Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
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Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 457 artistes • 855 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
Celui qui reçoit de moi une idée l’ajoute à son savoir sans diminuer le mien.
…, cité par Steven Pinker in Le triomphe des Lumières


  • afghane

    muette et souriante
    ses yeux me parlèrent
    ils me dirent
    n’aies pas peur tu peux me regarder
    et elle souleva légèrement son voile
    la main ouverte comme une offrande

    je suis la femme et l’argent
    je suis la richesse et la pauvreté
    je suis l’amour et son objet
    je suis l’extérieur et le fond de toute chose

    aux portes du désert de thar
    je suis la jeune mariée
    qu’on dit soumise et qui sait son pouvoir
    je ne parle pas
    mais tous les désirs du monde sont en moi

    mon mari est d’accord
    tu peux me mettre sur ta photo
    mais pas lui
    il est fier de me montrer mais c’est un homme
    un descendant de guerriers
    personne ne peut lui voler son image

    il ne se rend pas compte
    j’ai plusieurs kilos sur le dos
    c’est lourd
    admire je te prie
    tous ces bijoux m’appartiennent 

    et les broderies
    c’est moi qui les ai créées
    toute notre fortune la voici
    c’est moi qui la porte
    chez nous les maisons ne ferment pas à clé
    il ne faut rien y laisser quand on sort
    alors on emmène tout sur soi
    je suis le coffre-fort et la beauté

    et elle me supplia
    s »il te plaît oublie les bijoux un instant
    plonge au fond de mes yeux
    tu y verras des choses que je ne dirai jamais
    regarde bien

    puis elle s’en alla
    à quelques pas derrière son homme


  • sous l’auspice des rêves

    sous l’auspice des rêves une image s’est figée
    soutenue par l’imberbe inconscience
    étincelante et réelle entrechoquée
    d’un baiser léger porcelaine et faïence

    elle a fleuri comme une aube en provence
    couleurs d’explosion d’amour inviolé
    jamais ne fut plus ingénieuse essence
    quand l’aurore absolue l’a balayé

  • erreur 404 rap du zap

    Dès l’aub’, j’me dop’ radio, nouveau, tout beau, tout faux. Dodo.
    Métro, je sors mon wap,  l’Nasqaq rame à Bourso. Bobo.
    Bureau, je tchatt’, merveille, mais v’la qu’j’m’emmêle les mails. Mireille.
    A la cafét, ‘amphét, mais j’cal’ sur internet. Pas net.
    Alors, râleur, j’repars dar’-dare à mon écran. A cran.
    Je hache H-T-T-P, j’déroul’ mes U-R-L. Colère.
    Pause, Echap, surfe à donf les maxi sites de gonz. En bronze.
    J’divague hyperrelax dans le divin DivX. XX.
    L’metamoteur s’emballe, embrouill’ ses fils de news. Ca m’rouille.
    Hypno, gogol pas cool les hits de mon google. La gueule.
    Je péte mon G-P-S, je fum’ l’U-M-T-S. Détresse.
    Je frapp’ sur le clavier, j’essaim’ mes S-M-S. OS.
    Et sur les dix pt’it’ touch’, vl’a que ça touss’ chez Bluetooth. Pas touche.
    Je zipp mes fil’, je jazz’, trop d’meg, j’suis overflow. A l’eau.
    Je tress’ des spams, je hacke, wifi, je bittorrente. L’étreinte.
    Y’a trop de blogs sur l’web, y’a trop de RSS. Qu’ça cesse.
    L’amour l’amour c’est quand c’est où Je rentr’ chez moi. L’émoi
    J’mendors sur mes pixels et là ça s’brouille d’enfer. Colère.

    (Refrain)
    Je rapp’, je zapp’, je wapp’, tu vois, en v’la d’l’info. Tout faux
    Tu sais Mireille, j’sais plus quoi fair’ sur Planèt’ Terre. De l’air
    Erreur 404, l’âm’ que vous pensiez trouver
    N’existe plus ici ou bien s’est déplacée


  • dernier rêve

    vous prendrez bien un dernier rêve
    allez
    pour le doute
    le mirage sans âge
    un rêve sans faux col
    sans larmes ni détour
    ca fait pas de mal

    je vous le sers comment
    avec ou sans poésie

    spécialité de la maison
    le cocktail de mots doux amer
    mots courts mots forts mots rauques
    ils flottent ils coulissent
    ils s’entrechoquent
    ils renvoient bien la lumière

    surtout pas de mots frivoles ni barbares
    sinon le rêve vire aigre
    et en plus il peut mousser

    des mots riches aussi pourquoi pas
    mais pas trop
    un point si vous voulez
    un point c’est tout
    c’est pas obligatoire

    versez le tout dans une belle âme
    doucement vieillie à peine ridée
    qui en a vu des rêves
    et vous secouez vigoureusement

    ah oui j’oubliais
    beaucoup d’amour
    il donne du goût
    un zeste de rimes nonchalantes
    à distribuer selon l’envie

    on peut aussi verser quelques images
    mais un peu floues surtout
    trop nettes elles éblouissent

    et puis selon les cas
    une ou deux gouttes d’humour lisse

    le tout servi bien frappé
    la fraîcheur c’est important
    elle se fait moins qu’avant
    quel dommage

    tiens
    je vous accompagne
    prendre un rêve à deux
    c’est mieux
    on sera moins vite seul

    (Paris février 2005)


  • port launay

    Là-haut le morne retient les nuages
    Sur un rocher à l’entrée de la baie
    Une croix dit peut-être
    Qu’ici des hommes ont péri

    Le ciel est aussi chargé
    Que le silence est léger
    Une houle du nord pas méchante
    Vient mourir sur la plage

    L’anse est profonde et calme vivante
    Sur le rivage
    La barque de pêcheur blanche et jaune
    Se balance
    Immuablement

    Une tortue sort sa tête de l’eau
    Comme un périscope
    Elle regarde si tout va bien
    Puis elle disparaît

    Un banc de poissons argentés
    Poursuivi par un invisible requin
    Joue à saute-mouton sur les vagues

    Des chauves-souris grosses comme des corbeaux
    Piaillent dans les grottes granitiques
    D’autres traversent la baie
    Battant l’air d’un air abattu
    Avec leurs drôles d’ailes à l’envers

    De temps en temps
    D’un bruit sec
    Une noix tombe d’un cocotier

    Sur la plage
    L’ombre pieuvre des takamakas
    Protège le sable

    Là-haut le morne retient les nuages

    Seychelles janvier 2005


Dernières publications d’art et de poésie

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille


    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

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  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

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  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

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  • Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino : deux bronzes

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  • Jacques Bertin : Hymne (2018)

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  • Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

    We have not long to love.
    Light does not stay.
    The tender things are those we fold away.
    Coarse fabrics are the ones for common wear.
    In silence I have watched you comb your hair.
    Intimate the silence, dim and warm.
    I could but did not, reach to touch your arm.
    I could, but do not, break that which is still.
    (Almost the faintest whisper would be shrill.)
    So moments pass as though they wished to stay.
    We have not long to love.
    A night. A day….

    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    La lumière ne restera pas.
    Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
    Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
    En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
    Un silence intime, tamisé et chaleureux.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
    (Le moindre murmure serait strident.)
    Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    Une nuit. Un jour…

    Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

    Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025