Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
Deux choses remplissent l’esprit d’une admiration et d’une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes : le ciel étoilé au-dessus… Lire


  • trait noir

    trait noir d’horizon
    surmonté d’un demi-cercle
    qui deviendra cercle
    se hissant lentement
    fatalement 
    le plus haut possible
    dans le ciel
    tous les jours
    jusqu’à la fin du monde

    coincés entre la voûte bleue 
    et le vaste foncé 
    glissant parfois vers le vert
    bloquées entre ces deux univers
    de fines couches orangées
    font les tampons ouatés
    entre deux mondes

    tous les matins sans musique
    à l’heure à peine glissante
    se déroule la même lente 
    et splendide cinématique

    rien ni personne d’autre
    pour la goûter
    pas même un cri d’oiseau
    silence de pleine mer
    sauf ce léger bruissement
    de brise tiède
    aux multiples futurs

    et si en plus ce jour-là
    la mer est plate 
    l’homme vivra
    il le sait
    la seule expérience possible
    du paisible infini

    conscient de son humble position
    invité du dernier rang
    quand la nature oxygène 
    l’âme du marin
    il respire sans fards la splendeur 
    du plus beau spectacle du monde

    chaque jour
    minimaliste 
    le même scénario
    et pourtant chaque jour 
    une émotion différente
    étreinte de vérité
    crainte de faiblesse
    offrande de beauté
    mystère de demain
    bout d’éternité 
    dans un bout d’âme
    fenêtre ouverte 
    sur l’absolu

    debout sur le pont 
    tête haute 
    main serrant la filière
    dire merci

    parfois à l’aube
    les couleurs grimacent
    vers le plus noir
    le vent a choisi de forcer
    la mer aussi se fonce et bouge
    secouée par en-dessous
    du bruit plein les oreilles
    ça siffle et ça tape
    beaucoup de travail
    les mains prises
    pas le temps de rêver

    mais le marin le sait
    là-bas derrière la brume
    et la barrière de pluie
    même dans le gris
    et la lourde fureur
    le disque se lève encore
    et encore

    immuable beauté 
    de la nature
    sans spectateur

    Texte: Luc Fayard

    Henri Le Sidaner – Clair de Lune (1904)

  • jaune

    Alfred Sisley – Le Pont de Moret (1893)

    cela n’existe pas
    un paysage jauni
    comme celui-ci
    et pourtant
    quelle force quelle vie
    dans les lignes
    dans les formes
    et l’eau si présente
    qu’on la voit frémir
    qu’on l’entend gémir
    il fait chaud ce jour-là

    Texte de Luc Fayard inspiré par Le Pont de Moret, d’Alfred Sisley

    Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne


  • architecte

    Auguste Renoir – Charles Le Cœur (1872-1873)

    il est sorti
    fumer une cigarette
    trop de bruit là-dedans
    ah ces artistes
    en discussion
    il goûte un moment
    le calme serein
    de son jardin
    le temps de s’imaginer
    un avenir glorieux
    d’architecte ami des arts
    puis il rentrera
    dans le brouhaha
    qu’il aime bien
    finalement
    il en fait partie

    Texte de Luc Fayard inspiré par Charles Le Cœur, d’Auguste Renoir

    Duo poème-œuvre paru dans « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les Impressionnistes. », Éditions Amavero, 2023


  • miroir

    Claude Monet – En norvégienne, dit aussi La barque à Giverny

    l’eau sombre et claire
    le reflet de la barque
    et des femmes
    symbole
    du monde à l’envers
    miroir presque parfait
    d’un idéal
    les poses arrêtent le temps
    entre attente lassitude
    et concentration
    que va-t-il se passer
    peu importe
    c’est ce moment parfait
    qui compte
    et qu’il fallait capter

    Texte de Luc Fayard inspiré par En norvégienne, dit aussi La barque à Giverny, de Claude Monet


  • fruit

    Auguste Renoir – Gabrielle à la rose (1911)

    fille des îles
    douce pensive
    dans ton mouvement
    de la rose à l’oreille
    fruit mur à croquer
    tu penches la tête
    pour rêver paresseuse
    à ta plage à mangrove
    la-bas si loin
    où le sable dru
    borde la mer houleuse
    quand la rose
    sera fanée
    tu garderas
    tes secrets

    Texte de Luc Fayard inspiré par Gabrielle à la rose, de Auguste Renoir

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025