approche, la honte est proche.
    林皋幸即 (lín gāo xìng jí) Heureux de se retirer dans les bois et les marais.
    兩疏見機 (liǎng shū jiàn jī) Les deux Shu virent venir le moment.
    解組誰逼 (jiè zǔ shuí bī) Ils quittèrent leur charge sans contrainte.
    索居閒處 (suǒ jū xián chù) Vivant seul dans un endroit paisible.
    沉默寂寥 (chén mò jì liáo) Dans le silence et la solitude.
    求古尋論 (qiú gǔ xún lùn) Étudiez les anciens et cherchez leurs arguments.
    散慮逍遙 (sǎn lǜ xiāo yáo) Chassez les soucis, promenez-vous librement.
    欣奏累遣 (xīn zòu lěi qiǎn) La joie arrive, les fardeaux s’en vont.
    戚謝歡招 (qī xiè huān zhāo) La tristesse s’éloigne, le bonheur est invité.
    渠荷的歷 (qú hé de lì) Les lotus de l’étang brillent d’éclat.
    園莽抽條 (yuán mǎng chōu tiáo) Les herbes du jardin poussent leurs tiges.
    枇杷晚翠 (pí pá wǎn cuì) Le néflier reste vert tardivement.
    梧桐蚤凋 (wú tóng zǎo diāo) Le sterculier (parasol chinois) flétrit tôt.
    陳根委翳 (chén gēn wěi yì) Les vieilles racines pourrissent et meurent.
    落葉飄搖 (luò yè piāo yáo) Les feuilles mortes tourbillonnent au vent.
    游鵾獨運 (yóu kūn dú yùn) Le grand oiseau Kun vole seul.
    凌摩絳霄 (líng mó jiàng xiāo) Il s’élève jusqu’aux nues pourpres.
    耽讀玩市 (dān dú wán shì) Passionné de lecture, flânant au marché.
    寓目囊箱 (yù mù náng xiāng) Jetant les yeux sur les sacs et les coffres (de livres).
    易輶攸畏 (yì yóu yōu wèi) Soyez attentifs même aux choses légères.
    屬耳垣牆 (zhǔ ěr yuán qiáng) Les murs ont des oreilles.
    具膳餐飯 (jù shàn cān fàn) Préparez les repas et mangez à faim.
    適口充腸 (shì kǒu chōng cháng) Ce qui plaît au goût remplit l’estomac.
    飽饫烹宰 (bǎo yù pēng zǎi) Rassasié de viandes cuites.
    飢厭糟糠 (jī yàn zāo kāng) Affamé, on se contente de la drêche et du son.
    親戚故舊 (qīn qì gù jiù) Parents, alliés et vieux amis.
    老少異糧 (lǎo shào yì liáng) Vieux et jeunes ont des nourritures différentes.
    妾御績紡 (qiè yù jì fǎng) Les femmes s’occupent de filer et tisser.
    侍巾帷房 (shì jīn wéi fáng) Elles servent dans les appartements intérieurs.
    紈扇圓潔 (wán shàn yuán jié) L’éventail de soie est rond et pur.
    銀燭煒煌 (yín zhú wěi huáng) Les bougies d’argent brillent avec éclat.
    晝眠夕寐 (zhòu mián xī mèi) Dormir le jour, se reposer le soir.
    藍筍象床 (lán sǔn xiàng chuáng) Nattes de bambou bleu et lit d’ivoire.
    弦歌酒宴 (xián gē jiǔ yàn) Musique à cordes, chants et festins de vin.
    接杯舉觴 (jié bēi jǔ shāng) On reçoit la coupe et on lève le calice.
    矯手頓足 (jiǎo shǒu dùn zú) Levant les mains et frappant du pied (en dansant).
    悅豫且康 (yuè yù qiě kāng) Joyeux, satisfait et en bonne santé.
    IX. Rites et Conclusion (Vers 217 à 250)
    嫡後嗣續 (dí hòu sì xù) Les héritiers légitimes continuent la lignée.
    祭祀蒸嘗 (jì sì zhēng cháng) Les sacrifices d’hiver et d’automne.
    稽顙再拜 (qǐ sǎng zài bài) Se prosterner et saluer deux fois.
    悚懼恐惶 (sǒng jù kǒng huáng) Avec crainte et tremblement.
    箋牒簡要 (jiān dié jiǎn yào) Les lettres et documents doivent être concis.
    顧答審詳 (gù dá shěn xiáng) Les réponses doivent être attentives et détaillées.
    骸垢想浴 (hái gòu xiǎng yù) Si le corps est sale, on pense au bain.
    執熱願涼 (zhí rè yuàn liáng) Si l’on tient du chaud, on souhaite du frais.
    驢騾犢特 (lǘ luó dú tè) Ânes, mulets, veaux et taureaux.
    駭躍超驤 (hài yuè chāo xiāng) Bondissant et courant avec ardeur.
    誅斬賊盜 (zhū zhǎn zéi dào) Châtiez et exécutez les brigands et voleurs.
    捕獲叛亡 (bǔ huò pàn wáng) Capturez les rebelles et les fugitifs.
    布射僚丸 (bù shè liáo wán) Lv Bu était adroit à l’arc, Yi Liao aux balles.
    嵇琴阮嘯 (jī qín ruǎn xiào) Ji Kang jouait de la cithare, Ruan Ji sifflait.
    恬筆倫紙 (tián bǐ lún zhǐ) Meng Tian inventa le pinceau, Cai Lun le papier.
    鈞巧任釣 (jūn qiǎo rèn diào) Ma Jun était habile, Ren utilisait l’hameçon.
    釋紛利俗 (shì fēn lì sú) Ils résolurent les difficultés au profit du peuple.
    並皆佳妙 (bìng jiē jiā miào) Tous furent excellents et merveilleux.
    毛施淑姿 (máo shī shū zī) Mao Qiang et Xi Shi étaient de grandes beautés.
    工嚬妍笑 (gōng pín yán xiào) L’une fronçait les sourcils, l’autre souriait avec grâce.
    年矢每催 (nián shǐ měi cuī) Les années comme des flèches nous pressent.
    曦暉朗曜 (xī huī lǎng yào) La lumière du soleil brille avec éclat.
    璇璣懸斡 (xuán jī xuán wò) La sphère armillaire tourne suspendue.
    晦魄環照 (huì pò huán zhào) La lune obscure et son croissant éclairent à tour de rôle.
    指薪修祜 (zhǐ xīn xiū hù) Entretenir le feu pour cultiver le bonheur.
    永綏吉劭 (yǒng suí jí shào) Pour obtenir une paix durable et une fin heureuse.
    矩步引領 (jǔ bù yǐn lǐng) Marchez avec mesure, le cou tendu (avec dignité).
    俯仰廊廟 (fǔ yǎng láng miào) Respectueux dans les palais et les temples.
    束帶矜莊 (shù dài jīn zhuāng) Ajustez votre ceinture avec sérieux et dignité.
    徘徊瞻眺 (pái huái zhān tiào) Regardez autour de vous avec attention.
    孤陋寡聞 (gū lòu guǎ wén) Isolé et ignorant, de peu de lectures.
    愚蒙等誚 (yú méng děng qiào) On s’expose alors au blâme.
    謂語助者 (wèi yǔ zhù zhě) On appelle auxiliaires de langage…
    焉哉乎也 (yān zāi hū yě) …les particules Yan, Zai, Hu, Ye.

