Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.









plus jamais les rêves de la nuit
ne s’ancreront aux habits de l’enfance
ni les jours enfuis
aux rives de l’absence
à quoi bon pleurer
ou tourner en rond
les bons moments passés
jamais ne reviendront
c’est ainsi que naît la nostalgie
un envahissement progressif
comme un voile de brume
ruisselant sur l’âme
on ne meurt pas de nostalgie
avec elle on vit tous les jours
elle te suit comme une ombre
fidèle jusqu’à la tombe
même si au souvenir
des regards rompus
des rencontres inabouties
le regret sournois s’insinue
elle te dira que tu n’as pas vécu
comme tu l’aurais voulu
mais voilà la vie se nourrir
de joie de manques et avancer
chaque émotion produit une graine
chaque sourire un bout d’oxygène
ainsi se construit le labyrinthe
d’un destin à nul autre pareil
à la fin tu devras bien pourtant
assembler les pièces du casse-têtes
pour faire semblant de croire
à un accord possible
et si certaines éparses
ne trouvent pas leur place
dans le récit peint
entre vide et plein
tant pis
c’est ainsi que tu vis
l’humanité de la folie
entre désir et nostalgie











Texte de Luc Fayard, illustré par 20 œuvres d’artistes contemporains
=> Lire en bas de l’article « épicentre » mon explication sur la recherche d’illustrations facilitée par l’utilisation de ChatGPT et l’utilisation de mots-clés descriptifs de contenu et d’évocations.
Auteurs des oeuvres (de haut en bas, de gauche à droite) :
Foujita, Natasha Shalina, David Chauvin, Victoria Picini, Cornelia 0’Donovan, Will Moses, Dorchin, Leonora Rosado, Davood Zandian, Caroline Dahyot, Jason Bowyer, Stefan-Daniel Lazarescu, Pierre Dessons, Maleonn, Anna Luteracka, Pascal Verbenan, Andrew Hern, Roy Wenzel,, Annie Montgomerie, Jude Hill,
Et, pour le plaisir, voici l’affiche des 20 œuvres (parfois c’est un détail, pour les besoins du montage) avec le nom des artistes.






Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)
Voudrais qu’on m’enfougère,
qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
Voudrais pas qu’on m’enterre.
Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)
Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)
Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
E questa siepe, che da tanta parte
Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
Ma sedendo e mirando, interminati
Spazi di là da quella, e sovrumani
Silenzi, e profondissima quiete
Io nel pensier mi fingo; ove per poco
Il cor non si spaura. E come il vento
Odo stormir tra queste piante, io quello
Infinito silenzio a questa voce
Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
E le morte stagioni, e la presente
E viva, e il suon di lei. Così tra questa
Immensità s’annega il pensier mio:
E il naufragar m’è dolce in questo mare. »
Toujours j’aimai cette colline solitaire
Et cette haie qui refuse au regard
L’ultime horizon de ce monde.
Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
Des silences surhumains, et c’est une quiétude
Si profonde que pour un peu se troublerait
Le cœur . Et comme alors j’entends
Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
Ce silence infini à cette voix,
Et je me souviens de l’éternel
Et des saisons mortes, et de celle
Qui vit encore, de sa rumeur.
Immensité où sombre ma pensée,
Et m’abîmer m’est doux en cette mer.
Giacomo Leopardi – Canti (1818)
Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette
En las orillas del río
se está bañando la noche,
y en los pechos de Lolita
mueren de amor los ramos.
Mueren de amor los ramos.
La noche desnuda canta
por los puentes de marzo.
Lolita se baña en agua
de salitre y de nardos.
Mueren de amor los ramos.
La noche de anís y plata
reluce por los tejados.
Plata de espejos de agua.
Anís de tus muslos blancos.
Mueren de amor los ramos.
Sur les bords de la rivière
voyez la nuit qui se baigne
et sur les seins de Lolita
meurent d’amour les bouquets.
Meurent d’amour les bouquets.
La nuit nue chante à voix basse
sur les ponts du mois de mars.
Lolita au bain se pare
dans l’eau saline et le nard.
Meurent d’amour les bouquets.
La nuit d’anis et d’argent luit
sur les toits de la ville.
Argent des eaux miroitantes.
Anis de tes cuisses blanches.
Meurent d’amour les bouquets.
