Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
Re-publication d’une ancienne trouvaille géniale d’Infotekart (il y a 19 ans) : Worth1000, un site qui publiait des détournements humoristiques mais artistiques de chefs-d’œuvres. Malheureusement le site a disparu mais j’ai pu retrouver quelques copies que j’avais faites à l’époque. Enjoy !
quel est ce chemin sinuant de l’esprit à la phrase cette invisible alchimie transmuant une impression confuse en envie de dire puis en suite grammairienne de mots aléatoires objets complexes par définition puisque signifiants et signifiés
qui parle pour moi le cœur l’âme les sentiments la mémoire l’enfance voire même les préjugés les racismes ordinaires les blocages l’inconscient le rapport à la mère ou tout simplement l’amour la haine en tout cas ce n’est pas la raison ouf car elle nous mènerait droit au plouf
pourquoi tel mot me vient en tête plutôt que tel autre est-ce parce qu’il sonne mieux qu’il me parait plus vrai c’est-à-dire conforme à ma vision ce que j’écris dépend-il de mon humeur du moment ou bien d’une inclination profonde qui serait la marque de mon être
en quoi mon vocabulaire de crabe aveugle peut-il m’aider à peindre l’essence des choses comment ma révélation maladroite d’un univers intime pourrait-elle prétendre à l’universel et surtout quel est cet enchantement qui donnerait à ma construction hasardeuse et personnelle la volonté imparable d’un parangon de beauté
quand je commence une phrase sais-je vraiment comment la finir et quand je débute un texte en connais-je déjà la chute se pourrait-il donc que cette maturation ontologique ne fût que simple hasard rencontre à conclusion indéterminée entre l’homme et son contexte chimie des neurones et de l’estomac
une seule chose est sûre le reste n’est que balivernes quand j’ai commencé ce texte je n’avais pas décidé qu’il se terminerait par le mot estomac
Joaquim Torres-Garcia – Constructive Composition (1943)August Macke – Colored Composition (Homage to Johann Sebastian Bach) (1912)Leonid Pasternak – The Passion of creation (1924)
Texte de Luc Fayard, illustré par trois tableaux : Constructive composition , de Joaquim Torres Garcia, Colored Composition, d’August Macke et The Passion of creation, de Leonid Pasternak
Republication de ce texte publié en juin 2024, car il s’illustre avec deux tableaux de plus.
Nous sommes heureux d’accueillir le site Poésie de l’Art qui publie comme nous des duos de poèmes et d’œuvres d’art et son contenu vient donc enrichir la Galerie Amavero. Vous y retrouverez toutes ses publications. L’origine de ce site vient des poèmes courts que Luc Fayard a écrit sur des œuvres d’artistes contemporains et c’est donc de nombreux artistes d’aujourd’hui qui viennent enrichir nos pages. Nous leur souhaitons la bienvenue et nous espérons que vous prendrez plaisir à les découvrir. Une partie de ces duos a été publié dans « Poèmes courts sur des œuvres d’art. Volume 2 : Art moderne et contemporain« , Éditions Amavero, 2023 Vous pouvez consulter la liste des artistes publiés dans cette Galerie de duos et revenir la voir souvent car elle est régulièrement mise à jour. Bonne visite !
Un article écrit et augmenté de 2013 à 2018: déjà petit, je m’intéressais à l’art… mais d’une manière un peu utilitariste !… Voici le premier article sélectionné sur les archives du blog infotekart.com où, journaliste informatique, j’ai analysé pendant 20 ans (2004-2024) les évolutions de l’entreprise et de la société dans leurs usages des technologies. Mais là pas de techno, que de l’art comme une aide au management et à la motivation. 40 oeuvres d’art, à ce jour, connues ou non Choisies par moi pour leur pouvoir d’évocation multifacette et original.
Mosaïque des 40 tableaux utiles pour illlustrer votre discours
Sempre caro mi fu quest’ermo colle, E questa siepe, che da tanta parte Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude. Ma sedendo e mirando, interminati Spazi di là da quella, e sovrumani Silenzi, e profondissima quiete Io nel pensier mi fingo; ove per poco Il cor non si spaura. E come il vento Odo stormir tra queste piante, io quello Infinito silenzio a questa voce Vo comparando: e mi sovvien l’eterno, E le morte stagioni, e la presente E viva, e il suon di lei. Così tra questa Immensità s’annega il pensier mio: E il naufragar m’è dolce in questo mare. »
Toujours j’aimai cette colline solitaire Et cette haie qui refuse au regard L’ultime horizon de ce monde. Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux, Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn Des silences surhumains, et c’est une quiétude Si profonde que pour un peu se troublerait Le cœur . Et comme alors j’entends Le vent bruire dans ces feuillages, je compare Ce silence infini à cette voix, Et je me souviens de l’éternel Et des saisons mortes, et de celle Qui vit encore, de sa rumeur. Immensité où sombre ma pensée, Et m’abîmer m’est doux en cette mer.
Giacomo Leopardi – Canti (1818) Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy
Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs. Des mains en multitude élançaient l’offensive, Je tombais à genoux, broyée au laminoir.
Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant Dans un corps devenu un sauvoir célébrant Le règne végétal et l’essor excavant.
J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène, Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.
Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte
René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier
Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit
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