Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 440 artistes • 760 auteurs
publiés dans Amavero

  • boule

    Sophie Pechère – Place des Lys

    une boule de pétanque
    c’est beau c’est lourd
    vieille et cabossée
    elle brille davantage
    car elle est
    présent et passé
    une dans chaque main
    le plus bel équilibre
    quand le joueur la lance
    son corps son âme
    s’envolent avec elle
    en l’air tous les souffles
    sont suspendus
    le temps aussi
    et quand elle retombe…

    Texte de Luc Fayard inspiré par Place des Lys, de Sophie Pechère


  • herbe et terre

    Sandrine Jarrosson – La Vallée joyeuse

    herbe et terre
    avant après
    joie des jours heureux
    grisaille d’autres temps
    et comme une vague de fond
    qui nous fait progresser
    corps et âme
    sans regrets
    quête proche et lointaine
    difficile et évidente
    peu importe
    c’est le chemin qui compte
    bonheur bonheur
    de le parcourir

    Texte de Luc Fayard inspiré par La vallée joyeuse, par Sandrine Jarrosson


  • rêve rouge

    Christine Robion – Rêve rouge

    cette nuit-là
    le rêve fut rouge
    c’est rare
    un rêve en couleurs
    d’habitude ils sont gris
    mais cette nuit-là
    il était rouge
    comme le sang
    il roulait à toute vitesse
    avec un bonnet d’âne
    ses roues de bulldozer
    écrasaient tout le monde
    ça criait partout
    et dans la fureur c’est là
    que je me suis réveillé

    Texte de Luc Fayard inspiré par Enfance rouge, de Christine Robion


  • pluie rouge

    la pluie rouge tomba sur la ville
    honteuse la mer partit se cacher
    emportant avec elle les poissons affolés
    les maisons blanches tremblaient de peur
    puis un cri vibrant jaillit de la cote
    déclamant aux gens perdus
    creusez loin cherchez au-delà de l’illusion
    née du cauchemar des hommes
    vivez le présent et ses cadeaux
    le sourire revint sur les quais
    et le monde finit par s’habituer
    à ces nouvelles couleurs
    qui rendaient la vie plus joyeuse

    Image Dall.e pour illustrer le poème « pluie rouge »


    Texte de Luc Fayard, illustré par l’IA


  • halo qui luit

    peu à peu la nuit se pare de noir et brume
    s’emmitouflant dans un manteau d’ouate infernale
    aux teintes bleuies de zinc rocher d’araignée
    l’horizon gris s’enterre dans un brouillard sale
    abritant un labyrinthe d’inimitiés
    le ciel en pleurs se lie à la terre qui fume 

    désemparée par ce règne nu
    où les couleurs de la vie se diluent
    l’âme gémit désorientée
    pleurant les mots refoulés
    les émotions perdues
    les sourires reclus
    les sentiers lumineux qui se sont éteints
    les paysages qu’elle n’aura jamais peints

    elle fait plus que pleurer serpillière
    elle se tord de douleur la sorcière
    s’arrachant des tonnes de vies ratées
    les murs de la nuit noire se recréent

    dans le froid sombre comme une pieuvre qui hurle
    où tout se tait
    où rien ne plait
    furtif un mouvement esquisse une virgule
    ridicule
    derrière son halo bleuté
    la lune tente une épopée
    incertaine

    uniforme trouée de grisaille ironique
    le cercle mal dessiné
    s’élève péniblement sur les hommes
    pour que l’âme s’accroche
    sans la moindre anicroche

    je discerne là-bas une lueur moirée
    cible vacillante qui ne veut pas mourir
    étendard de révolte à la fin du soupir
    que je pourrai enfin brandir pour espérer

    le halo qui luit met le holà à ma nuit

    Image Dall.e pour illustrer le poème « halo qui luit »


    Texte de Luc Fayard illustré par l’IA


Dernières publications d’art et de poésie

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

  • Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

    Shoko Uemura : Les deux renards (1980)

  • Laurence Stephen Lowry : Going to the match (1953)

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  • Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

    Léo Gausson – La Maison à l’Arbre rouge (1890)

  • Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

    Johan-Barthold Jongkind – Le Port de Rotterdam (1816)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025