Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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Citation Amavero du jour
Nous n’avons pas obtenu notre énorme augmentation de valeur pour les actionnaires en se fixant la valeur pour l’actionnaire comme seul… Lire


  • le coeur est une porte qui bat

    le cœur est une porte qui bat
    claquant comme un fouet
    tout y passe sans filtre
    la tristesse et les tempêtes
    la souffrance et les sourires
    les peaux qu’on voudrait caresser
    les visages qui fuient

    parfois à côté d’elle
    une fenêtre s’ouvre
    sur des nuages contrariés
    l’ombre pieuvre étend son manteau long
    sur les cris et les questions

    il faudrait parler parler
    mais les mots aussi mentent
    et pas seulement l’âme
    il faudrait se taire 
    se regarder en silence
    sourire quoiqu’il arrive
    il faudrait s’envoler
    imaginer se voir de là-haut
    pixel parmi les pixels
    puis zoomer jusqu’à la peau
    plus profond encore
    entendre et voir à l’intérieur 
    le cœur cognant à toute heure
    pulsion incompressible 
    moteur irrésistible
    pour qui pourquoi tape-t-il si fort

    peut-être pour nous faire saisir
    deux lois fatales de la vie
    il faut se nourrir de ses malheurs secrets
    il est impossible de vivre sans regrets
    alors guidé par ces parapets gris
    bordeurs de chemins incertains
    lorsque se fermeront les rives de la nuit
    épuisés mais sereins
    nous verrons dans la folle ronde
    la porte restée entrouverte
    une dernière fois offerte
    au passage entre deux mondes


  • tu ne crois plus

    quand la nuit se disloque
    vieille breloque
    tu ne crois plus aux mots
    masques menteurs
    tu ne crois plus à la réalité
    cinéma d’auteur
    tu ne crois plus à l’autre
    rétif miroir de toi
    tu ne crois plus aux dieux
    prégnants contes de fées
    tu ne crois plus à l’amour
    dénudé par les ans
    tu ne crois plus à la vie
    vidée de ses sens
    et surtout surtout
    tu ne crois plus en toi
    et puis voila
    le jour se lève
    tu es toujours vivant


  • temps flou

    le temps me fuit
    se dissout se disloque s’effiloche
    je ne sais plus qui il est
    à quoi il sert
    il s’évapore sans bruit
    vidant sa substance

    dans des univers parallèles

    avant tout était simple et horodaté
    l’homme maitre de l’espace-temps
    aujourd’hui tout est flou et mou
    quelle heure est-il tout le monde s’en fout
    il fut un temps
    où le temps n’existait pas
    puis quelqu’un l’a inventé
    pour le confort des hommes
    je saisis peu à peu
    ce qui se passe en douce
    ce signal vicieux 
    qui échappe au monde
    cette métamorphose cosmologique
    l’irréversible impulsion
    vers l’impermanence des choses
    le retour aux sources
    les objets sans forme
    la fin de la dualité
    je devine sans l’admettre 
    l’incroyable vérité
    le temps virtualisé
    le problème c’est moi
    je ne veux pas être impermanent
    dissous dans la vacuité
    ni mes passions mes envies mon ego 
    ni mon verbe ni ma moto
    un combat inutile se livre en moi
    perdu d’avance
    ma chair mon âme mon esprit
    contre l’unicité du vide de l’univers
    quelle absurdité
    mais non tout n’est pas fini
    je me dépêche d’écrire 
    pour qu’il reste une trace
    avant que cette implosion 
    ce big bang à l’envers
    n’emporte tout dans le torrent
    d’un trou noir irréversible
    la fin de la mémoire et du temps
    j’écris j’écris j’impulse je draine
    rempli d’amour et de haine
    pleutres adorateurs
    de l’évolution naturelle
    et stupide des choses
    méfiez-vous
    un jour
    je créerai un courant contraire 
    celui de la douceur et de l’amour
    des discours et de l’enchantement
    sans chichis ni honte 
    apuré
    rythmé de rendez-vous réguliers
    que personne ne pourra manquer
    car ce jour-là
    tout le monde portera une montre

