Texte et œuvre de Robert Filliou
Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne
Merci à Valérie Sizaret
Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Texte et œuvre de Robert Filliou
Voir nos deux autres galeries d’art (œuvres seules) : Art contemporain, Art moderne
Merci à Valérie Sizaret
tout est indice ici
on imagine l’activité de pêche
sans bien la voir
les nuages sont posés
dans le ciel
comme des meringues
à l’envers
on suppose que les bateaux
ne sont pas encore rentrés
c’est le calme
avant la tempête
de la criée et de la foule
au loin les cheminées fument
symboles d’une ville industrieuse
Texte de Luc Fayard inspiré par le tableau Dieppe, bassin Duquesne, Marée basse, soleil, matin, de Camille Pissarro (1902)
où est la joie
celle qui éclate
en feu d’artifice
embrasant la journée
celle qui transmue un être
en source de beauté
et son visage en astre
rayonnant autour de lui
mais l’ai-je jamais connu
ce fol instant de libération
je ne me souviens plus
de cette illumination
rarement un seul mot
aura suscité
tant de verbes positifs
et rebondissants
la joie qui jaillit
débordante
autant de sons gais
et vibrants
quand elle chante
carillonnante
autant de fluidité
ruisselante
elle inonde parfois
la joie s’entend de loin
pas moyen d’y échapper
elle fait du bruit
explosant soudain
de mille feux crépitants
couleurs et contrastes
la joie est le verbe du monde
et moi je l’ai perdue
il y a longtemps
pour la sentir
vous parcourir
tout votre être
comme une flèche qui
tombée du ciel
vous relierait à la terre
il aurait fallu
impossible alchimie
savoir garder intacte
son âme d’enfant
le miracle n’a pas eu lieu
et depuis
je vois la vie en gris
Texte de Luc Fayard, illustré par Gris de Payne, d’Isabelle Mestchersky
Texte de Luc Fayard, inspiré par Bateaux de Béatrice Aliamus

(suite…)Le blog Infotekart n’était pas que techno ! Il publiait régulièrement des analyses de livres de management et de courants économiques . Voici par exemple ce qu’il écrivait il y a dix ans sur la théorie de Daniel Kahnemann sur la pensée rapide et la pensée lente





cette plume appartenait
à un geai des chênes
qui l’a déposée une nuit
devant chez moi
pour que je la trouve au matin
deux centimètres de haut
j’ai failli ne pas la voir
depuis que je l’ai prise
entre mes mains
elle est entrée dans mon âme
et ma vie a changé
ma vision de la beauté
mon symbolisme
mon attention aux détails
j’ai découvert
le minusculement magnifique
porteur d’envol et de légèreté
de tournoiement aussi
mais il a fallu
qu’un petit animal
perde un attribut
pour que je gagne en émotion
j’espère que cette plume
n’est qu’une mue
pas l’issue d’un combat
un don pas une perte
merci à l’oiseau
qui m’a offert ce cadeau
je lui promets
qu’il portera ses fruits
désormais mes mots
seront ceux de sa liberté
Texte de Luc Fayard inspiré par une plume de geai des chênes trouvée par Z.
Voir la version illustrée.

barré par l’envol des oiseaux blancs
le trait de lumière décoiffe l’horizon
la mer désertée ne vibre plus du vent
qui tourmentait le destin des passants
il est temps
de partir
ailleurs
où la peine
serait douce
à vivre
je marcherai sur les sentiers embrumés
respirant le souffle des frondaisons
l’âme pleine de tableaux de rêves
et de souvenirs aux reliefs embellis
mais la pluie
refroidira
mon ardeur
et le seul bruit
de la nuit
mon cœur
l’aube verra palpiter la rosée
et parvenu au seuil de la maison
j’ouvrirai la porte sur l’espace sans fond
et la refermerai sur mon ombre passée
Texte de Luc Fayard; voir la version illustrée

