Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 457 artistes • 855 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Bon d’accord, dans le digital, il y a eu quelques garagistes en herbe qui ont décollé comme des fusées. Vous me direz, partant de zéro, ils… Lire


  • arbre et mer

    Isabelle de Galzain – Pale du Penboc’h

    l’arbre aime le sel de la mer
    et le grain du sable
    qui lui mordillent les pieds
    il se nourrit
    du roulement des vagues
    et des clameurs de mouettes
    il étire ses branches
    le plus loin possible
    pour attirer les visiteurs
    dans son ombre tiède
    nourrie d’histoires tendres
    et de passions secrètes

    Texte de Luc Fayard inspiré par Plage du Penboc’h d’Isabelle de Galzain


  • serre

    Laurence Gancel – Balade dans les serres de Kew Garden

    étrange endroit
    la serre transparente
    où tout se crée
    dans la chaleur
    et l’humidité
    sous la lumière
    éclatante
    on y apprend
    le soin la patience
    on y cultive
    l’espoir
    l’attention
    et peu à peu
    tout renait

    Texte de Luc Fayard inspiré par Balade dans les serres de Kew Garden, par Laurence Gancel


  • elle joue la nuit

    elle joue
    et par la porte ouverte
    les notes du piano fuient
    je les regarde
    s’envoler dans la nuit
    danser là-haut
    sans anicroche
    sur un tempo lent
    où noire et croche
    caressent les nuages blancs

    elle joue
    et le temps s’arrête
    de respirer
    moi aussi
    la nuit est grave
    et la musique aiguë

    elle joue
    et ne sait pas
    sa grâce à elle
    pour moi
    tout ce qu’elle touche luit
    ses mains créent ma lumière
    chemin balisé dans la nuit

    elle joue
    et le vent profite d’un soupir
    pour pousser le sien
    moi aussi
    la musique et la nuit
    sœurs jumelles
    de l’attente

    elle joue
    et envoie ses notes
    en estafettes
    points d’interrogations
    titubant sans fin
    dans la nuit
    de ma tête étoilée

    elle joue
    et sa musique
    alanguit les étoiles
    une à une
    le ciel complice me sourit
    dans son halo
    de lune

    sans elle au piano
    la nuit
    ne serait plus jamais la même
    moi non plus
    ou je serais la nuit

    Image créée par Dall.e pour illustrer le poème « elle joue la nuit » de Luc Fayard

    Texte de Luc Fayard illustré par l’IA

     


  • métropolitain

    Claire de Langeron – Métropolitain

    c’est la lumière
    qui nous attend
    en haut des marches
    on sort de l’obscurité
    de la foule pressée
    et la tête levée
    on monte vers la vie
    le bruit joyeux
    la liberté d’aller
    où on veut
    sortir du métro
    c’est un peu
    aller au paradis

    Texte de Luc Fayard inspiré par Métropolitain, de Claire de Langeron


  • éveil

    Sandrine Jarrosson – La Vie est belle

    on peut errer
    longtemps
    dans le noir
    sans savoir
    qu’au fond de son être
    naissent déjà
    les nouveaux rayons
    de lumière
    un jour ce sera l’éveil
    les sens purifiés
    s’accorderont
    à la vibration
    d’un monde disponible
    et ce jour-là
    tout sera possible

    Texte de Luc Fayard inspiré par La Vie est belle, de Sandrine Jarrosson.


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  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025