  • Marianne Boruch : Here (Ici)

    It’s a place. You don’t move.
    You’re what you were looking at—
    the robin, or the branch
    he’s on, or the one
    further back, not even
    in the sun.

    You’re the stillness
    that finally happens
    when the bird’s gone,
    the way the air
    just stands there
    and doesn’t know
    what to do with itself.

    And you don’t either.
    You’re the nothing
    that’s everything
    for a minute.
    Then the mind
    starts up its engine.
    You’re gone.

    C’est un endroit. Tu ne bouges pas.
    Tu es ce que tu regardais —
    le rouge-gorge, ou la branche
    sur laquelle il est, ou celle
    plus loin derrière, même pas
    au soleil.

    Tu es la quiétude
    qui finit par advenir
    quand l’oiseau est parti,
    cette façon qu’a l’air
    de rester là,
    sans trop savoir
    que faire de lui-même.

    Et toi non plus.
    Tu es ce rien
    qui est tout
    l’espace d’un instant
    Puis l’esprit
    se remet en marche.
    Tu n’es plus là.

    Recueil The Book of Men and Women, Copper Canyon Press, 2011. Marianne Boruch , 75 ans, a reçu le 6 mai 2026 le Jackson Poetry Prize, doté d’un prix de 100 000 dollars, la récompensant pour son « talent exceptionnel ». Aucun éditeur français n’a encore publié les oeuvres complètes de celle qui est considérée comme un pilier de la poésie contemporaine américaine. Traduction du poème : Luc Fayard


  • Galerie Monet avant les nymphéas

    Extrait de l’exposition du Musée des impressionnismes de Giverny « Avant les nymphéas, Monet découvre Giverny ». Exposition rare car construite à partir de tableaux venus des quatre coins du monde, toutes ces œuvres ayant été créées à Giverny. Petite sélection pour vous donner envie d’y aller (choisissez votre jour, y’a du monde !)…


  • Galerie Matisse

    Catalogue de l’exposition Matisse, Grand palais de Paris, avril 2026 (extrait)

    Sélection de l’exposition du Grand Palais de Paris (avril 2026) centrée sur les dernières années du peintre (1941-1954) qui montre les extraordinaires facettes de l’artiste. Vous les verrez mieux ici que là-bas, noir de monde. Mais les visiteurs sont des gens âgés (comme moi) : au moins, ils sont polis et ne font pas de bruit. Et le catalogue de l’expo est un bouquin génial (45 € quand même) !
    Présentation dans l’ordre chronologique (qui était celui de l’expo).



  • l’homme qui pleure

    l’homme qui pleure
    ignore comment
    l’infini déborde
    au-delà des larmes

    sans voix il ne peut crier
    seuls les hurlements
    surgis de son âme
    vont strier la nuit

    la main vide
    ne caresse plus
    ni la peau ni le temps
    juste un souffle d’instant

    la peur est apprivoisée
    ne plus respirer ce n’est
    qu’un silence de plus
    dans la lumière nue

    l’homme oublie la souffrance
    les oiseaux se sont tus
    le vent a disparu
    seule reste l’errance

    Paysage aquarelle avec des montagnes sombres, un ciel nuageux et des oiseaux volant au-dessus d'un terrain aride.
    Lars Lerin — La Côte norvégienne (1954) – aquarelle
    Li Chevalier — Dark is Life, Dark is Death (2014) – To Gustav Mahler – encre (fragment)


    Texte de Luc Fayard illustré par deux œuvres d’art contemporain : Lars Lerin — La Côte norvégienne (1954) et Li Chevalier — Dark is Life, Dark is Death (2014)


Dernières publications d’art et de poésie

  • Mimmo Paladino – Sans titre (2011)

    Mimmo Paladino – Sans titre (2011)

  • Léon Spilliaert – La couture (1917)

  • Roger Bissière : Composition verte (1961)

    Roger Bissière : Composition verte (1961)

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

    Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025