Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 457 artistes • 855 auteurs
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Citation Amavero du jour
À force de se dresser sur la pointe des pieds, on perd son équilibre. À vouloir faire de trop grandes enjambées, on n’avance pas. À se… Lire
Lao-Tseu


  • brume

    Bérangère Costa – Le Conquet – photographie

    je suis l’humide gris
    perlant de gouttes
    sur le pont salé
    je suis le voile du marin
    enrobant le navire
    pour lui dérober la vie

    porteuse de poisse
    je suis la fatalité
    faiseuse d’angoisse
    à qui on finit
    par s’habituer

    quand je suis là
    sans m’être annoncée
    anxieux le marin
    ne voit plus rien
    silencieux aux aguets
    l’oreille tendue
    il écoute ausculte
    car il le sait
    je ne pardonne rien
    ni l’invisible rocher
    ni la boussole affolée

    sur la cote floutée
    le phare sans veilleur
    peut se moquer de moi
    mais que m’importe
    où son regard porte
    tenace obstinée
    d’une infinie patience
    je tisse ma toile
    d’ombre et de destin
    posément je déploie 
    mon filet de mailles
    à l’invisible ouate
    enserrant ses proies

    et pour un temps incertain
    sous la loi de l’indistinct
    moi juge suprême
    j’abolirai la frontière
    entre laideur et beauté
    pour tout emmêler
    sans aucun remords
    le jour et la terre
    la nuit et la mer
    la vie et la mort

    Texte de Luc Fayard, inspiré par une photo de Bérangère Costa


  • La Servante en Personne

    Kogles – La Servante en personne

    Toujours avec beaucoup d’humilité
    Elle se rendait utile
    Elle avait cette qualité
    Cette façon subtile
    D’être une ombre discrète
    Mais fort indispensable.
    Elle, qui était invisible
    Mais si sentimentale
    Rêvait de ce futur possible
    De cet amour intarissable



    Texte de Corine Cusin Panit , inspiré par le tableau La Servante en Personne de Kogles


  • toucher le bout de l’arc-en-ciel

    – je veux toucher le bout de l’arc en ciel
    s’il le faut je prendrais un bateau
    mais j’ai peur de me perdre en mer
    et d’errer comme un vaisseau fantôme

    – contemple d’abord ses couleurs
    fais les chauffer dans ton cœur
    imagine les pays survolés
    les gens éblouis la tête en haut

    – je veux partir je ne peux rester la
    l’arc a tracé mon chemin
    il me dit viens envole toi
    emporte tes rêves qui vont surgir

    – l’arc lui-même est un rêve
    visible de partout dominant tout
    mais il n’est qu’un piège de lumière
    tu pourrais le traverser sans le voir

    – je veux danser sur les étoiles
    rire avec le vent du chemin
    gonfler mes poumons de l’air marin
    sentir mon cœur au rythme de mes pas

    et l’enfant monta sur l’arc en ciel
    et disparut avec lui

    Therese Schwartze – Mother and Child (1884)


    Texte du recueil inédit toucher le bout de l’arc-en ciel, dont un texte a reçu le Diplôme d’honneur – Prix Europoésie-Unicef 2023; illustré par Mother and child, de Thérèse Schwartze.


  • deux formes

    Edgar Degas – La Femme à la potiche (1872)

    femme et vase
    se répondent
    deux formes
    le sombre et le clair
    mais les bras
    et les feuilles
    se disputent
    la potiche nous dit
    ce n’est pas moi
    qu’il faut regarder
    c’est elle
    et que nous disent
    d’autre impératifs
    les doigts crispés
    de la femme
    sur le fauteuil
    ils disent
    regardez-moi donc

    Texte de Luc Fayard, inspiré par La Femme et la potiche, d’Edgar Degas

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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  • découverte

    Claude Monet – Les Coquelicots, dit aussi La Promenade (1873)

    ils sont tellement hauts
    ces coquelicots
    qu’ils vont avaler l’enfant
    au loin la maison de famille
    chaperonne la promenade
    les odeurs chatouillent
    les narines émues
    les souvenirs d’enfance
    font remonter à la surface
    les lentes déambulations
    dans les champs
    sans horloge
    où rien n‘était plus important
    que la suite du chemin
    cachée par le virage
    et sur sa peau
    les goûts épicés
    de la campagne

    Texte de Luc Fayard, inspiré par La Promenade, de Claude Monet

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art. Volume 1 : Les impressionnistes' par Luc Fayard, publié par Éditions Amavero.
    beau-livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 : Les impressionnistes », Éditions Amavero, 2023

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 1 :
    Les impressionnistes
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2023
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Dernières publications d’art et de poésie

  • Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

    C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre et vous pousse vers l’art en général. L’envie de fixer une vision, de maîtriser des manifestations extérieures (auxquelles il faut donner un nom et un sens). Sans elle, ce travail serait absurde, et, comme l’art pour l’art, il ne se justifierait pas.

    Penser que l’art copie la nature est un sinistre malentendu. Car l’art a toujours œuvré contre la nature et pour la raison.

    Chaque mot, chaque trait nous est insufflé par notre époque et par les circonstances. Les liens, les aspirations relèvent du passé et du présent. Il est donc impossible d’agir, de penser arbitrairement et indépendamment d’eux. D’une certaine manière, ceci est réconfortant puisque chaque individu est en quelque sorte entouré, lié par la contemporanéité. Il y aura toujours un possible même dans le pire des malheurs.

    Vouloir rendre visible l’invisible, la chose connue, inconnue ou plausible, et même l’impensable est une revendication, une prétention absurde. Certes, nous pouvons déduire l’invisible, donc présupposer son existence avec une quasi-certitude, mais nous ne sommes pas en mesure de représenter cet invisible par un symbole qui le remplace et qui soit lui aussi invisible.

    Il n’y a aucune raison d’accepter sans réserve ce que la tradition nous a transmis. Rien n’est bien ou mal en soi, sauf dans certaines circonstances et à condition que nous le voulions. Cet état de fait annihile les conventions, les garanties et les inconditionnels et nous oblige, chaque jour, à prendre nos responsabilités et à décider du bien et du mal.

    S’imaginer une chose, se la représenter, fait de nous des hommes L’art, c’est donner du sens, générer du sens au même titre que la quête de Dieu ou la religion. Même sachant que tout sens donné ou tout tableau peint est un simulacre, une illusion, nous ne pouvons y renoncer. Car la foi (penser, réfléchir le présent et l’avenir) est notre trait de caractère essentiel.

    Les moyens de l’art (la manière de représenter une chose, le style, la technique et la chose représentée en soi) sont les conditions néces­saires à l’art tout comme les qualités de l’artiste (mode de vie, capacités, entourage). L’art peut naître autant de l’harmonie que de la contradic­tion avec les conditions qui le génèrent. Il n’est en soi, ni visible ni définissable, seules les conditions qui l’ont généré sont visibles et repro­ductibles ; on a tendance à les confondre avec l’art en soi.

    Dès que l’activité artistique est devenue un « isme », elle cesse d’en être une. Car seul ce qui lutte quotidiennement pour prendre forme et exister, est vivant. (À titre de comparaison : le social est une forme et une méthode juste qui correspond aux conceptions actuelles ; mais si en revanche, il se prétend socialisme, ordre social ou dogme, il renonce à ce qui lui est propre et risque de courir à sa perte.)

    Je ne suis pas venu ici pour fuir le matérialisme. Il règne ici d’une manière plus radicale et plus perfide encore, mais j’ai dû fuir l’idéa­lisme criminel des socialistes.

    La peinture na rien à voir avec la pensée. Quand on peint, la pensée est peinture. La pensée est un langage, un registre qui doit fonctionner avant et après. Einstein ne pensait pas quand il faisait ses calculs, il calculait, chaque équation réagissait à la précédente, tout comme en peignant, une forme répond à une autre et ainsi de suite.

    L’art sert à la socialisation. Il nous relie aux autres et à ce qui nous entoure au sein d’une même conception et d’une même quête.

    Pour moi, l’enjeu n’est jamais l’art, mais uniquement la chose pour laquelle l’art peut être utile.

    Comme il n’existe ni certitude, ni vérité absolue, nous aspirons toujours à une vérité artificielle faisant autorité, donc humaine. Nous avons des jugements de valeur et fabriquons une vérité qui en exclut d’autres. Dans la production de vérité, l’art est la composante qui met en forme.

    Les sciences de la nature ont assurément influencé les arts. Pour l’Aztèque, le coucher du soleil était un événement inintelligible auquel il ne survivait que grâce aux représentations divines. Depuis, ces manifestations évidentes ont trouvé une explication. Mais, au vu de l’immensité de l’inconcevable, de ce qui ne peut être expliqué, l’inex­plicable semble tellement gigantesque, que nous sommes pris de vertige et que les images d’antan éclatent comme des bulles de savon. Songer à l’absolu ineffable (par exemple en regardant le firmament), savoir qu’il est impossible de donner un sens à cette immensité nous touche à tel point que nous ne pouvons survivre qu’en ignorant.

    Aussi curieux que ceci puisse paraître, « ne pas savoir où vont les choses », l’impression de se perdre et d’avoir perdu, est source de foi et d’un immense optimisme, elle n’engendre ni certitude ni sécurité collective. Il faut avoir perdu Dieu pour croire, et l’art pour peindre.

    Richter (Gerhard) : C’est le besoin de communiquer qui amène à peindre (1962)

  • Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

    Uguay (Marie) : Tu m’apprends l’âge, mon amour

  • Trois espaces

    Trois espaces

  • Elle était là dans le silence pluvieux

    Elle était là dans le silence pluvieux

  • Tu cours dans un espace fini

    Tu cours dans un espace fini
    Blanc fulgurant
    dans un océan de noirceur
    le feu a tout détruit
    mais toi tu portes l’espoir
    Franchiras-tu les limites
    de ce monde sinistre ?
    Détache-toi
    Envole-toi
    Brise le carcan
    Terrasse l’ombre
    et jette le fantôme
    qui veut t’enfermer

    Texte et calligramme de Baronne, inspiré par John Caple(2000) ;

    Tu cours dans un espace fini

  • Comme je laissais derrière moi

    Comme je laissais derrière moi

  • Il est là monstrueux

    Il est là monstrueux démesuré
    debout par miracle
    Dans un maelström de particules
    Raide et impassible
    dans ce magma coloré
    Poursuivi par ce spectre grimaçant
    qui se cache à lui et veux l’engloutir
    Inconscient, il marche
    et va vers son destin
    Dans un tourbillon d’électrons dorés
    dont la beauté adoucira la fin

    Texte de Véronique Demant, inspiré par Silence d’or, de Sophie Rocco ; écrit en Atelier de poésie

    Il est là monstrueux

  • J’ai plongé dans cette mer

    J’ai plongé dans cette mer

  • J’aimerais que mes pensées se libèrent

    J’aimerais que mes pensées se libèrent, entourent mon âme, fassent vibrer mon corps comme le vent qui danse dans les arbres et fait résonner la pluie sur le tapis de mousse.
    J’aimerais ne pas juger mes mots avec dureté et venir comme sait le faire le loup/chien qui pose sa tête sur l’homme qui pourtant peut le chasser et l’aimer tour à tour.
    J’aimerais que ma créativité s‘exprime sans contrainte et emplie de liberté comme le cri de l’orage qui résonne dans la montagne, la foudre qui tombe ici et là avec fracas.

    Texte de Clémentine Ebert, inspiré par White Forest de Fatemeh Mohamadi
    Texte écrit en Atelier de poésie

    J’aimerais que mes pensées se libèrent

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025