Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 439 artistes • 760 auteurs
publiés dans Amavero

  • lavande

    Laure d’Argaignon – Lavandes à perte de vue

    l’odeur bien sûr
    prégnante et camphrée
    jusqu’au fond des narines
    la couleur changeante au soleil
    les courbe formelles alanguies
    de plants et bouquets frémissants
    dans les champs les plus beaux
    la danse affolée des abeilles
    le rictus des moustiques
    la lavande est si belle
    et elle sent si bon
    qu’elle guérira
    tous les
    maux

    Texte de Luc Fayard inspiré par Lavandes à perte de vue, par Laure d’Argaignon


  • l’étoile

    Céline Verdière – L’Étoile et Le Mutin

    la goélette à hunier
    réplique des paimpolaises
    pêcheurs de morue
    pointe fièrement
    son long bout-dehors
    poulies et cabestans
    sont durs à souquer
    pour manœuvrer
    quatre voiles d’avant
    mâtereau étambot
    sont réparés
    le bateau-école
    peut repartir

    Texte de Luc Fayard inspiré par L’Étoile et Le Mutin, de Cémine Verdière


  • musique

                                    la musique est en lui
                               peut-être même
            comme certains artistes
               la voit-il en couleurs
    la musique est plus forte
    que les mots
              dit Alessandro Barrico
                                    elle délimite
                                   un monde à part
                               rythme et relief
                 où noble le silence
                  a gagné sa part
      et qui parle à l’âme
              en ligne droite
         un monde ouvert
                                           à qui veut
                        lui donner son cœur

    Texte de Luc Fayard inspiré par Musique, par Brigitte de Lanouvelle


  • barques de pêche

    Claire de Langeron – Calella

    tirées sur la grève
    les larges barques
    au franc bord coloré
    se racontent furtivement
    leurs parties de pêches
    et de promenades
    pas le temps de se reposer
    bientôt elles repartiront
    à nouveau sur les flots
    comme chaque jour

    Texte de Luc Fayard inspiré par Calella, de Claire de Langeron


  • esquisse

    Hélène Benayoun – Petit matin sur le port

    parfois un bateau est juste
    une esquisse de forme
    un reflet dans l’eau
    la proue fière clame
    c’est moi la briseuse de flots
    la coque s’affiche
    comme un étendard
    cachant le carré cosy
    où le marin s’abrite
    les jours de mauvais temps

    Texte de Luc Fayard inspiré par Petit Matin sur le Port, par Hélène Benayoun


Dernières publications d’art et de poésie

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

    Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

    Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

  • Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

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  • Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

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  • Giotto – Dante dans les rangs des élus du paradis (1330)

    Giotto – Dante dans les rangs des élus du paradis (1330)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025