Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 458 artistes • 760 auteurs
publiés dans Amavero

  • ruche

    Odile de Bouvier – L’Atelier du soleil

    prenez un tableau abimé
    scrutez-le à la loupe
    respirez le travail de l’artiste
    qu’il imprègne vos mains
    votre cerveau
    puis réglez la lumière
    la température
    le taux d’humidité
    et ensuite patience
    et minutie
    un travail de ruche
    pour que l’œuvre renaisse
    d’une nouvelle jeunesse

    Texte de Luc Fayard inspiré par L’Atelier du Soleil, d’Odile de Bouvier


  • galop

    Alexia Rouaud – Galop

    les gens me voient à l’aise
    sur mon coursier mille volts
    ils croient facile
    de garder la fesse en l’air
    au galop
    s’ils savaient
    je suis en équilibre instable
    sur le point de tomber
    à tout moment
    pour me casser
    en mille morceaux
    je dirige mon cheval
    d’un bout de mollet
    et de quelques doigts
    un métier de fou
    mais quand on gagne

    Texte de Luc Fayard inspiré par Galop, d’Alexia Rouaud


  • camaïeu

    Sylvie Verkos – Primevères

    camaïeu de couleurs
    qui se répondent
    sur la table les murs
    dans le vase
    dans le jeu d’ombres
    et de lumière
    un dialogue se crée
    tout est vivant
    la nature
    n’est pas morte
     
     

    Texte de Luc Fayard inspiré par Primevères, de Sylvie Verkos


  • rhinocéros

    Capucine Minot – Bandia

    rencontrer un rhinocéros
    en dehors d’un zoo
    ça n’arrive pas tous les jours
    alors profitons-en
    mais la discussion n’est pas simple
    regard biaisé
    front doublement cornu
    tête baissée
    les grognements font peur
    l’animal pense à sa survie
    et se moque des mondanités
    on se parlera
    un autre jour

    Texte de Luc Fayard inspiré par Bandia, de Capucine Minot


  • réglages

    Claude Monet – Régate à Argenteuil (1874)

    toutes voiles dehors
    les voiliers d’Argenteuil
    régatent par petit temps
    l’eau est noire de monde
    on tire sur les bouts
    on règle les voiles au plus fin
    on essaie de tenir son cap
    malgré les courants
    et les sautes d’humeur
    d’une brise un peu molle
    difficile à saisir
    le plan d’eau n’est pas si large
    il faut y faire sa place
    mieux vaut être devant
    qu’au milieu de la noria
    tout à l’heure le gagnant
    lèvera sa coupe
    au milieu des vivats
    et l’on repartira chez soi
    avec un bon souvenir de plus

    Texte de Luc Fayard inspiré par Régate à Argenteuil, de Claude Monet


Dernières publications d’art et de poésie

  • Mimmo Paladino – Sans titre (2011)

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  • Roger Bissière : Composition verte (1961)

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  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

    Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025