Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.

Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.

1 414 artistes • 758 auteurs
publiés dans Amavero

  • je veux ton rire (illustré par 17 artistes contemporains et 1 classique)

    je veux ton rire

    je veux ton rire
    claquant comme un fouet
    galet rebondissant
    sur l’eau des avatars
    de nos multiples vies

    je veux des embrassades
    à la régalade
    tapant fort sur l’épaule
    pour vérifier au passage
    qu’on est encore vivant

    je veux ton soleil
    créateur d’ombre
    en lignes de fuite
    sur l’horizon courbe
    de nos questions

    je veux ton sourire
    escaladant les montagnes
    sautant de pic en pic
    pour venir en bout de course
    me donner sa lumière

    je veux que nos doigts se croisent
    paumes pressées
    souffle coupé
    pour que nos cœurs joints
    dessinent des nuages

    je veux tout donner
    ne rien regretter
    pour qu’on écrive
    sur nos tombes
    ils auront aimé

    Texte de Luc Fayard illustré par 16 artistes contemporains et un artiste classique

    Artistes cités ( de haut en bas): Anish Kappor, Cai Guo-Qiang, Oliafur Eliasson, Yayoi Kusama, Do-Ho Suh, John Olsen, Bernard Ajarb, Perrine Hernandez, Wang-Jun Peng, Jean-Baptiste Brun, Dave Cooper, Evaristo, John Currin, Hieronymus Bosch, Noureddine Chegrane, Carol Crown, Kara Walker


  • l’arbre dit aux maisons

    Laure d’Argaignon – Douceur de vivre

    l’arbre dit aux maisons
    vous voyez la mer là-bas
    elle vient vers vous
    pour vous envelopper
    de son odeur salée
    ici la lumière étincelle
    le vent est un allié
    espiègle et volage
    quand le soleil s’invite
    le temps paresse
    et le sourire des gens
    se plisse et rêve


    Texte de Luc Fayard inspiré par Douceur de vivre, de Laure d’Argaignon


  • la ville la nuit

    Anne-Sophie Larcena – Nocturne

    la ville la nuit
    rouge et noir
    traces de lumière
    halos croisés des destins
    filandres de vies
    filant ailleurs
    ou se terrant trop sages
    la ville la nuit
    monde de blocs
    et de passages

    Texte de Luc Fayard inspiré par Nocturne, d’Anne-Sophie Larcena


  • cycle marin

    Béatrice Aliamus – Chantier ostréicole à Baden

    l’huître boit la mer
    la mer savoure le soleil
    le soleil chauffe le rocher
    le rocher se pare d’écume
    l’écume emporte l’algue
    l’algue se couvre de sel
    le sel titille le couteau
    le couteau attend la marée
    la marée renvoie le poisson
    le poisson caresse l’huître


  • belle journée pour les arts en partage

    sous la baguette magique
    des bonnes fées des arts
    les musiciens musiquèrent
    la soprano soprana
    le poète … rima
    et c’est alors que
    sous la houlette de
    Valérie la fée cheffe
    les artistes artistèrent
    dans un grand ballet de crayons
    et de pinceaux multicolores
    elles bourdonnaient comme une ruche
    le scenario était bien ficelé
    d’abord le découpage en 16 pièces
    d’une photo issue elle-même
    d’une mise en scène élaborée
    par l’ineffable Jeff Wall
    puis chacune avec son rectangle A3
    porté contre son cœur
    comme un carton de prière
    ou de manifestation
    se mit à dessiner crayonner peindre
    son petit bout d’univers
    – ça crissait dans tous les coins –
    fin du premier acte
    on se mit alors
    à échanger son rectangle
    avec ceux de ses voisines
    et ce fut un trafic mémorable
    de traits et couleurs en tout genre
    enfin dans un silence théâtral
    les morceaux furent assemblés
    soudés par un scotch bleu
    sur l’envers du décor
    et donnant tout son sens
    à ce travail collectif
    l’on se remit à l’ouvrage
    pour adoucir les transitions
    d’un rectangle à l’autre
    et faire oublier les plis
    grande règle de la vie

    tout le monde souriait
    ce fut une belle journée
    pour les artistes pas tristes
    et les arts pas bizarres

    Œuvre réalisée par les artistes de l’association « Art en partage » de Chaville, sur la base d’une photographie de Jeff Wall
    Photographie de Jeff Wall – exposée au Moma

    Musiciens : Véronique Baron (piano), Isabelle Chayé-Mauvarin (violoncelle), Alexandre Derome (cor de basset), Marie-Hélène Dhollande (violoncelle), Geneviève Ellrodt (soprano), Pascal Fuchs (clarinette), Sabine Gignoux (violon), Clauge Grigy (clarinette), Jean-Marie L’Huillier (piano et chant), Florence Mulertt (flûte traversière). Classe de musique de chambre « Accords majeurs » du Conservatoire de Chaville .