  • sans toi

    j’aurai beau explorer les chemins enclavés
    libérer les folies saturées d’arcs en ciel
    dessiner les pays aux douceurs irréelles
    sans toi à mes côtés je ne saurai créer

    j’aurai beau embrasser le monde symphonique 
    poussé par l’océan des notes turbulentes
    prestigieux maestro de pulsations démentes
    sans tes mains d’artiste j’oublierai la musique

    j’aurai beau tout chérir d’un désir enchanté
    les âmes éperdues les plus amples tourments
    vivre l’or de ma vie comme un tableau flamand
    sans ton amour clément je ne pourrai chanter

    j’aurai beau apprécier les sillons de la vie
    creusant leurs cicatrices comme autant d’étendards
    dans mes jours suspendus à ta lumière phare
    sans ton regard sur moi plus rien ne resplendit


  • rage

    rage 
    fureur 
    mal de vivre 
    vieillir 
    se taire
    ruminer 
    si peu d’envies
    rien à croire
    et puis 

    revivre 
    tout à coup
    ciel auroral bariolé
    phrase ciselée
    regard bleu du désert

    se dire 
    qu’on n’est pas encore mort
    renaître
    au coin d’un bord de mer salée
    descendue si loin
    déshabillant grèves et rochers
    sous un ciel à étages
    d’une infinité de gris 

    crise narcissique totale
    tous ces gens 
    ces lieux 
    ces objets 
    ces idées
    sans intérêt 
    ni passion 
    ni avenir
    prégnance de la banalité
    parole libérée
    parole parasite
    parole inutile

    je voudrais du silence
    longtemps 
    longtemps 
    se taire 
    ne pas se plaindre surtout
    faire semblant de sourire
    que personne ne sache
    que la peine se cache

    et puis 
    continuer de rêver
    se perdre dans les sens et l’indicible
    chercher partout la beauté
    trouver ce qui surnage
    un tout petit bleu 
    dans la vie grise
    se dire 
    que ce n’est pas encore fini

Dernières publications d’art et de poésie

  • Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

    C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre et vous pousse vers l’art en général. L’envie de fixer une vision, de maîtriser des manifestations extérieures (auxquelles il faut donner un nom et un sens). Sans elle, ce travail serait absurde, et, comme l’art pour l’art, il ne se justifierait pas.

    Penser que l’art copie la nature est un sinistre malentendu. Car l’art a toujours œuvré contre la nature et pour la raison.

    Chaque mot, chaque trait nous est insufflé par notre époque et par les circonstances. Les liens, les aspirations relèvent du passé et du présent. Il est donc impossible d’agir, de penser arbitrairement et indépendamment d’eux. D’une certaine manière, ceci est réconfortant puisque chaque individu est en quelque sorte entouré, lié par la contemporanéité. Il y aura toujours un possible même dans le pire des malheurs.

    Vouloir rendre visible l’invisible, la chose connue, inconnue ou plausible, et même l’impensable est une revendication, une prétention absurde. Certes, nous pouvons déduire l’invisible, donc présupposer son existence avec une quasi-certitude, mais nous ne sommes pas en mesure de représenter cet invisible par un symbole qui le remplace et qui soit lui aussi invisible.

    Il n’y a aucune raison d’accepter sans réserve ce que la tradition nous a transmis. Rien n’est bien ou mal en soi, sauf dans certaines circonstances et à condition que nous le voulions. Cet état de fait annihile les conventions, les garanties et les inconditionnels et nous oblige, chaque jour, à prendre nos responsabilités et à décider du bien et du mal.

    S’imaginer une chose, se la représenter, fait de nous des hommes L’art, c’est donner du sens, générer du sens au même titre que la quête de Dieu ou la religion. Même sachant que tout sens donné ou tout tableau peint est un simulacre, une illusion, nous ne pouvons y renoncer. Car la foi (penser, réfléchir le présent et l’avenir) est notre trait de caractère essentiel.

