Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Mourir, c’est accomplir un acte d’une portée incalculable


  • fée neige

    Amélie de Trogoff – Sainte-Amélie-des-Monts

    la neige n’est pas que manteau
    elle est baguette de fée
    qui transforme le paysage
    en voile de prière muette
    voix vers le silence
    tout se cache dans l’attente
    ce qui reste apparent craint
    neige épaisse fil d’ariane
    reliant la terre et le ciel
    l’homme et son âme
    l’espace et le temps

    Texte de Luc Fayard inspiré par Sainte-Amélie-des-Monts, par Amélie de Trogoff


  • ponton

    Une peinture représentant un ponton en bois sur une eau calme, avec des montagnes floues en arrière-plan sous un ciel nuageux.
    Claire Gruson – Le Ponton

    le ponton est une promesse
    de départ d’aventure
    saut vers l’ailleurs
    rupture avec le passé
    que de têtes tournées
    vers les couchers de soleil
    de serments échangés
    au clair de lune
    d’enfants rieurs jouant
    sur les vieilles planches
    toute une vie s’y est déroulée
    tout un futur s’y invite

    Texte de Luc Fayard inspiré par Le Ponton, de Claire Gruson


  • piliers

    CYB – Vivants Piliers

    ioniques ou corinthiens
    les grands piliers droits
    peuvent dr mettre à rire
    se jouer des couleurs
    accueillir la musique et les chants
    inciter les gens qui passent
    à danser la farandole
    en tapant des mains

    puis ce sera le défilé
    du carnaval endiablé
    et quand viendra la nuit
    les colonnes alanguies
    pousseront des soupirs
    fatiguées de supporter
    l’éternel chapiteau
    de la vie
    ses ornements
    et son lourd édifice

    Texte de Luc Fayard inspiré par Vivants Piliers, de CYB


  • temple de l’amour

    Anne Schuller – Temple de L’Amour

    quand au temple nous serons
    nos deux corps s’embrasseront
    dans la nouvelle religion
    du monde factice
    la rivière et les colonnes
    tout pour le plaisir des yeux
    de la reine décoratrice
    et des passants
    le temple se souvient
    des fêtes nocturnes
    qu’il abrita au temps jadis
    pour lui comme pour nous
    l’automne est propice
    à la nostalgie du passé

    Texte de Luc Fayard inspiré par Temple de l’Amour, d’Anne Schuller


  • sève

    Florence Tedeschi – La Forêt

    quand la forêt perd ses couleurs
    elle en prend d’autres
    et s’endort en apparence
    pour se réveiller 
    plus forte et verte
    les odeurs vont changer
    l’épicé deviendra feutré
    la mousse exhalera son humidité
    marcheur nos rêveries
    ne seront pas les mêmes
    elles suivent le même cycle
    mais ne se rétrécissent pas
    comme la sève l’hiver
    au contraire elles s’épanouissent
    aux couleurs de chaque saison
    et nous fortifient

    Texte de Luc Fayard inspiré par La Forêt, de Florence Tedeschi
    Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne


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  • Roger Bissière : Composition verte (1961)

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  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025