Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
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Citation Amavero du jour
– D’abord comment va-t-il ?
– Il va très bien.
– Il est heureux ?
– Il est libre.
– C’est différent ?
– C’est l’étage au-dessus.
…. Un… Lire
elle porte bien son nom la plantureuse colonna moderne décontractée habillée de bleu comme ses yeux qui voient bien plus loin qu’on imagine qui percent toute vanité avec elle il faut être simple et vrai peut-être alors vous gratifiera-t-elle d’un grand sourire venu de son cœur large
Texte de Luc Fayard inspiré par Colonna Romano; De Pierre-Auguste Renoir
massif concentré silencieux tassé dans un coin du bistro il ne voit ne regarde que ses cartes pour lui le monde disparaît et commence même à s’effacer des murs son destin se joue dans sa main une fois de plus il s’interroge la vie est un pari
Texte de Luc Fayard inspiré par Le Joueur de cartes, de Paul Cézanne
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
ne cherchons pas à savoir qui est Justine Dieulh nul ne le sait il faut l’imaginer personne honnête ou courtisane t’as de beaux yeux tu sais du mystère plein la bouche et le menton fier le foulard rouge te va bien sur fond des plantes du jardin que seuls les spécialistes reconnaîtront
Texte de Luc Fayard inspiré par Justine Dieulh, de Henri de Toulouse-Lautrec
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
Vincent Van Gogh – La Guinguette à Montmartre Le Billard en bois, devenu La Bonne Franquette (1886)
nervosité du trait dans le détail qui dit tout le serveur est roux la dame porte un châle son compagnon l’écoute un oiseau passe il y a du vent dans l’arbre et puis le regard s’élargit embrasse toute la scène s’imprègne de l’ambiance pas beaucoup de monde à cause du froid peut-être on a envie de chanter ah le petit vin blanc
Texte de Luc Fayard inspiré par La Guinguette à Montmartre Le Billard en bois, devenu La Bonne Franquette, de Vincent Van Gogh
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
les pics émergent d’un brouillard gris et noir qui répond au blanc de la neige la montagne vierge est une émergence violemment belle les nuées se survolent dans un rêve fier un archange brandira bientôt son épée de lumière au-dessus des hommes
Texte de Luc Fayard inspiré par Éclaircie sur les Drus, de Laurence Gancel.
Sempre caro mi fu quest’ermo colle, E questa siepe, che da tanta parte Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude. Ma sedendo e mirando, interminati Spazi di là da quella, e sovrumani Silenzi, e profondissima quiete Io nel pensier mi fingo; ove per poco Il cor non si spaura. E come il vento Odo stormir tra queste piante, io quello Infinito silenzio a questa voce Vo comparando: e mi sovvien l’eterno, E le morte stagioni, e la presente E viva, e il suon di lei. Così tra questa Immensità s’annega il pensier mio: E il naufragar m’è dolce in questo mare. »
Toujours j’aimai cette colline solitaire Et cette haie qui refuse au regard L’ultime horizon de ce monde. Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux, Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn Des silences surhumains, et c’est une quiétude Si profonde que pour un peu se troublerait Le cœur . Et comme alors j’entends Le vent bruire dans ces feuillages, je compare Ce silence infini à cette voix, Et je me souviens de l’éternel Et des saisons mortes, et de celle Qui vit encore, de sa rumeur. Immensité où sombre ma pensée, Et m’abîmer m’est doux en cette mer.
Giacomo Leopardi – Canti (1818) Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy
Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs. Des mains en multitude élançaient l’offensive, Je tombais à genoux, broyée au laminoir.
Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant Dans un corps devenu un sauvoir célébrant Le règne végétal et l’essor excavant.
J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène, Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.
Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte
René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier
Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit
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