Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 474 artistes • 860 auteurs
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Citation Amavero du jour
Nous ne sommes pas des êtres humains ayant une expérience spirituelle. Nous sommes des êtres spirituels ayant une expérience humaine.…,… Lire


  • Récital privé chant, violon, piano

    Pour plus d’information, le programme complet et vous inscrire au récital, envoyez un email à
    lucfayardATgmail.com

     


  • Jean-Michel Basquiat : In This Case (1983)

    Jean-Michel Basquiat : In This Case (1983)

  • léger sourire

    elle buvait
    par à-coups mécaniques
    cigarette à la main
    cheveux cachés dans la fumée
    tête penchée
    regard flou lointain

    silhouette habituelle
    de fond de salle
    épaules serrées
    dans un manteau gris
    on ne voyait que ses mains
    au bout desquelles
    de fins ongles longs
    au vernis rouge
    comme ses lèvres
    semblaient des étincelles
    elle buvait
    verre après verre
    cigarette après cigarette
    appliquée
    parfois languide
    distraite et vague
    indifférente
    comme si elle dessinait
    des cercles dans le vide
    rien n’avait d’importance
    hormis boire et fumer

    de temps en temps
    la cendre tombait
    sur la table du bistro
    elle la chassait

    Gerhard Richter – Femme buvant – 1968

    d’un doigt négligent
    comme elle repoussait
    de sa pensée
    les soucis d’aujourd’hui
    de son cœur
    les regrets du passé

    elle buvait
    à sa solitude fière
    aux amants oubliés
    aux chansons entonnées
    les soirs de fête
    si nombreux
    qui ont peuplé sa vie
    si longtemps

    elle buvait
    sans rien attendre

    ne levant plus la tête
    à la cloche de la porte
    n’espérant plus personne

    et pourtant dans la brume
    de sa triste vie
    à sa table ce soir-là
    quand vint l’heure de la fermeture
    dans le du tintement des verres
    le raclement des chaises
    et le frottis du balai
    apparut dans ses yeux
    comme un léger sourire
    qui éclaira doucement
    le coin de ses lèvres
    et son visage tamisé
    en fut rajeuni

    Texte de Luc Fayard, inspiré par le tableau Femme buvant, de Gerhard Richter (1968)


  • la porte du tableau

    Mimi Svanberg
    Xia Gui – Streams and Mountains with a Clear Distant View – 1201 – détail du rouleau – encre sur papier

    le temps souffle comme le vent
    qui n’offre rien pour s’arrimer
    transmuant ton cœur élimé
    en nuée de limbes mouvants

    dans les ténèbres somnambule
    tu ne sais sur quel pied danser
    balbutiant et balancé
    tu sursautes comme une bulle

    grenouille sur un nénuphar
    luciole perdue dans la brume
    fleur de désir et d’amertume
    voilier louvoyant vers le phare

    suivant sa vocation ténue
    la mémoire de tes dix doigts
    cherche le toucher de l’émoi
    et le frisson de l’âme nue

    nuit et jour tu peins tu zigzagues
    dans un serpentin de questions
    un matin vient la solution
    ravir les écumes des vagues

    suivant ta foi ton idéal
    tu fais éclore du tableau
    une maison de terre et eau
    dont tu es le héros final

    étiré par ton repentir
    un trait pareil à une eau-forte
    sur la toile éclaire la porte
    par où tu peux enfin partir

    Hommage à Ou Tao-tseu (en japonais Godoshi) et Wang Fô

    Texte de Luc Fayard, illustré par l’œuvre de Mimi Svanberg et celle de Xia Gui.
    Poème deux fois primé : parution dans
    L’Anthologie des meilleurs poèmes du Prix international Arthur Rimbaud 2022 et Flamme de Bronze du Prix Flammes Vives 2022


  • Luc Fayard : Grotte de Su Manau (2018)

    Luc Fayard : Grotte de Su Manau (2018) – photo

Dernières publications d’art et de poésie

  • Max Jacob : Je garde dans la solitude

    Je garde dans la solitude
    comme un pressentiment de toi.
    Tu viens ! et le ciel se déploie,
    la forêt, l’océan reculent.

    Tous deux le soleil nous désigne
    par-dessus la ville et les toits
    les fenêtres renvoient ses lignes
    les fleurs éclatent comme des voix.

    Lorsque ton jardin nous reçoit,
    ta maison prend un air étrange :
    comme un reflet, la véranda nous accueille,
    sourit et change.

    Les arbres ont de grands coups d’ailes
    derrière et devant les buissons.
    La vague, au loin, parallèle,
    se met à briller par frissons.

    Derniers Poèmes. publiés à titre posthume chez Gallimard en 1945

    Max Jacob : Je garde dans la solitude

  • Yannis Ritsos : Nudité du corps

    Une mer robuste,
    d’un bleu profond,
    t’a éclairé le visage.
    Chassés par le soleil,
    tous les morts.

    Les pêcheurs sont passés
    avec des paniers vides.
    La lune palpitait
    sur tes genoux.
    Rien ne séparait plus
    le vide de la plénitude.

    Le temps s’allonge,
    tu t’allonges.
    Ton image immobile
    sur le mur intérieur.

    Cette peur
    d’avoir oublié quelque chose
    que j’aurais dû prendre.
    Et la peur
    qu’une telle immensité
    ne connaisse une fin.

    Erotica. Le mur dans le miroir et autres poèmes. nrf Poésie / Gallimard (extraits).

    Yannis Ritsos : Nudité du corps

  • Édouard Vuillard — À Clayes, un géranium sur une table bleue devant la fenêtre (1932)

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  • George Bellows — California Headlands (1917)

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  • Ajouts d’œuvres d’art ancien et classique (Galerie 3)

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  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

    La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

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  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025