Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 449 artistes • 760 auteurs
publiés dans Amavero

  • libellule

    tu as la grâce libellule
    un sourire énigme de muse
    le cœur gros comme un gros diamant
    cœur d’or cœur d’amour cœur vibrant

    marchant sur la pointe des pieds
    de peur d’abimer le sentier
    de la vie riche que tu sculptes
    tu embrasses la terre entière
    les arbres les fleurs et la mer

    d’un air tranquille sans tumulte
    tu croques tes rêves d’enfant
    qui s’envolent en riant

    tu es si farouche et secrète
    qu’on n’ose t »effleurer
    mais du haut de ton port de tête
    victorieux altier
    tu abrites un monde bleu
    qui rend les gens heureux

  • pélican et iguane

    le pélican a-t-il des dents
    l’iguane une âme
    qui sait
    ici tout est différent
    tout respire autrement
    dans ces îles capricieuses
    la mer n’est pas un gouffre amer
    mais une vasque de coraux
    où se trémoussent des poissons bleus

    plus loin sur la côte 
    la terre exhibe fièrement
    ses orgues basaltiques
    et là-bas sur la ligne verte
    les surfeurs s’égaient en pirouettes
    le coco à coque dure
    tombe avec un bruit mat

    sur le sable de la plage

    la voile est un tamis 
    où l’on se niche
    entre le ciel et l’eau
    au soleil de l’ile papillon
    nos yeux se sont plissés
    nos peaux couvertes d’écailles
    nous sommes redevenus tortues
    nos cœurs battent lentement
    ici pour un instant
    le temps a posé ses fardeaux

  • noir pour mourir

    j’entends je vois la nuit
    poignées à abaisser
    volets de fer fermés
    crissements nus des bruits

    siffleurs de sphères vertes
    marches blanches du pin
    ronronnements urbains
    branches nouées désertes

    mats gris de parasol
    arrière-plans mêlés
    bleus blancs du haut lavés
    chats glissant sur le sol

    roulement lourd du train
    cris du bas des maisons
    fumées hélice en rond
    carrés de vitres teints

    puis les sons vont s’éteindre
    les visions s’obscurcir
    dans le noir pour mourir
    je ne pourrai plus feindre


  • las des brumes

    las des brumes
    délabrées
    l’enfant hume
    l’air vicié

    secouant
    nez et tête
    sur des joues
    maigrelettes

    il s’en va
    respirer
    tout là-bas
    un air frais


  • changement de pluie

    la pluie n’est plus ce qu’elle était
    tendre mélancolique rieuse
    annoncée par de subtils frémissements
    de l’air gai toujours printanier
    quand elle arrivait enfin
    heureuse
    quelle fraîcheur
    quel soulagement
    ses fines gouttes en prélude
    ne mouillaient pas vraiment
    prenant toutes les formes possibles
    selon son humeur
    elles se dégustaient sur la peau
    et le monde s’en accommodait
    avec le temps tout a changé
    la pluie est devenue brutale
    surgissant sans préambule
    tempétueuse en permanence
    longs jets penchés et coupants
    qui mouillent lourdement
    pour faire mal
    il pleure toujours dans mon cœur
    mais plus jamais comme il pleut sur la ville
    car il y pleut méchamment
    le chant n’est plus doux
    il est tumulte
    cacophonie
    la pluie est un océan furieux
    une houle obscure
    elle débarque et part sans préavis
    et quand sa tornade impétueuse disparaît
    elle laisse derrière elle un immense gâchis
    la terre dévastée
    et les cœurs malheureux
    la pluie ressemble à la vie


Dernières publications d’art et de poésie

  • Roger Bissière : Composition verte (1961)

    Roger Bissière : Composition verte (1961)

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

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  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

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  • Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

    Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025