Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

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publiés dans Amavero

  • éloge de la lenteur

    ce serait un pays où l’on vivrait
    comme dans un film au ralenti
    après des heures à se dessiner
    jamais plus le sourire
    ne se fermerait sur le visage

    dans l’air du matin
    les mains s’écarteraient
    sur des cercles imaginaires
    chassant les vents contraires
    volutes longtemps évoqués
    construisant le vide devenu le tout

    la marche sans but prendrait la forme
    d’un rituel initiatique de respiration
    l’esprit ne serait que le calme absolu
    répandant son énergie dans l’être
    peut-être n’aurait-on plus besoin de parler
    les rencontres préparées par la pensée
    s’étant irriguées de cette chaleur diffuse

    la mère caresserait son fils
    d’un geste si langoureux
    qu’il fermerait les yeux
    rêvant au paradis de coton bleu
    où l’enfant roi règne sans vices

    les chats toujours plus paresseux
    n’en finiraient plus de s’étirer
    sur les couettes laineuses
    même l’araignée au diapason
    tisserait sa toile en un siècle
    le long des murs de maisons

    dans les jardins multicolores
    les fleurs effarouchées
    s’ouvriraient mollement
    refusant de se dévoiler trop tôt

    parfois il tomberait une faible pluie
    si douce et venant de si haut
    qu’elle parfumerait la peau
    des senteurs colorées du ciel

    sur la grève peuplée de souvenirs
    la marée au rythme lunaire
    laisserait aux amoureux
    le temps de priser le spectacle

    et le vent qui chasse tout en riant
    clamerait dans les plaines du pays
    sa fierté d’être tiède frissonnant
    le messager du bonheur infini

    Hommage à Milan Kundera et Carl Honoré

    Florence Jacquesson – La Paresse (2003) – sculpture bronze


    Texte de Luc Fayard, illustré par La Paresse, de Florence Jacquesson


  • quatre actes

    Anne Defaucher – Quatre acryliques (2023)

    la branche et l’algue
    le ciel et la mer
    l’herbe et la mousse
    le ruisseau et la montagne
    on entend tous les chants
    le cri surpris des oiseaux
    le ruissellement soyeux de l’eau
    le frottement tiède du vent
    tous les actes de la vie
    joie ou tristesse
    espoir ou peine
    se jouent en quatre actes


    Texte de Luc Fayard, illustré par Quatre acryliques, d’Anne Defaucher


  • passage

    Isabelle Mestchersky – A en majuscule (2018)

    passage entre deux mondes
    vers la lumière et l’inconnu
    loin des souvenirs lourds ou bleus
    des colères et des joies
    chemin à déchiffrer soi-même
    sans ornières ni frontières
    surtout ne pas se retourner
    comme la femme de Loth
    jetant un fatal regard à Sodome
    et pour connaître le sens de sa vie future
    il faudra avancer sans regarder
    les couleurs si fortes de la vie passée


    Texte de Luc Fayard, inspiré par le tableau d’Isabelle Mestchersky , A en majuscule, 2018 – 160 x 240 cm


  • trois arts

    Martine Durou – Musique et jardins (2023)

    dans un jardin de splendeur
    la musique chanta
    les pinceaux frémirent
    les âmes s’envolèrent
    sur une eau lisse
    trois fois ravies
    par trois arts en partage
    célébrant la naissance
    d’un moment unique
    où savourer le plaisir
    des sens en fusion
    crée une émotion vierge


    Texte de Luc Fayard, inspiré d’Au fil de l’eau, de Martine Durou, lors d’une belle journée où ce miracle eut lieu, grâce à l’association de Chaville, « L’Art en partage »


  • sensualité

    Ernest Hébert – Comtesse Audouin de Dampierre, née Marie-Joséphine Fouache d’Halloy (1863)

    imaginaire
    de la sensualité
    d’emblée
    sans la connaître
    on est attiré par elle
    la femme en noir
    dans les yeux
    le sourire
    elle porte
    sa vie cachée
    et comme un regret
    un fond de tristesse
    ses fins doigts
    de pianiste
    la langueur du poignet
    en disent long
    sur ses désirs
    peut-être a-t-elle lu
    Madame Bovary


    Texte de Luc Fayard, inspiré du tableau d’ Ernest Hébert : Comtesse Audouin de Dampierre


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  • Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

    We have not long to love.
    Light does not stay.
    The tender things are those we fold away.
    Coarse fabrics are the ones for common wear.
    In silence I have watched you comb your hair.
    Intimate the silence, dim and warm.
    I could but did not, reach to touch your arm.
    I could, but do not, break that which is still.
    (Almost the faintest whisper would be shrill.)
    So moments pass as though they wished to stay.
    We have not long to love.
    A night. A day….

    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    La lumière ne restera pas.
    Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
    Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
    En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
    Un silence intime, tamisé et chaleureux.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
    J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
    (Le moindre murmure serait strident.)
    Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
    Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
    Une nuit. Un jour…

    Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

    Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer

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Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025