Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 457 artistes • 856 auteurs
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Citation Amavero du jour
Ô spectacle dégoûtant : voir la langue d’un animal dans le cul d’un autre…(parodie de discours apocalyptique pour parler en fait des… Lire


  • les portes de la nuit (1ère version, illustrée par deux artistes modernes)

    les portes de la nuit
    sont prêtes à lever
    devant moi sans un bruit
    les voiles du secret

    le chemin qui m’emmène
    sans joie et sans allié
    enterrera mes peines
    tout sera oublié

    les vallées et les tourbes
    les secrets les non-dits
    la magicienne courbe
    graveuse d’interdit

    l’antique virtuose
    glissera sur la pente
    de la beauté des choses
    rendue évanescente

    sans gloire ni rameau
    dans mon lointain regard
    le silence des mots
    te dira qu’il est tard

    quand au son de mon deuil
    cerbère de l’oubli
    je franchirai le seuil
    des portes de la nuit

    je n’aurai qu’un regret
    n’avoir pas su te dire
    dans un dernier sourire
    à quel point je t’aimais

    Carlos Schwabe – La Mort et le fossoyeur (1885 aquarellé en 1900)
    Théodore Rousseau – Route dans la Forêt de Fontainebleau (1920)

    Texte de Luc Fayard – Sélectionné pour L’Anthologie de la Poésie – Prix Arthur Rimbaud 2024; illustré par le tableau de Carlos Schwabe et par  Route dans la forêt de Fontainebleau, de Théodore Rousseau


  • Partition de poésique : pensée errante

    Partition de poésique « pensée errante » (violon et texte)

    pensée errante © 2024 by Luc Fayard, Chantal Hannes, Éditions Amavero
    is licensed under CC BY-NC-SA

    Licence CC BY NC SA

    Voir autres partitions de musique.


  • pensée errante (version poésique)

    ma pensée part errante
    avide d’assouvir
    ses lubies d’asservir
    sa chimère aberrante

    elle vaque intrigante
    toujours prête à servir
    son ardeur pour gravir
    toute sente insouciante

    vif un son vient percer
    mon rêve dispersé
    le réel me fait face

    dur un monde insensé
    force mes yeux baissés
    ma pensée s’éteint lasse


    Texte de Luc Fayard qui récite son poème « pensée errante » accompagné au violon par la musique composée et interprétée par Chantal Hannes. Partition disponible sur la page
    « partitions de poésique »


  • Aragon (Louis) : Chanson noire

    Mon sombre amour d’orange amère
    Ma chanson d’écluse et de vent
    Mon quartier d’ombre où vient rêvant
                 Mourir la mer

    (suite…)

  • les mots

    galets plats bondissant
    sur l’eau trouble
    d’un lac de pensées

    toile d’araignée
    de sentiments croisés
    entre indicible et non-dit

    permanent jeu pervers
    du son et du sens
    esquisses imparables
    de beauté révélée

    notes seules fusant
    vers la cible lointaine
    ou gaiement accolées
    en résonance

    signes obsolètes
    à peine dessinés
    dans le labyrinthe touffu
    de l’âme à la raison

    étendards bariolés
    portant les écussons
    de la liberté conquise

    rochers de marbre
    en taille directe
    ou bijoux ciselés
    au poinçon d’artisan

    vagues séquentielles
    sur la mer houleuse
    des désirs enchaînés

    méandres menant au but
    par des détours obligés
    ou lignes imparables
    de traits volontaires

    truelles de l’éternel
    puzzle de vérité
    nuages pépites d’un ciel
    aux reflets de lumière

    trésors accordés
    à qui veut ouvrir
    leurs serrures naturelles

    posez-les sur un cercle
    libres et solidaires
    les mots vous habiteront
    à jamais

    Odilon Redon (1840-1916) – Le Rêve du Poète


    Texte: Luc Fayard
    illustré par le tableau d’Odilon Redon:
    Le rêve du poète
    Voir une autre mise en scène, illustré par une image IA


Dernières publications d’art et de poésie

  • John McKinstry – Coastal Cottages (2024)

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  • Mimmo Paladino – Sans titre (2011)

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  • Léon Spilliaert – La couture (1917)

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  • Roger Bissière : Composition verte (1961)

    Roger Bissière : Composition verte (1961)

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025