Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 457 artistes • 855 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Borné dans sa nature, infini dans ses vœux,L’homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux


  • poisson rouge

    Virginie Ressy – Détail

    le poisson rouge a disparu
    ce matin plus personne
    pourtant pas de chat
    dans la maison
    ce n’est pas un meurtre
    c’est une énigme
    car ne vivent ici
    que des esprits purs
    et des vibrations positives
    une onde a dû traverser la pièce
    pour porter le poisson rouge
    à la rivière en contrebas
    il faudra penser
    à vider le bocal

    Texte de Luc Fayard inspiré par Détail de Virginie Ressy


  • voyage

    Géraldine Vérine – Palms Road

    la route la mer et les pins
    invitation au voyage
    sans commentaire
    sans prospectus
    rien à dire 
    mon enfant ma sœur
    il n’y a plus qu’à partir
    sous le ciel brouillé
    multicolore
    vers l’aventure
    partir seul
    pour mieux découvrir
    ce qu’il y a là-bas
    au bout de la route
    et de soi-même

    Texte de Luc Fayard inspiré par Palms Road, de Géraldine Verine 


  • village de bord de mer

    Vue artistique d'une ruelle avec des maisons colorées, des fenêtres et des portes, créant une ambiance de curiosité et de vie cachée.
    Béatrice Aliamus – Les ruelles de Douarnenez

    on a envie d’aller
    au bout de la rue
    découvrir
    ce qui se cache
    au-delà des angles 
    tranchants
    des maisons pimpantes
    toucher derrière les portes
    et les fenêtres closes
    cette vie secrète
    et pourtant bien réelle
    derrière les portes
    et les fenêtres
    on sent la mer proche
    qui nous appelle
    on entend avec elle
    le cri rauque des mouettes
    et des goélands
    c’est une promenade sans fin
    égayée par les couleurs de la vie
    reflétées par les murs

    Texte de Luc Fayard inspiré par Les ruelles de Douarnenez, de Béatrice Aliamus


  • recoins

    Betty Rosant – Immersion

    la forêt peuple la nuit
    de ses recoins
    ses secrets 
    ses pénombres
    quand la lumière traverse
    ce sanctuaire de mystères
    une autre vie commence
    dans un cycle sans fin
    mais vécu de l’intérieur
    chaque instant brillera
    comme un diamant

    Texte de Luc Fayard inspiré par Immersion, de Betty Rosant


  • port de pêche

    Jehanne Roesch – Soir d’été au Havre, vue de mon atelier

    la lumière est un filtre
    impressionniste
    posé sur le paysage
    on ne voit personne
    mais les activités se devinent
    le soir d’été a lâché son voile
    sur les hommes et la ville
    l’eau est partout
    devant derrière
    enserrant les maisons
    qui vivent d’elle
    la mer est une nourrice
    prégnante et fière

    Texte de Luc Fayard inspiré par Soir d’été au Havre, vue de mon atelier, de Jehanne Roesch


Dernières publications d’art et de poésie

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    Roger Bissière : Composition verte (1961)

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025