Texte de Luc Fayard inspiré par L’Inconnu, par Véronique Levy-Scheimann
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Texte de Luc Fayard inspiré par L’Inconnu, par Véronique Levy-Scheimann
la vie façon puzzle
tout s’emboîte
couleurs et formes
en harmonie
le village est un rêve
où tout irait bien
dans la rue chaude
et silencieuse
derrière les volets
et les portes fermées
on imagine des vies
secrètes et poétiques
Texte de Luc Fayard inspiré par Saint-Paul, de Florence Tedeschi
l’odeur bien sûr
prégnante et camphrée
jusqu’au fond des narines
la couleur changeante au soleil
les courbe formelles alanguies
de plants et bouquets frémissants
dans les champs les plus beaux
la danse affolée des abeilles
le rictus des moustiques
la lavande est si belle
et elle sent si bon
qu’elle guérira
tous les
maux
Texte de Luc Fayard inspiré par Lavandes à perte de vue, par Laure d’Argaignon
la goélette à hunier
réplique des paimpolaises
pêcheurs de morue
pointe fièrement
son long bout-dehors
poulies et cabestans
sont durs à souquer
pour manœuvrer
quatre voiles d’avant
mâtereau étambot
sont réparés
le bateau-école
peut repartir
Texte de Luc Fayard inspiré par L’Étoile et Le Mutin, de Cémine Verdière
la musique est en lui
peut-être même
comme certains artistes
la voit-il en couleurs
la musique est plus forte
que les mots
dit Alessandro Barrico
elle délimite
un monde à part
rythme et relief
où noble le silence
a gagné sa part
et qui parle à l’âme
en ligne droite
un monde ouvert
à qui veut
lui donner son cœur
Texte de Luc Fayard inspiré par Musique, par Brigitte de Lanouvelle



cette plume appartenait
à un geai des chênes
qui l’a déposée une nuit
devant chez moi
pour que je la trouve au matin
deux centimètres de haut
j’ai failli ne pas la voir
depuis que je l’ai prise
entre mes mains
elle est entrée dans mon âme
et ma vie a changé
ma vision de la beauté
mon symbolisme
mon attention aux détails
j’ai découvert
le minusculement magnifique
porteur d’envol et de légèreté
de tournoiement aussi
mais il a fallu
qu’un petit animal
perde un attribut
pour que je gagne en émotion
j’espère que cette plume
n’est qu’une mue
pas l’issue d’un combat
un don pas une perte
merci à l’oiseau
qui m’a offert ce cadeau
je lui promets
qu’il portera ses fruits
désormais mes mots
seront ceux de sa liberté
Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
Voir la version illustrée.

barré par l’envol des oiseaux blancs
le trait de lumière décoiffe l’horizon
la mer désertée ne vibre plus du vent
qui tourmentait le destin des passants
il est temps
de partir
ailleurs
où la peine
serait douce
à vivre
je marcherai sur les sentiers embrumés
respirant le souffle des frondaisons
l’âme pleine de tableaux de rêves
et de souvenirs aux reliefs embellis
mais la pluie
refroidira
mon ardeur
et le seul bruit
de la nuit
mon cœur
l’aube verra palpiter la rosée
et parvenu au seuil de la maison
j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
et la refermerai sur mon ombre passée
Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée



