Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir, à découvrir… pour s’y promener librement.
© Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations, aux auteurs pour les textes.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 458 artistes • 855 auteurs
publiés dans Amavero
Citation Amavero du jour
La psychanalyse est la maladie dont elle se considère comme le traitement.
…, critique et écrivain viennois


  • haies

    tout ce qui existe
    est là-bas présent
    derrière la haie
    caché mais vivant
    il faut y aller
    quitte à s’écorcher
    ôter ce qui gêne
    à coups d’oxygène
    et quand on y est
    tout a permuté

    rien n’est révélé naturellement
    tout évolue dans un temps progressif
    vivre n’est qu’un glissement agressif
    de l’ombre des réalités des gens

    il faut imaginer ce qui sera
    rien ne reste figé ci et là
    enseveli pêle-mêle
    dans un passé poubelle

    je hais les haies
    elles sont partout
    devant derrière
    sur les côtés

    la vie est un enclos de reclus
    il faudrait être singe ou kangourou
    quand on est limace ou serpent
    il faudrait être gourou
    quand on est mouton
    bêlant ses reproches et ses regrets
    sa malvoyance et ses fragilités

    l’homme est un animal qui pleure
    cloitré il ne saura jamais
    son talent pour l’éternité
    dans le grand tintamarre des heures

    je voudrais être un grand oiseau
    volant sur les arbres les eaux
    les petitesses les soupçons
    vers l’hypnotisant horizon
    toujours plus loin toujours plus fort
    comme sont la vie et la mort


  • dehors dedans

    dehors
    bleu blanc vert
    couleurs prégnantes
    avions filant
    vers leur destin
    joyeux cris d’enfants
    montant de la vallée
    les oiseaux discutent
    revenus de loin
    sans me dérider

    dedans
    rien ne sourit
    mes sens reliés au monde
    ne m’y ont pas attaché
    je ne saurais jamais
    qui je suis
    spectateur de ma vie
    toujours en attente
    de quoi


  • d'abord le vent

    ici 

    on vit 

    on sent 
    différemment

    d’abord le vent incessant
    pénètre les pores
    cure de désintox
    massage brutal et caressant

    puis le soleil impérial
    se heurte aux nuages 
    les couleurs claires de la mer
    mordent les palmiers
    au pied des mornes rouges

    l’accent met en relief le sourire
    de gens calmes et lents
    le pélican brusque plongeur 
    repart lourd et décidé 
    l’iguane d’un autre temps 
    s’arque sur la pierre grise

    les taches de fleurs nonchalantes
    se penchent vers vous
    comme pour vous dire
    respirez calmement
    revivez 
    oubliez le temps
    laissez parler les sens 
    renaissance


  • éternelle universalité de la douleur

    quand leurs maris sont partis
    il y a des siècles semble-t-il
    les deux femmes bouddhistes
    sont entrées au temple de Gandan
    chaussées de leurs bottes mongoles
    elles y sont restées

    leurs doigts égrenant le temps
    sur de longs chapelets ridés

    les jours de marché
    assises là dans ce recoin
    toujours le même
    recroquevillées
    sur les marches du temple
    aussi usées qu’elles
    elles parlent à mi-voix
    des gens qui passent 

    avec le temps
    comme s’ils avaient de l’importance
    et ils doivent en avoir
    puisqu’elles sont encore là pour en parler

    chaque fois qu’elles se retrouvent
    la conversation reprend
    à l’endroit exact où elle s’était arrêtée
    elles commentent de minuscules épisodes
    le fil de la vie se déroule
    c’est le tout qui forme le monde
    tout se raconte
    plus rien ne les surprend
    mais tout les intéresse
    surtout les choses du dedans
    car leurs yeux plissés de compassion
    sont tournés vers les âmes qui souffrent
    les sans voix les solitaires les épleurées
    celles qui subissent en silence
    l’éternelle universalité de la douleur


  • cicatrice d'amour

    la cicatrice d’amour
    a le regard fulgurant
    d’un vif éclair de soleil
    zébrant le ciel bleu et lourd

    sur sa peau les souvenirs
    s’égrènent avec le cœur
    entêtés ils apparient
    les sourires et les pleurs

    alors tous les sens s’éveillent
    les odeurs mêlées aux sons
    les parfums le long du corps
    et les vibrations du temps

    là d’une branche invisible
    un oiseau s’orne de trilles
    secouant de toutes plumes
    la vitalité de l’air

    chaque fois qu’un être chante
    la mort cède note à note
    pas après pas sans raison
    comme une distraction

    alors l’âme se renforce
    de questions et de réponses
    la vie n’est plus qu’un puzzle
    passé recomposée

    avec des pièces triées
    pour leurs couleurs fortes
    leurs arêtes sectionnées
    aux places les plus accortes

    on remanie sa mémoire
    avec d’arrière-pensées
    pour créer sa vie dorée
    avec ses heures de gloire

    la seule vraie à toute heure
    la voie rêvée du bonheur
    celle de l’enfant vainqueur
    qui souffre rit et qui pleure


Dernières publications d’art et de poésie

  • François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille


    Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
    Et les tristes discours
    Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
    L’augmenteront toujours

    Le malheur de ta fille au tombeau descendue
    Par un commun trépas,
    Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
    Ne se retrouve pas ?

    Je sais de quels appas son enfance était pleine,
    Et n’ai pas entrepris,
    Injurieux ami, de soulager ta peine
    Avecque son mépris.

    Mais elle était du monde, où les plus belles choses
    Ont le pire destin ;
    Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
    L’espace d’un matin.

    Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
    Elle aurait obtenu
    D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
    Qu’en fût-il advenu?

    Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
    Elle eût eu plus d’accueil ?
    Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
    Et les vers du cercueil ?

    Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
    Ote l’âme du corps,
    L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
    Et ne suit point les morts…

    La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
    On a beau la prier,
    La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
    Et nous laisse crier.

    Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
    Est sujet à ses lois ;
    Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
    N’en défend point nos rois.

    De murmurer contre elle, et perdre patience,
    Il est mal à propos ;
    Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
    Qui nous met en repos.

    François de Malherbe. Poésies, 1599.

    François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille

  • La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

    La Gazette d’Amavero n°23 – Lundi 20 avril 2026

  • Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

    Ajout d’œuvres d’art contemporain (Galerie 6)

  • Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

    Ajouts d’œuvres d’art moderne (Galerie 4)

  • Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino : deux bronzes

    Pierre-Auguste Renoir et Richard Guino : deux bronzes

  • Jacques Bertin : Hymne (2018)

    Jacques Bertin : Hymne (2018)

  • Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

    We have not long to love.
    Light does not stay.
    The tender things are those we fold away.
    Coarse fabrics are the ones for common wear.
    In silence I have watched you comb your hair.
    Intimate the silence, dim and warm.
    I could but did not, reach to touch your arm.
    I could, but do not, break that which is still.
    (Almost the faintest whisper would be shrill.)
    So moments pass as though they wished to stay.
    We have not long to love.
    A night. A day….

    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    La lumière ne restera pas.
    Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
    Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
    En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
    Un silence intime, tamisé et chaleureux.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
    (Le moindre murmure serait strident.)
    Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    Une nuit. Un jour…

    Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

    Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

  • Galerie du baroque

    Galerie du baroque

  • Galerie de la Genèse

    Galerie de la Genèse

Abonnez-vous à
La Gazette d’Amavero
Entrez votre email
et vous recevrez notre newsletter
un lundi sur deux :
100% bénévole, gratuit,
sans pub, ni spam, ni traqueurs

← Retour

Votre adresse email a été envoyée

Merci pour votre abonnement au site Amavero et à ses poèmes !

Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025