
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

J’ai bien aimé Roland Moreno, l’inventeur de la carte à puce et de la machine à tirer à pile ou face. J’ai eu le plaisir de l’interviewer plusieurs fois dans son antre confortable de Saint-Germain des Prés où il vivait sur un grand écran, surfant sur Google et Wikipedia et admirant le pull serpillère pendu au mur, trophée du film Le Père Noël est une ordure : il était fier que Thierry L’Hermitte lui en aie fait cadeau.
C’était un vrai inventeur et un homme libre et sensible. Il a aussi participé avec Sylvain Robert à une aventure musicale et poétique intéressante « Les Célimènes » où un lecteur lisant un texte connu, sa voix était mise en musique sur un air connu numérisé.
Sa fille Marianne, suite à une importante donation de prototypes de son père qu’elle a organisé l’année dernière à Beaubourg (suivie d’une exposition lui étant consacrée dans ce musée), organise le 24 mai prochain, à Paris, une vente aux enchères qui présentera de nombreux prototypes, objets et documents liés à son univers.
Lire aussi mon interview vidéo de Roland Moreno , le 1er mai 2011, à l’occasion de la sortie de son livre Victoire du Bordel Ambiant
Depuis aujourd’hui, vous pouvez lire le site au hasard.
Un poème, une œuvre, un texte du monde, une pensée, une citation…
Une nouvelle page vous permet de tirer au sort, à chaque clic, un contenu choisi dans nos publications.
👉 Découvrir la page “Tirage au sort”
À découvrir, à re-découvrir, ou à visiter au fil du vent.
C’est le blog que j’ai publié pendant 20 ans, de 2004 a 2024, quand j’étais journaliste informatique, passionné des technologies et de leur impact sur l’entreprise et la société.
Je suis maintenant poète et éditeur mais je n’oublie pas mon passé et j’aime le relier au présent.
Il y a d’ailleurs plein de ponts entre les deux univers (voir par exemple mon article de 2013 « Tableaux utiles pour illustrer votre discours« )
Le blog lui-même est donc maintenant arrêté et archivé.
Vous trouverez ici d’une part toutes les archives des articles de ce blog et d’autres part une sélection des meilleurs articles infotekart, que je réintroduis à chaque fois dans le contexte.







Vasyl Stus : Palimpsestes, Poésie et lettres du Goulag (1986)
Monde bleu pâle comme jusquiame,
Monde bleu pâle dans le soir entré.
Avec toi rien que celui et celle,
Et rien que ceux qui sont fidèles.
Crois ou ne crois pas en eux –
Ils vivent comme ils boivent,
Vivent et attendent tout seuls,
Eux-mêmes forgent eux-mêmes.
Et puis – qui es-tu, tu es quoi ? –
Et puis – qui vas-tu devenir ? –
C’est bien égal : philosophe
Ou le berger d’un troupeau.
C’est égal. Sans importance.
Tu vis – eh bien vis ! ça suffit.
Car il y a les étoiles en haut,
Il y a le ciel entré dans le soir
Il y a le seuil, bas comme le péché,
Et toi, fidèle à toi seulement.
Vasyl Stus – Palimpsestes. Poésie et lettres du Goulag (première édition en Allemagne en 1986, première édition française en 2026, 40 ans après, bravo les éditeurs français!)


Erich Fromm : L’homme moderne a perdu contact avec lui-même
L’homme moderne a perdu contact avec lui-même, avec autrui et avec la nature. Transformé en marchandise, il éprouve ses forces vitales comme un investissement dont il doit tirer le maximum du profit possible en rapport avec les conditions du marché. Les rapports humains sont essentiellement des rapports entre automates aliénés, chacun assurant sa sécurité en s’efforçant de rester proche de la foule et de ne pas s’en distinguer en pensée, sentiment ou action. Dès lors, chacun reste absolument seul, en proie à l’insécurité, l’angoisse et la culpabilité, tous sentiments inéluctables lorsque l’on ne parvient pas à surmonter la solitude humaine…
…Dans la société capitaliste contemporaine, la signification de l’égalité s’est transformée. Par égalité on se réfère à une égalité d’automates ; d’hommes qui ont perdu leur individualité. Aujourd’hui, égalité signifie « similitude » plutôt que « singularité ». C’est une similitude d’abstractions, d’hommes qui exécutent les mêmes travaux, qui s’adonnent aux mêmes loisirs, qui lisent les mêmes journaux, qui nourrissent les mêmes sentiments et les mêmes idées.
Erich Fromm – Extraits de « L’art d’aimer »
