Si mon Air vous dit quelque chose,
Vous auriez tort de vous gêner ;
Je ne la fais pas à la pose ;
Je suis La Femme, on me connaît.
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Si mon Air vous dit quelque chose,
Vous auriez tort de vous gêner ;
Je ne la fais pas à la pose ;
Je suis La Femme, on me connaît.
Aussitôt après que l’idée du Déluge se fut rassise,
Un lièvre s’arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes, et dit sa prière à l’arc-en-ciel, à travers la toile de l’araignée.
Oh! les pierres précieuses qui se cachaient, – les fleurs qui regardaient déjà.
Longue comme des fils sans fin, la longue pluie
Interminablement, à travers le jour gris,
Ligne les carreaux verts avec ses longs fils gris,
Infiniment, la pluie,
La longue pluie,
La pluie.
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
II nous verse un jour noir plus triste que les nuits ;
je veux être chat
pour me glisser contre toi
dans ta longue nuit
je veux être chien
pour que tes doigts me caressent
dans le creux du dos
je veux être mouche
pour te titiller le nez
et que tu me chasses






Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)
Monde bleu pâle comme jusquiame,
Monde bleu pâle dans le soir entré.
Avec toi rien que celui et celle,
Et rien que ceux qui sont fidèles.
Crois ou ne crois pas en eux –
Ils vivent comme ils boivent,
Vivent et attendent tout seuls,
Eux-mêmes forgent eux-mêmes.
Et puis – qui es-tu, tu es quoi ? –
Et puis – qui vas-tu devenir ? –
C’est bien égal : philosophe
Ou le berger d’un troupeau.
C’est égal. Sans importance.
Tu vis – eh bien vis ! ça suffit.
Car il y a les étoiles en haut,
Il y a le ciel entré dans le soir
Il y a le seuil, bas comme le péché,
Et toi, fidèle à toi seulement.
Vasyl Stus – Palimpsestes. Poésie et lettres du Goulag (première édition en Allemagne en 1986, première édition française en 2026, 40 ans après, bravo les éditeurs français!)


