Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
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Citation Amavero du jour
– Jack : Ceci, mon cher Algy, est toute la pure et simple vérité.– Algernon : La vérité est rarement pure et jamais simple.(De l’importance d’être constant, 1895, acte 1 sc.1 ; en anglais : The importance of being earnest peut se traduire aussi par De l’importance d’être sérieux).
Quel meilleur support que infotekart pour évoquer la génèse d’un ouvrage qui donne à voir des oeuvres photographiques singulières, résultat de la capture d’un rai de lumière au travers d’un infiniment petit cristal incolore.
Non, Alain Spriet n’est pas un savant huluberlu qui bricole des molécules dans un sombre laboratoire mais un scientifique émérite, grand voyageur et poète.
Son univers professionnel est fait de formules, il parle substrat, excipient, dosage, et jongle avec les nomenclatures, les réglementations, et les normes. Mais, il a une passion, depuis son plus jeune âge, le minuscule, le petit, l’infiniment petit même….
De la loupe, il est passé au microscope sous lequel se révèle un monde insoupçonné de couleurs et formes. Le grain de sable ordinaire se transforme alors en pierre précieuse !
Non content d’ausculter ce qu’il trouve de plus petit, il se met à le « cultiver ». A partir des produits du quotidien, il concentre, assèche, évapore et fait naître des cristaux. Son jardin est constitué de dizaines puis centaines de lames de verres sur lesquelles des choses informes, à peine visibles, blanches, grisâtres, sans intérêt visible dorment tranquillement.
Enfin, elles dorment jusqu’à ce que le photographe les place sous son objectif ! et là, se révèle un trésor de couleurs en fonction de l’orientation de la lumière et des conditions d’éclairage. Mais le tableau n’est pas toujours à la hauteur des ambitions de l’artiste !
Alors le peintre de la lumière cristalline se donne les moyens de passer des heures à orienter le faisceau pour que chaque cristal soit sublimé par un jeu de filtres, une intensité lumineuse et une orientation qui donne, enfin, à voir un tableau, construit, où l’oeil du photographe trouve l’aboutissement de sa recherche.
Alain Spriet a conçu le dispositif qui lui permet de faire de la cristographie une réalité. La fusion de la cristallisation et de la photographie ne consiste pas à photographier un cristal mais bien à explorer les cristaux et les transformer en passeur de couleurs sur l’objectif du photographe.
Durant des années, de l’aspirine au vinaigre en passant par l’albumine ou l’hydroxylamine, il cristallise puis part en exploration dans son univers de l’ultra petit. Il revient de ses voyages chargé de clichés dont il extrait des évocations de masques, de végétaux imaginaires, de ciels improbables, d’animaux fantastiques. Il construit une œuvre, son œuvre.
Il était une fois un faiseur de livres
Un autre photographe voyageur croise un jour le parcours d’Alain Spriet. Philippe Fouchard a su capter la réalité du regard humain, du bout du monde et du bout de la rue.
Mais ce photographe là sait faire des livres, des beaux livres, avec des morceaux de vie dedans, des artisans autour et des belles matières pour donner une consistance à tout ça. L’éditeur et l’artiste nous embarquent dans l’aventure pour que l’oeuvre de l’un nourrisse la créativité de l’autre.
Il n’y a plus d’aspirine ou de vinaigre, il n’y a plus de technologie, il n’y a plus que la lumière, la couleur, la proposition de l’artiste et un objet sensuel qui nous laissent pensifs ou inspirés selon nos humeurs.
On peut les aider à concrétiser ce projet en participant à la campagne sur kickstarter. Alors, embarquez pour l’ultra monde de l’ultra petit !
pas comme le baron guetteurs las désabusés en bord de mer d’asie scrutateurs de vagues qui leur apportent en roulant peut-être quelque chose peut-être rien qui vaille
combien de temps frêles vont-ils rester ainsi à guetter haut assis sur le bâton grêle ce qui vient ou ne viendra pas ce qui mord ou ne mordra pas
ainsi va la vie elle nous enroule dans son passé dans ses bras dans sa houle nous sommes tous des pêcheurs perchés
Aussitôt après que l’idée du Déluge se fut rassise, Un lièvre s’arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes, et dit sa prière à l’arc-en-ciel, à travers la toile de l’araignée. Oh! les pierres précieuses qui se cachaient, – les fleurs qui regardaient déjà.
Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle, Et les tristes discours Que te met en l’esprit l’amitié paternelle L’augmenteront toujours
Le malheur de ta fille au tombeau descendue Par un commun trépas, Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue Ne se retrouve pas ?
Je sais de quels appas son enfance était pleine, Et n’ai pas entrepris, Injurieux ami, de soulager ta peine Avecque son mépris.
Mais elle était du monde, où les plus belles choses Ont le pire destin ; Et rose elle a vécu ce que vivent les roses, L’espace d’un matin.
Puis quand ainsi serait, que selon ta prière, Elle aurait obtenu D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière, Qu’en fût-il advenu?
Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste Elle eût eu plus d’accueil ? Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste Et les vers du cercueil ?
Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque Ote l’âme du corps, L’âge s’évanouit au deçà de la barque, Et ne suit point les morts…
La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ; On a beau la prier, La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles, Et nous laisse crier.
Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre, Est sujet à ses lois ; Et la garde qui veille aux barrières du Louvre N’en défend point nos rois.
De murmurer contre elle, et perdre patience, Il est mal à propos ; Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science Qui nous met en repos.
François de Malherbe. Poésies, 1599.
François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille
La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026
Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)
Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)
Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino : deux bronzes
We have not long to love. Light does not stay. The tender things are those we fold away. Coarse fabrics are the ones for common wear. In silence I have watched you comb your hair. Intimate the silence, dim and warm. I could but did not, reach to touch your arm. I could, but do not, break that which is still. (Almost the faintest whisper would be shrill.) So moments pass as though they wished to stay. We have not long to love. A night. A day….
Nous n’avons pas longtemps pour aimer. La lumière ne restera pas. Les choses tendres sont celles que nous rangeons. Les tissus grossiers sont ceux du quotidien. En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux. Un silence intime, tamisé et chaleureux. J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras. J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile. (Le moindre murmure serait strident.) Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester Nous n’avons pas longtemps pour aimer. Une nuit. Un jour…
Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).
Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer
Galerie du baroque
Galerie de la Genèse
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