Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
Il semble que ce soit le ciel qui ait le dernier mot. Mais il le prononce à voix si basse que nul ne l’entend jamais.
…, in La parole en… Lire


  • prière (en musique)

    hommes et femmes 
    en vérité je vous le dis
    que la lumière descende sur vous
    vos visages vos mains
    comme un phare veillant sur la route des marins 
    que la joie déborde de vos cœurs 
    comme l’écume 
    quand le vent presse et secoue la vague
    que la parole nouveau sillon de vie 
    transperce en flèche vos murs de folie
    que le chant parcoure vos plaines
    comme une révolution souveraine

    que les mots sèment les graines d’amour 
    dans vos rangs de peuple triste
    que vos mains jointes comme l’espoir
    deviennent les totems remplaçant les crucifix
    que vos pas ouvrent un chemin de halage
    à travers les brumes du passé
    que vos lèvres conjuguent l’avenir au présent
    dans toutes les langues de babel 

    pour qu’enfin le monde 
    de vérité et de beauté
    se dévoile tout à vous
    les yeux ouverts 
    les âmes libres

    et qu’à jamais 
    de la surface de la terre
    soient bannis
    la haine le mensonge
    et la jalousie

    amen

    Musique : Jordi Savall – Mozart – Requiem K. 626 – Lacrimosa (instagram)

    Texte de Luc Fayard illustré par le tableau Write To Me Again Of Small Daily Things, de Teddy H. Salad; techniques mixtes: acrylique et émulsions sur objets trouvés sur la plage.

    Le poème est également publié en version texte seul.


  • David Van der Elst : d’après l’art Warli

    David Van der Elst: d’après l’art Warli

  • Yasumitsu Ikoma : The afternoon

    Yasumitsu Ikoma – The afternoon (1989) -tempera et huile sur toile

  • achéron

    Jaya Suberg – Bunny – digital
    Jon Davis

    émoussée la lame de l’esprit
    ne tranche plus assez
    les mots me manquent
    pour boucler ma pensée
    blindé mon cœur
    ne laisse plus rien traverserde tout son passé
    le temps me pèse
    comme une marmite en fonte
    prête à imploser
    mais qui se contente de fuir
    lâchant de lamentables pschits

    heureusement la nuit
    débarquent les rêves
    trafiquants d’espace et d’horloge
    le songe est quantique
    on peut vivre ici et là-bas
    en même temps
    être soi et un autre
    et s’engueuler tous les deux
    voler très haut tomber très bas
    tout le monde fait ça
    se retrouver tout nu dans la rue
    courir poursuivi par un meurtrier
    dont le coup de poignard fatal
    vous ramène en sursaut à la vie

    et puis aussi
    dire des choses bizarres
    aimer de manière doucereuse
    sourire peut-être
    mais pas plus

    car ne riant pas dans mes veilles
    j’ai peur que le rire du sommeil
    ne soit l’ultime son
    traversant l’achéron

    Texte de Luc Fayard illustré par l’œuvre de Jaya Suberg, « Bunny », (digital), et de Jon Davis (techniques mixtes).


  • paysage

    Collage of paintings inspired by Provence, featuring landscapes, architecture, and natural scenes.
    Julian Merrow-Smith – Cartes postales de Provence – 1920

    la pierre et le sang
    le chêne et la cendre
    le pin et la croix
    l’eau qui sourd
    en chuintant
    le ciel repeint
    comme un décor
    la colline traître
    derrière sa rondeur
    la montagne
    aux pics de brume
    et sur les chemins
    qui tournent toujours
    les cailloux blêmes
    durs et tranchants
    pour vous rappeler
    qu’il faut avancer
    quand même

    Hommage à la Provence

    Texte de Luc Fayard inspiré par les tableaux Postcards from Provence, de Julian Merrow-Smith


Dernières publications d’art et de poésie

  • Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

    C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre et vous pousse vers l’art en général. L’envie de fixer une vision, de maîtriser des manifestations extérieures (auxquelles il faut donner un nom et un sens). Sans elle, ce travail serait absurde, et, comme l’art pour l’art, il ne se justifierait pas.

    Penser que l’art copie la nature est un sinistre malentendu. Car l’art a toujours œuvré contre la nature et pour la raison.

    Chaque mot, chaque trait nous est insufflé par notre époque et par les circonstances. Les liens, les aspirations relèvent du passé et du présent. Il est donc impossible d’agir, de penser arbitrairement et indépendamment d’eux. D’une certaine manière, ceci est réconfortant puisque chaque individu est en quelque sorte entouré, lié par la contemporanéité. Il y aura toujours un possible même dans le pire des malheurs.

    Vouloir rendre visible l’invisible, la chose connue, inconnue ou plausible, et même l’impensable est une revendication, une prétention absurde. Certes, nous pouvons déduire l’invisible, donc présupposer son existence avec une quasi-certitude, mais nous ne sommes pas en mesure de représenter cet invisible par un symbole qui le remplace et qui soit lui aussi invisible.

