Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
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Citation Amavero du jour
On lit comme on aime, on entre en lecture comme on tombe amoureux : par espérance, par impatience…
…. Une petite robe de fête
Pierre Bonnard – Tête de femme à contre-jour (1906)
il fallait oser user du contre-jour dans la peinture pour justifier avec éclat le coup de pinceau à la fois précis et suggestif les teintes improbables du visage le dessin parfait du profil et le ton rêveur on peut alors rêver c’est un jeu un bonus
Texte de Luc Fayard inspiré par Tête de femme à contre-jour, de Pierre Bonnard
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
Henri Rousseau, dit Le Douanier – Portrait de Madame M. (1863)
pauvre douanier quelle peur soudaine a du l’envahir à l’apparition de ce corbeau saisissant pourtant à bien y regarder la figure est ronde et bonhomme et dans les yeux des nuages passent comme une interrogation elle ne doit pas être si méchante que cela elle grogne c’est sûr mais parfois peut-être sourit-elle
Texte de Luc Fayard inspiré par Portrait de Madame M., de Henri Rousseau , dit Le Douanier
beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023
Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023 COMMANDER LE LIVRE
l’espace n’a plus les mêmes creux il se dilue se déforme le temps coule chaotique dégoulinant d’une montre molle le soleil sourit satisfait comme un projecteur de cinéma seuls les oiseaux chantent profitant du vide absolu laissé par nos âmes statues
l’angoisse plane on se croit malade on n’est que pantin pitoyable on ne rit plus c’est indécent le monde entier oublie ses gestes tendres transformé en robot appliqué
on s’en souviendra forcément de ces gens croisés la tête basse sur le côté craignant le miasme errant de ces frôlements évités de ces embrassades retenues la mémoire mise à nue le monde entier ne baise plus pas prononcé pas pensé pas fait le mot amour effacé de nos écrans
quand la vie reviendra on ne saura plus quoi se dire on sera niais et gras le sourire béat
j’irai pleurer dans la rue bondée cherchant un visage à caresser mais on fuira le pestiféré je crierai vous avez oublié la respiration maintenant il est trop tard le mal est fait ce n’est pas la maladie qui a gagné ce n’est pas le virus qui vous a tué vous individu société nation c’est le manque d’ambition
Image créée par Dall.e pour illustrer le texte de Luc Fayard « espace creux »
Texte de Luc Fayard illustrée par une image créée par l’IA pour ce texte
il pleure souvent dans mon coeur quels yeux quel visage quel front et dans les couleurs quelle audace la lumière blafarde mortuaire et pourtant quel attrait quelle gueule on aimerait bien le rencontrer dans un bar
Texte de Luc Fayard inspiré par Paul Verlaine, d’Eugène Carrrière
elle compte plus de rides sur sa peau cuivrée
que d’années dans son corps voûté
toujours elle baisse les yeux et fronce le nez
sans sourire et sans le faire exprès
le soleil distribue la lumière et l’ombre
sur un visage auréolé
ses fins cheveux gris et ambre
amplifient la force de sa stature
pour elle le temps qui passe et qu’il fait
n’a pas notre valeur hypertrophiée
elle l’a définitivement apprivoisé
derrière ses yeux plissés
Une première fois, elle saute Par la fenêtre ouverte Elle tombe et se relève Elle remonte aussitôt Et se jette à nouveau Cette fois, elle tombe plus fort Et se relève en sang Pourtant, elle y retourne Avec une obstination morbide Elle se jette dans le vide Heurte durement le sol La tête la première Un silence angoissant puis Elle se relève Part en courant On dirait une possédée, une folle Mais elle est bien vivante Cette métaphore est violente Mais peut-être l’avez-vous deviné ? C’est la maternité
Texte de Clara Fayard inspiré par L’Ange Volé, de Bernard Gast ; écrit en Atelier de poésie
L’amère flamme ruisselant l’oxyde fragile boisé flot argenté du jour dormant dans la vaste nuit Fleure fœtus hermaphrodite Des aromates sauvages sont replongés en ma sève
Texte de Consuelo écrit avec le jeu des 20 mots : amer, flamme, ruisseler, oxyder, fragile, bois, flot, argent, jour, dormir, vaste, nuit, fleur, foetus, hermaphrodite, aromate, sauvage, être, plonger, sève
Ernst-Ludwig Kirchner : Poules près de Bergdorf (1919-1920)
Carlos Bonvalot : Pierrot et Colombine (1920)
Osvaldo Cavandoli : La Linea (1972)
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