Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 457 artistes • 855 auteurs
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Citation Amavero du jour
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, – Et les mots pour le dire arrivent aisément.
…, dit Despréaux, 1636-1711,  in L’Art poétique


  • univers parallèle

    dans un univers parallèle
    la joie régnait en maitre
    les poissons zigzaguaient

    sur des vagues de folie
    fanforonnes les algues jouaient 
    de la trompette bouchée
    la même substance
    de légèreté douce
    régnait dans l’eau et l’air 
    riant de leurs bêtises
    les êtres vivants 
    déployaient leurs antennes
    en étendards de victoire
    c’était peut-être le paradis


  • allusions

    Paul Sérusier – Paysage au Bois d’Amour, dit aussi Le Talisman
    (1888)

    l’étape est franchie
    de la forme ne reste que
    couleurs réinventées
    et allusions
    chaque chose
    pourtant à sa place
    on devine on imagine
    on se laisse emporter
    par la musique douce
    des teintes accolées
    on voit la maison
    on voit les arbres
    on voit l’eau
    ensuite
    il faut fermer les yeux
    pour que le spectacle continue
    en chacun de nous

    Texte de Luc Fayard inspiré par ce tableau de Paul Sérusier vu au Musée d’Orsay

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
    COMMANDER LE LIVRE


  • rouge sang

    Maurice Denis – Taches de soleil sur la terrasse (1894)

    tout le monde aurait aimé
    savoir peindre
    des flaques de soleil
    comme celles-là
    un vrai rouge sang
    violent
    gluant
    qui tache
    qui fait mal
    et chaud au coeur
    le vert est vert
    la vie est contraste
    la vie explose
    comme une tache
    de sang

    Texte de Luc Fayard inspiré par Taches de soleil, de Maurice Denis

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • rêve d’amour

    Émile Bernard – Madeleine au Bois d’Amour (1894)

    symbole total du rêve
    zeste de langueur
    pose alanguie
    sanglée dans sa robe
    Madeleine songe
    et le temps
    les arbres
    l’eau se figent
    pour l’escorter
    dans son rêve
    au Bois d’Amour
    si bien nommé
    sera-t-il exaucé

    Texte de Luc Fayard inspiré par Madeleine au Bois d’Amour, d’Émile Bernard
    Duo poème-œuvre paru dans « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les Impressionnistes. », Éditions Amavero, 2023
    Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne


  • l'homme nu

    les lumières jaillirent de la nuit
    crépitant comme un feu d’artifice
    lanceur de fausses étoiles
    vers le dôme du monde

    je vis la folie des hommes
    le passé reconstruit le présent occulté
    le futur antérieur éparpillé
    l’espace infini courbé par le temps

    puis un long chant d’amour
    rivière tortueuse et lente
    coula en déchirure aiguë
    cicatrisant les champs de vie

    à genoux l’humanité priait
    ses totems qui lui psalmodiaient
    peuple né de la pénitence
    tu vivras dans la souffrance

    une longue plainte naquit
    mère de tous les cris
    fil d’ariane reliant les cœurs
    tiraillés entre désirs et pleurs

    indifférent aux maux
    je marchai jusqu’à l’aube
    et le jour advenu
    j’étais un homme nu

    Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « l’homme nu »


    Texte de Luc Fayard illustré par une image IA créée pour ce texte


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  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025