    Œuvres jouées : Brahms, Mendelssohn, Berlioz, Viardot, Bonis, Hue…
    Artistes : Béatrice Boyer, Anne Dombre, Martine Durou, Martine Tayeb, Valérie Sizaret. Association L’Art en partage, Chaville.
    Poète : Luc Fayard (texte « ma compagne« )

    Photographe : Jeff Wall (exposé au Moma)

    Avec le soutien de l’association : Amavero art et poésie (Jouy-en-Josas)


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  • Roger Bissière : Composition verte (1961)

    Roger Bissière : Composition verte (1961)

  • Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

    Voudrais qu’on m’enfougère,
    qu’on m’envente, qu’on m’enrose,
    qu’on m’encoquelicotte, qu’on m’enféminise,
    qu’on m’endoucisse , qu’on m’enciélise ….
    Voudrais pas qu’on m’enterre.

    Louis Calaferte – L’homme vivant (1994)

    Louis Calaferte : Prière pour ne pas mourir (1994)

  • Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

    Sempre caro mi fu quest’ermo colle,
    E questa siepe, che da tanta parte
    Dell’ultimo orizzonte il guardo esclude.
    Ma sedendo e mirando, interminati
    Spazi di là da quella, e sovrumani
    Silenzi, e profondissima quiete
    Io nel pensier mi fingo; ove per poco
    Il cor non si spaura. E come il vento
    Odo stormir tra queste piante, io quello
    Infinito silenzio a questa voce
    Vo comparando: e mi sovvien l’eterno,
    E le morte stagioni, e la presente
    E viva, e il suon di lei. Così tra questa
    Immensità s’annega il pensier mio:
    E il naufragar m’è dolce in questo mare. »

    Toujours j’aimai cette colline solitaire
    Et cette haie qui refuse au regard
    L’ultime horizon de ce monde.
    Mais, en m’asseyant, je laisse aller mes yeux,
    Je façonne, en esprit, au-delà d’e la haie, des espaces sans finn
    Des silences surhumains, et c’est une quiétude
    Si profonde que pour un peu se troublerait
    Le cœur . Et comme alors j’entends
    Le vent bruire dans ces feuillages, je compare
    Ce silence infini à cette voix,
    Et je me souviens de l’éternel
    Et des saisons mortes, et de celle
    Qui vit encore, de sa rumeur.
    Immensité où sombre ma pensée,
    Et m’abîmer m’est doux en cette mer.

    Giacomo Leopardi – Canti (1818)
    Traduction: Luc Fayard à partir des traductions de Philippe Jaccottet et Yves Bonnefoy

    Giacomo Leopardi : L’Infinito (L’Infini) (1828)

  • Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

    Roberto Juarroz : Ce n’est qu’un rectangle (2021)

  • Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

    En las orillas del río
    se está bañando la noche,
    y en los pechos de Lolita
    mueren de amor los ramos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche desnuda canta
    por los puentes de marzo.
    Lolita se baña en agua
    de salitre y de nardos.

    Mueren de amor los ramos.

    La noche de anís y plata
    reluce por los tejados.
    Plata de espejos de agua.
    Anís de tus muslos blancos.

    Mueren de amor los ramos.

    Sur les bords de la rivière
    voyez la nuit qui se baigne
    et sur les seins de Lolita
    meurent d’amour les bouquets.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit nue chante à voix basse
    sur les ponts du mois de mars.
    Lolita au bain se pare
    dans l’eau saline et le nard.

    Meurent d’amour les bouquets.

    La nuit d’anis et d’argent luit
    sur les toits de la ville.
    Argent des eaux miroitantes.
    Anis de tes cuisses blanches.

    Meurent d’amour les bouquets.

    Federico Garcia Loca : Cancioneta (1921) – Chansonnette

  • Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

    Mes pas coupaient la nuit, sa riposte fut vive
    Et mon sang rougissait les joints des pavés noirs.
    Des mains en multitude élançaient l’offensive,
    Je tombais à genoux, broyée au laminoir.

    Ma bouche a goût de terre et l’humus térébrant
    S’instillait sous ma peau, redoublant le vivant
    Dans un corps devenu un sauvoir célébrant
    Le règne végétal et l’essor excavant.

    J’enracinais mes doigts, plongeant au plus profond
    Et touchant les flux lents, la vie que rien n’aliène,
    Je nourrissais la glèbe abreuvant les greffons
    D’un vert élan fécond, je suis chlorophyllienne.

    Texte d’Isabelle Triaureau, qui a choisi de l’illustrer par La Saveur des larmes, de René Magritte

    pour en savoir plus sur Isabelle Triaureau

    René Magritte - La Saveur des larmes (1946) - gouache sur papier
    René Magritte – La Saveur des larmes (1946) – gouache sur papier

    Isabelle Triaureau : Mes pas coupaient la nuit

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Une couverture de la Gazette d'Amavero avec des portraits de Nikolaus, un enfant, et de Barbara, une femme âgée, accompagnés de descriptions artistiques.
Une de La Gazette d’Amavero n°5 du 26 mai 2025