Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 439 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero

  • sons

    d’abord un seul froufrou
    la source frétillante
    rebonds joyeux sur les rochers ronds
    notes soyeuses de musique légère
    longtemps seules dans l’espace-temps
    puis les sons de la vie
    l’appel d’un oiseau
    simple et direct
    sans fioritures
    pas de temps à perdre
    dit l’animal
    puis un grondement d’orage
    qui fait le fier
    pas bien méchant
    et toujours en fond de tableau
    la brise irisée qui respire doucement
    hélas même ici l’avion
    invisible et lointain
    ronchonne empereur hautain
    ineffable briseur d’unisson


  • Fayard (Luc) : bruit familier

    L’autre jour, perdu dans des tristesses existentialistes abyssales, même pas bourré, je me posais cette question fondamentale : qu’est-ce qui prouve, vraiment, qu’on existe ? Laissez tomber les banalités, s’il vous plait, l’amour qui nait, le regard d’un enfant, la tige qui bourgeonne au printemps, non merci, je vous parle sérieusement, on n’est pas dans un roman de gare ici.
    (suite…)


  • Toscane (Lucien) : On voit de moins en moins, ca va trop vite

    La meilleure démonstration de la relativité du réel et du vrai, bref de l’existant, c’est de lever la tête la nuit vers les étoiles et les planètes. Comme vous le savez, vous ne pouvez pas voir plus loin que 14 milliards d’années-lumière puisque 14 milliard d’années c’est grosso modo la date du Big Bang et qu’avant, il n’y avait prétendument rien (on laisse tomber le discours: rien, c’est déjà quelque chose, d’accord?).
    (suite…)


  • Grill (Havana) : Veinte Años (Vingt Ans)

    Qué te importa que te ame
    si tú no me quieres ya
    El amor que ya ha pasado
    no se debe recordar.

    Qu’est-ce que ça peut te faire que je t’aime
    si tu ne m’aimes plus
    L’amour qui a déjà passé
    ne doit pas être oublié.

    (suite…)

  • Rilke (Rainer Maria): Pour écrire un seul vers

    Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin.
    (suite…)


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  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025