Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 414 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero

  • Aragon (Louis) : L' Affiche rouge

    Vous n’avez réclamé la gloire ni les larmes
    Ni l’orgue ni la prière aux agonisants
    Onze ans déjà que cela passe vite onze ans
    Vous vous étiez servi simplement de vos armes
    La mort n’éblouit pas les yeux des Partisans

    (suite…)

  • Brives (Martial de) : Les soupirs d'une âme exilée

    Je vis, mais c’est hors de moi-même ;
    Je vis, mais c’est sans vivre en moi ;
    Je vis dans l’objet de ma foi
    Que je ne vois pas et que j’aime ;
    Triste nuit des longs embarras
    Où mon âme est enveloppée,
    Si tu n’es bientôt dissipée,
    Je me meurs de ne mourir pas.


    Le poète religieux et capucin français Martial de Brives (1600-1653). Sur ces paroles de Saint Paul : Cupio dissolvi et esse cum Christo


  • Rilke (Rainer Maria) : Mein Leben is nicht diese steile Stunde. Ma vie n'est pas cette heure abrupte

    Mein Leben ist nicht diese steile Stunde,
    darin du mich so eilen siehst.
    Ich bin ein Baum vor meinem Hintergrunde,
    ich bin nur einer meiner vielen Munde
    und jener, welcher sich am frühsten schließt.

    Ma vie n’est pas cette heure abrupte
    vers quoi tu me vois me hâter.
    Je suis un arbre devant mon décor,
    je ne suis que l’une de mes nombreuses bouches,
    et parmi elles celle qui se clôt la première.

    (suite…)

  • Purana (Markandaya) : Mon enfant tu n'as ni nom ni forme

    Madasela, parlant à son nouveau-né:
    – Mon enfant, tu n’as ni nom ni forme. Et c’est pure fantaisie que de t’avoir donné un nom.
    Ton corps que voilà, formé des cinq éléments, n’est en vérité pas tien, et tu ne lui appartiens pas…
    Pourquoi pleures-tu? Mais peut-être ne pleures-tu pas, et ce qui sort de toi n’est q’un bruit sans signification, fils de Roi.
    Dans ton corps résiste un autre toi.
    Donc, repoussons la pensée: « Cet enfant est à moi », car elle n’appartient qu’à la chair.
    Honte à ceux qui se laissent abuser ainsi!

    Tiré de La Voix des Choses, textes recueillis par Marguerite Yourcenar, citant A. Coomarasani.


  • Char (René) : J'habite une douleur

    Ne laisse pas le soin de gouverner ton cœur à ces tendresses parentes de l’automne auquel elles empruntent sa placide allure et son affable agonie. L’œil est précoce à se plisser. La souffrance connaît peu de mots. Préfère te coucher sans fardeau ; tu rêveras du lendemain et ton lit te sera léger. Tu rêveras que ta maison n’a plus de vitres. Tu es impatient de t’unir au vent, au vent qui parcourt une année en une nuit. D’autres chanteront l’incorporation mélodieuse, les chairs qui ne personnifient plus que la sorcellerie du sablier. Tu condamneras la gratitude qui se répète. Plus tard, on t’identifiera à quelque géant désagrégé, seigneur de l’impossible.
    (suite…)

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  • Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

    Monde bleu pâle comme jusquiame,
    Monde bleu pâle dans le soir entré.
    Avec toi rien que celui et celle,
    Et rien que ceux qui sont fidèles.
    Crois ou ne crois pas en eux – 
    Ils vivent comme ils boivent,
    Vivent et attendent tout seuls,
    Eux-mêmes forgent eux-mêmes.
    Et puis – qui es-tu, tu es quoi ? – 
    Et puis – qui vas-tu devenir ? –
    C’est bien égal : philosophe
    Ou le berger d’un troupeau.
    C’est égal. Sans importance.
    Tu vis – eh bien vis ! ça suffit.
    Car il y a les étoiles en haut,
    Il y a le ciel entré dans le soir
    Il y a le seuil, bas comme le péché,
    Et toi, fidèle à toi seulement.

    Vasyl Stus – Palimpsestes. Poésie et lettres du Goulag (première édition en Allemagne en 1986, première édition française en 2026, 40 ans après, bravo les éditeurs français!)

    Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)

  • Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

    Ovide : Les Métamorphoses, extrait (an 8 ap. J.C.)

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne et contemporain

    Ajouts d’œuvres d’art moderne et contemporain

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025