un œil de tigre
au grand jamais
vous ne le verrez
d’aussi près
tant mieux pour vous
d’ailleurs le tigre
est difficile à voir
il est tapi
lui il vous voit
depuis longtemps
et il attend
Texte de Luc Fayard inspiré par Tigre, de Corinne Dupeyrat
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
un œil de tigre
au grand jamais
vous ne le verrez
d’aussi près
tant mieux pour vous
d’ailleurs le tigre
est difficile à voir
il est tapi
lui il vous voit
depuis longtemps
et il attend
Texte de Luc Fayard inspiré par Tigre, de Corinne Dupeyrat
l’arbre aime le sel de la mer
et le grain du sable
qui lui mordillent les pieds
il se nourrit
du roulement des vagues
et des clameurs de mouettes
il étire ses branches
le plus loin possible
pour attirer les visiteurs
dans son ombre tiède
nourrie d’histoires tendres
et de passions secrètes
Texte de Luc Fayard inspiré par Plage du Penboc’h d’Isabelle de Galzain
étrange endroit
la serre transparente
où tout se crée
dans la chaleur
et l’humidité
sous la lumière
éclatante
on y apprend
le soin la patience
on y cultive
l’espoir
l’attention
et peu à peu
tout renait
Texte de Luc Fayard inspiré par Balade dans les serres de Kew Garden, par Laurence Gancel
elle joue
et par la porte ouverte
les notes du piano fuient
je les regarde
s’envoler dans la nuit
danser là-haut
sans anicroche
sur un tempo lent
où noire et croche
caressent les nuages blancs
elle joue
et le temps s’arrête
de respirer
moi aussi
la nuit est grave
et la musique aiguë
elle joue
et ne sait pas
sa grâce à elle
pour moi
tout ce qu’elle touche luit
ses mains créent ma lumière
chemin balisé dans la nuit
elle joue
et le vent profite d’un soupir
pour pousser le sien
moi aussi
la musique et la nuit
sœurs jumelles
de l’attente
elle joue
et envoie ses notes
en estafettes
points d’interrogations
titubant sans fin
dans la nuit
de ma tête étoilée
elle joue
et sa musique
alanguit les étoiles
une à une
le ciel complice me sourit
dans son halo
de lune
sans elle au piano
la nuit
ne serait plus jamais la même
moi non plus
ou je serais la nuit
Texte de Luc Fayard illustré par l’IA
c’est la lumière
qui nous attend
en haut des marches
on sort de l’obscurité
de la foule pressée
et la tête levée
on monte vers la vie
le bruit joyeux
la liberté d’aller
où on veut
sortir du métro
c’est un peu
aller au paradis
Texte de Luc Fayard inspiré par Métropolitain, de Claire de Langeron



cette plume appartenait
à un geai des chênes
qui l’a déposée une nuit
devant chez moi
pour que je la trouve au matin
deux centimètres de haut
j’ai failli ne pas la voir
depuis que je l’ai prise
entre mes mains
elle est entrée dans mon âme
et ma vie a changé
ma vision de la beauté
mon symbolisme
mon attention aux détails
j’ai découvert
le minusculement magnifique
porteur d’envol et de légèreté
de tournoiement aussi
mais il a fallu
qu’un petit animal
perde un attribut
pour que je gagne en émotion
j’espère que cette plume
n’est qu’une mue
pas l’issue d’un combat
un don pas une perte
merci à l’oiseau
qui m’a offert ce cadeau
je lui promets
qu’il portera ses fruits
désormais mes mots
seront ceux de sa liberté
Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
Voir la version illustrée.

barré par l’envol des oiseaux blancs
le trait de lumière décoiffe l’horizon
la mer désertée ne vibre plus du vent
qui tourmentait le destin des passants
il est temps
de partir
ailleurs
où la peine
serait douce
à vivre
je marcherai sur les sentiers embrumés
respirant le souffle des frondaisons
l’âme pleine de tableaux de rêves
et de souvenirs aux reliefs embellis
mais la pluie
refroidira
mon ardeur
et le seul bruit
de la nuit
mon cœur
l’aube verra palpiter la rosée
et parvenu au seuil de la maison
j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
et la refermerai sur mon ombre passée
Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée



