1 391 artistes • 745 auteurs
publiés dans Amavero

Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.


  • anniversaire

    Anne-Laure Baron Siou – Photo ratée (2024) – photo

    il souffla si fort ses bougies
    que le temps s’accéléra
    l’espace se déforma
    les couleurs se séparèrent
    en demi-cercle
    dans un crépitement joyeux
    de rires et d’exclamations
    on pouffa de tant de flou
    il se dit serein
    que c’était bon signe
    pour vivre le reste de sa vie
    moins normée


    Texte de Luc Fayard, inspiré d’une photo ratée d’Anne-Laure Baron Siou qui aurait bien voulu que je titre sa photo « essai abstrait »


  • sans frontière

    Marie Deloume – Palud – peinture sur zinc

    nulle ligne assurée 
    entre terre et eau
    entre bas et haut
    dans le palud
    pourtant
    à chacun sa substance
    sa texture sa couleur 
    qui se relaient 
    dans le passage invisible 
    du fluide au solide
    dans la prégnance humide 
    d’un paysage à part
    ici vibrent les sens 
    en large palette
    du musqué au salé
    du sec au mouillé
    du silence au bruissement
    du gris noir au gris blanc
    le nez devant le pied 
    l’odeur nous guide
    on la hume 
    perdu dans la nasse
    d »un monde sans barrières
    seule la pluie pourrait
    réunir les matières
    dans la même brume
    soyeuse et mystérieuse
    ainsi va la vie 
    brouillard tenace
    sans frontière 
    entre jour et nuit

    Texte de Luc Fayard, inspiré de Palud, de Marie Deloume – peinture sur zinc


  • la raison du poète

    je crée mes souvenirs
    comme un artiste 
    repeint sa toile
    l’avenir est un élixir 
    mêlant présent et passé

    je ne suis que chimie 
    de pensées programmées
    les mots mentent 
    ils existaient avant moi

    mon cœur s’emballe sans raison 
    vers tous les cardinaux
    j’ai perdu le goût de tout 
    je souris sans passion
    ne contemplant rien d’autre 
    que l’intérieur de moi

    et pourtant je respire j’existe
    mais pour quoi 
    quel peut être le destin 
    d’un grain de sable volant
    au moindre frisson
    du large marin
    les poussières ne peuvent
    se donner la main

    croyant vivre la même aventure
    les hommes s’agglutinent
    flottants dans les mêmes courants tièdes

    la réalité n’a pas de géométrie universelle
    la vérité est un leurre de l’histoire
    l’amour un rêve fatal à l’indépendance
    aveugle j’avance en automate 
    monté sur quel ressort

    ni justice ni compassion
    ni revanche ni haine
    peut-être simplement 
    le désir de beauté
    drapeau blanc surnageant du naufrage
    pic vert coiffant la soucoupe des nuages
    seul chemin vers une transcendance
    qui se passe de l’histoire et des signes
    sans besoin de raison folle
    un chemin sans étoiles
    qui est tout 
    sauf une ligne droite

    Caspar David Friedrich – Le Voyageur contemplant une mer de nuages (1818)


    Diplôme d’Honneur – prix Europoésie – Unicef 2023; parue dans L’Anthologie Europoésie 2023

    Texte de Luc Fayard, illustré par Le Voyageur contemplant une mer de nuages, de Caspar David Friedrich


  • cocon

    Georges Saluterre – Sculpture n° 5475- terre cuite

    grelottant dans le dortoir
    elles s’étaient endormies
    après frôlements
    et cachotteries
    serrées sous les couvertures
    emmitouflées
    elles s’étaient raconté
    pouffant et frissonnant
    des histoires gaies
    de vampires et d’ogres
    puis s’étaient tues
    rêvant à leur maman
    c’est dans ce cocon
    recroquevillées
    que le manteau du sommeil
    les avait recouvertes
    jusqu’à l’aube et sa lumière
    s’il avait gelé dans la nuit nue
    elles seraient statues


    Texte de Luc Fayard, inspiré de Sculpture n°545, de Georges Saulterre (1943-2024) – terre cuite 

    Couverture du livre 'Poèmes courts sur des œuvres d'art, Volume 2 : Art moderne et contemporain' par Luc Fayard, comprenant des illustrations d'œuvres d'art.
    Couverture du livre « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 2 : Art moderne et contemporain » – Textes de Luc Fayard – Éditions Amavero – 2024

    Duo œuvre-poème publié dans le beau-livre papier
    Poèmes courts sur des œuvres d’art. Vol. 2 :
    Art moderne et contemporain
    Éditions Amavero, Jouy-en-Josas, 2024
    COMMANDER LE LIVRE


  • Trois fois murmuré

    Henri Matisse : Le Violoniste (1917), Le Luxe (1907), Portrait de Greta Prozor (1916)(de gauche à droite)

    Je serais ce violoniste
    Qui joue à la fenêtre
    Derrière les volets bleus
    Ma musique monterait jusqu’aux nuages
    Et la tristesse glisserait
    Sur mon costume jusqu’à terre
    Où elle dessinerait une tache de deuil.

    Trois fois murmuré
    Trois fois dessiné
    Trois fois perdu
    Il est là dans mes rêves verts
    Il est là dans les rues violettes
    Il est là dans la vie noire.

    La beauté sortirait à peine de l’eau
    Je viendrais la sécher
    Avec des éponges bleues.
    Je jetterais à ses pieds des bouquets
    Trop vite coupés.
    Et je pleurerais de son parfum évanoui.
    Elle ne bougerait pas,
    Ni statue, ni femme,
    La beauté lointaine sortie de l’eau.

    Trois fois murmuré
    Trois fois dessiné
    Trois fois perdu
    Il est là dans mes rêves verts
    Il est là dans les rues violettes
    Il est là dans la vie noire.

    La souffrance tombait de ses épaules arrondies
    Sa robe de lin décelait les sanglots accumulés
    Elle se taisait et retenait ses mains sur ses cuisses fermées.
    Greta sortie de l’enfance bourgeoise
    S’enferme dans le deuil du désir.

    Trois fois murmuré
    Trois fois dessiné
    Trois fois perdu
    Il est là dans mes rêves verts
    Il est là dans les rues violettes
    Il est là dans la vie noire.

    Texte de Corinne Valleggia, inspiré de trois tableaux d’Henri Matisse : Le Violoniste – Le Luxe – Portrait de Greta Prozor.


Dernières publications d’art et de poésie

  • Lucas Arruda : Untitled Deserte Modelo (2021) – accrochage original Carmignac 2023

    Lucas Arruda : Untitled Deserte Modelo (2021) – accrochage original Carmignac 2023

  • Romain Greco : La Maison de Gabrielle, rue Saint-Vincent (1962)

    Romain Greco : La Maison de Gabrielle, rue Saint-Vincent (1962)

  • Françoise Gilot : Portrait in Black (Myself at Work) (1943)

    Françoise Gilot : Portrait in Black (Myself at Work) (1943)

  • Lix : Ilustration de L’Antiquaire, de Walter Scott (1888)

    Lix : Ilustration de L’Antiquaire, de Walter Scott (1888)

  • Jules Perahim : Vendeur de lune (1979)

    Jules Perahim : Vendeur de lune (1979)

  • Alain Rouschmeyer : Souvenir d’enfance (2022)

    Alain Rouschmeyer : Souvenir d’enfance (2022)

  • Valérie Sizaret : L’Alerte (2020)

    Valérie Sizaret : L’Alerte (2020)

  • Edgar Degas : Femme assise s’essuyant la hanche gauche

    Edgar Degas : Femme assise s’essuyant la hanche gauche

  • Barrett Browning (Elizabeth) : How do I Love Thee?

    Barrett Browning (Elizabeth) : How do I Love Thee?

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025