Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 404 artistes • 746 auteurs
publiés dans Amavero

  • Déserte

    Brigitte Biechy-Payrastre – N.167 (2019) –  acrylique sur toile

    D’argile et de pierres
    D’ocre et de sang

    Je suis façonnée
    Par les fumerolles
    Bercée par les légendes

    Mon corps n’est que parole
    Et ma parole est cendre
    Enfantée par les roches
    Par-delà les méandres

    Mes pieds foulent le sol

    Chaos incandescent
    D’où d’indomptables et folles
    Rivières prennent naissance

    Sauvage et éphémère
    Éternel mouvement
    Que celui de la terre
    Soulevée par les vents

    Je suis une prière
    Une femme mouvante
    Animale
    Déferlante
    Solitaire
    Reliée au vivant
    Par les racines dans mon ventre.
    Je suis le désert
    Le désert est mon antre.

    Texte de Léa Cerveau, dite Léa La Poétique, inspiré par le tableau N.167 de Brigitte Biechy-Payrastre  – 2019 –  acrylique sur toile -114 cm x 142 cm


  • brume

    Bérangère Costa – Le Conquet – photographie

    je suis l’humide gris
    perlant de gouttes
    sur le pont salé
    je suis le voile du marin
    enrobant le navire
    pour lui dérober la vie

    porteuse de poisse
    je suis la fatalité
    faiseuse d’angoisse
    à qui on finit
    par s’habituer

    quand je suis là
    sans m’être annoncée
    anxieux le marin
    ne voit plus rien
    silencieux aux aguets
    l’oreille tendue
    il écoute ausculte
    car il le sait
    je ne pardonne rien
    ni l’invisible rocher
    ni la boussole affolée

    sur la cote floutée
    le phare sans veilleur
    peut se moquer de moi
    mais que m’importe
    où son regard porte
    tenace obstinée
    d’une infinie patience
    je tisse ma toile
    d’ombre et de destin
    posément je déploie 
    mon filet de mailles
    à l’invisible ouate
    enserrant ses proies

    et pour un temps incertain
    sous la loi de l’indistinct
    moi juge suprême
    j’abolirai la frontière
    entre laideur et beauté
    pour tout emmêler
    sans aucun remords
    le jour et la terre
    la nuit et la mer
    la vie et la mort

    Texte de Luc Fayard, inspiré par une photo de Bérangère Costa


  • La Servante en Personne

    Kogles – La Servante en personne

    Toujours avec beaucoup d’humilité
    Elle se rendait utile
    Elle avait cette qualité
    Cette façon subtile
    D’être une ombre discrète
    Mais fort indispensable.
    Elle, qui était invisible
    Mais si sentimentale
    Rêvait de ce futur possible
    De cet amour intarissable



    Texte de Corine Cusin Panit , inspiré par le tableau La Servante en Personne de Kogles


  • toucher le bout de l’arc-en-ciel

    – je veux toucher le bout de l’arc en ciel
    s’il le faut je prendrais un bateau
    mais j’ai peur de me perdre en mer
    et d’errer comme un vaisseau fantôme

    – contemple d’abord ses couleurs
    fais les chauffer dans ton cœur
    imagine les pays survolés
    les gens éblouis la tête en haut

    – je veux partir je ne peux rester la
    l’arc a tracé mon chemin
    il me dit viens envole toi
    emporte tes rêves qui vont surgir

    – l’arc lui-même est un rêve
    visible de partout dominant tout
    mais il n’est qu’un piège de lumière
    tu pourrais le traverser sans le voir

    – je veux danser sur les étoiles
    rire avec le vent du chemin
    gonfler mes poumons de l’air marin
    sentir mon cœur au rythme de mes pas

    et l’enfant monta sur l’arc en ciel
    et disparut avec lui

    Therese Schwartze – Mother and Child (1884)


    Texte du recueil inédit toucher le bout de l’arc-en ciel, dont un texte a reçu le Diplôme d’honneur – Prix Europoésie-Unicef 2023; illustré par Mother and child, de Thérèse Schwartze.


  • deux formes

    Edgar Degas – La Femme à la potiche (1872)

    femme et vase
    se répondent
    deux formes
    le sombre et le clair
    mais les bras
    et les feuilles
    se disputent
    la potiche nous dit
    ce n’est pas moi
    qu’il faut regarder
    c’est elle
    et que nous disent
    d’autre impératifs
    les doigts crispés
    de la femme
    sur le fauteuil
    ils disent
    regardez-moi donc

    Texte de Luc Fayard, inspiré par La Femme et la potiche, d’Edgar Degas

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025