    Il n’y a aucune raison d’accepter sans réserve ce que la tradition nous a transmis. Rien n’est bien ou mal en soi, sauf dans certaines circonstances et à condition que nous le voulions. Cet état de fait annihile les conventions, les garanties et les inconditionnels et nous oblige, chaque jour, à prendre nos responsabilités et à décider du bien et du mal.

    S’imaginer une chose, se la représenter, fait de nous des hommes L’art, c’est donner du sens, générer du sens au même titre que la quête de Dieu ou la religion. Même sachant que tout sens donné ou tout tableau peint est un simulacre, une illusion, nous ne pouvons y renoncer. Car la foi (penser, réfléchir le présent et l’avenir) est notre trait de caractère essentiel.

    Les moyens de l’art (la manière de représenter une chose, le style, la technique et la chose représentée en soi) sont les conditions néces­saires à l’art tout comme les qualités de l’artiste (mode de vie, capacités, entourage). L’art peut naître autant de l’harmonie que de la contradic­tion avec les conditions qui le génèrent. Il n’est en soi, ni visible ni définissable, seules les conditions qui l’ont généré sont visibles et repro­ductibles ; on a tendance à les confondre avec l’art en soi.

    Dès que l’activité artistique est devenue un « isme », elle cesse d’en être une. Car seul ce qui lutte quotidiennement pour prendre forme et exister, est vivant. (À titre de comparaison : le social est une forme et une méthode juste qui correspond aux conceptions actuelles ; mais si en revanche, il se prétend socialisme, ordre social ou dogme, il renonce à ce qui lui est propre et risque de courir à sa perte.)

    Je ne suis pas venu ici pour fuir le matérialisme. Il règne ici d’une manière plus radicale et plus perfide encore, mais j’ai dû fuir l’idéa­lisme criminel des socialistes.

    La peinture na rien à voir avec la pensée. Quand on peint, la pensée est peinture. La pensée est un langage, un registre qui doit fonctionner avant et après. Einstein ne pensait pas quand il faisait ses calculs, il calculait, chaque équation réagissait à la précédente, tout comme en peignant, une forme répond à une autre et ainsi de suite.

    L’art sert à la socialisation. Il nous relie aux autres et à ce qui nous entoure au sein d’une même conception et d’une même quête.

    Pour moi, l’enjeu n’est jamais l’art, mais uniquement la chose pour laquelle l’art peut être utile.

    Comme il n’existe ni certitude, ni vérité absolue, nous aspirons toujours à une vérité artificielle faisant autorité, donc humaine. Nous avons des jugements de valeur et fabriquons une vérité qui en exclut d’autres. Dans la production de vérité, l’art est la composante qui met en forme.

    Les sciences de la nature ont assurément influencé les arts. Pour l’Aztèque, le coucher du soleil était un événement inintelligible auquel il ne survivait que grâce aux représentations divines. Depuis, ces manifestations évidentes ont trouvé une explication. Mais, au vu de l’immensité de l’inconcevable, de ce qui ne peut être expliqué, l’inex­plicable semble tellement gigantesque, que nous sommes pris de vertige et que les images d’antan éclatent comme des bulles de savon. Songer à l’absolu ineffable (par exemple en regardant le firmament), savoir qu’il est impossible de donner un sens à cette immensité nous touche à tel point que nous ne pouvons survivre qu’en ignorant.

    Aussi curieux que ceci puisse paraître, « ne pas savoir où vont les choses », l’impression de se perdre et d’avoir perdu, est source de foi et d’un immense optimisme, elle n’engendre ni certitude ni sécurité collective. Il faut avoir perdu Dieu pour croire, et l’art pour peindre.

    Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

  • Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

    Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

  • Trois espaces

    Trois espaces

  • Elle était là dans le silence pluvieux

    Elle était là dans le silence pluvieux

  • Tu cours dans un espace fini

    Tu cours dans un espace fini
    Blanc fulgurant
    dans un océan de noirceur
    le feu a tout détruit
    mais toi tu portes l’espoir
    Franchiras-tu les limites
    de ce monde sinistre ?
    Détache-toi
    Envole-toi
    Brise le carcan
    Terrasse l’ombre
    et jette le fantôme
    qui veut t’enfermer

    Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;

    Tu cours dans un espace fini

  • Comme je laissais derrière moi

    Comme je laissais derrière moi

  • Il est là monstrueux

    Il est là monstrueux démesuré
    debout par miracle
    Dans un maelström de particules
    Raide et impassible
    dans ce magma coloré
    Poursuivi par ce spectre grimaçant
    qui se cache à lui et veux l’engloutir
    Inconscient, il marche
    et va vers son destin
    Dans un tourbillon d’électrons dorés
    dont la beauté adoucira la fin

    Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

    Il est là monstrueux

  • J’ai plongé dans cette mer

    J’ai plongé dans cette mer

  • J’aimerais que mes pensées se libèrent

    J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
    J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
    J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.

    Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
    Texte écrit en Atelier de poésie

    J’aimerais que mes pensées se libèrent

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025