    Les moyens de l’art (la manière de représenter une chose, le style, la technique et la chose représentée en soi) sont les conditions néces­saires à l’art tout comme les qualités de l’artiste (mode de vie, capacités, entourage). L’art peut naître autant de l’harmonie que de la contradic­tion avec les conditions qui le génèrent. Il n’est en soi, ni visible ni définissable, seules les conditions qui l’ont généré sont visibles et repro­ductibles ; on a tendance à les confondre avec l’art en soi.

    Dès que l’activité artistique est devenue un « isme », elle cesse d’en être une. Car seul ce qui lutte quotidiennement pour prendre forme et exister, est vivant. (À titre de comparaison : le social est une forme et une méthode juste qui correspond aux conceptions actuelles ; mais si en revanche, il se prétend socialisme, ordre social ou dogme, il renonce à ce qui lui est propre et risque de courir à sa perte.)

    Je ne suis pas venu ici pour fuir le matérialisme. Il règne ici d’une manière plus radicale et plus perfide encore, mais j’ai dû fuir l’idéa­lisme criminel des socialistes.

    La peinture na rien à voir avec la pensée. Quand on peint, la pensée est peinture. La pensée est un langage, un registre qui doit fonctionner avant et après. Einstein ne pensait pas quand il faisait ses calculs, il calculait, chaque équation réagissait à la précédente, tout comme en peignant, une forme répond à une autre et ainsi de suite.

    L’art sert à la socialisation. Il nous relie aux autres et à ce qui nous entoure au sein d’une même conception et d’une même quête.

    Pour moi, l’enjeu n’est jamais l’art, mais uniquement la chose pour laquelle l’art peut être utile.

    Comme il n’existe ni certitude, ni vérité absolue, nous aspirons toujours à une vérité artificielle faisant autorité, donc humaine. Nous avons des jugements de valeur et fabriquons une vérité qui en exclut d’autres. Dans la production de vérité, l’art est la composante qui met en forme.

    Les sciences de la nature ont assurément influencé les arts. Pour l’Aztèque, le coucher du soleil était un événement inintelligible auquel il ne survivait que grâce aux représentations divines. Depuis, ces manifestations évidentes ont trouvé une explication. Mais, au vu de l’immensité de l’inconcevable, de ce qui ne peut être expliqué, l’inex­plicable semble tellement gigantesque, que nous sommes pris de vertige et que les images d’antan éclatent comme des bulles de savon. Songer à l’absolu ineffable (par exemple en regardant le firmament), savoir qu’il est impossible de donner un sens à cette immensité nous touche à tel point que nous ne pouvons survivre qu’en ignorant.

    Aussi curieux que ceci puisse paraître, « ne pas savoir où vont les choses », l’impression de se perdre et d’avoir perdu, est source de foi et d’un immense optimisme, elle n’engendre ni certitude ni sécurité collective. Il faut avoir perdu Dieu pour croire, et l’art pour peindre.

    Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

  • Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

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  • Trois espaces

    Trois espaces

  • Elle était là dans le silence pluvieux

    Elle était là dans le silence pluvieux

  • Tu cours dans un espace fini

    Tu cours dans un espace fini
    Blanc fulgurant
    dans un océan de noirceur
    le feu a tout détruit
    mais toi tu portes l’espoir
    Franchiras-tu les limites
    de ce monde sinistre ?
    Détache-toi
    Envole-toi
    Brise le carcan
    Terrasse l’ombre
    et jette le fantôme
    qui veut t’enfermer

    Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;

    Tu cours dans un espace fini

  • Comme je laissais derrière moi

    Comme je laissais derrière moi

  • Il est là monstrueux

    Il est là monstrueux démesuré
    debout par miracle
    Dans un maelström de particules
    Raide et impassible
    dans ce magma coloré
    Poursuivi par ce spectre grimaçant
    qui se cache à lui et veux l’engloutir
    Inconscient, il marche
    et va vers son destin
    Dans un tourbillon d’électrons dorés
    dont la beauté adoucira la fin

    Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

    Il est là monstrueux

  • J’ai plongé dans cette mer

    J’ai plongé dans cette mer

  • J’aimerais que mes pensées se libèrent

    J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
    J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
    J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.

    Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
    Texte écrit en Atelier de poésie

    J’aimerais que mes pensées se libèrent

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025