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Blog « Fleureter »
Amavero est un jardin de liberté, une passerelle, un espace vivant de poésie, d’art et de culture. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre ses univers. À lire, à regarder, à ressentir… pour s’y promener librement. © Tous droits réservés aux artistes pour les illustrations.
Amavero est un espace vivant de poésie, d’art et de pensée. Chaque jour, des mots, des images, des liens entre les deux. À lire, à regarder, à ressentir — librement.
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Nos recherches quotidiennes nous ont fait dénicher quelques œuvres d’art contemporain au hasard, au départ sur des thèmes différents, mais en les regardant toutes ensemble, nous leur avons trouvé un point commun, résumé par le mot « limite », à comprendre avec et sans. La limite est une notion éminemment artistique et se prête à toutes les interprétations. Voici peut-être une de nos galeries thématiques les plus ouvertes
N’hésitez pas à nous faire des propositions pour l’enrichir: comme d’habitude priorité à l’art contemporain mais nous n’avons pas d’œillères !


















elle est l’épure
brume qui feutre l’horizon
pour y cacher la douleur
main tendue vers les soupirs
et les coins d’ombre
courbe tranquille et seule
narguant les lignes dures
où paradent
les hallebardes
elle est l’oubliée des livres
des notes et des couleurs
trop occupée à battre
le tambour incessant
du jour et de la nuit
elle est le chemin caché
le long des berges bruyantes
la lumière du soir
drapant de tendresse
les âmes fissurées
l’odeur primale
de la peau caressée
la bouche tant aimée
pour ses mots ses baisers
elle est la frondaison
d’un gai printemps
dansant dans le vent
silhouette effacée
derrière les premiers plans
des paravents
elle est le murmure poignant
entre les cris
entre les mots
et son chant à elle
est le chant le plus beau
elle est l’avant
elle est l’après
elle est le sel d’aujourd’hui
et notre seul futur
…à toutes mes femmes



Texte de Luc Fayard illustré par six artistes contemporains : Ewa Juszkiewicz – Sisters (2014); Sophie Drouin – Évanescence (2020) – mosaïque; Maria Kreyn – Ocean Prism (2024); Laura Blou – Bonheur sous la pluie (2020) – carton, acrylique, collage; Camille Rouschmeyer – Une roselière au bout du lac (2020); Gabrielle Rul – En passant (2020)
© Tous droits réservés aux artistes




















Marie-Stahl – huiles sur papier – Galerie Jean-Pierre Respaut – novembre 2025
Si vous avez envie de visionner rapidement les 1464 images d’art publiées par Amavero (décompte d’aujourd’hui), allez sur la page
Vous y verrez d’abord sur cinq colonnes toutes les images d’art publiées par Amavero à ce jour, chaque image étant cliquable pour renvoyer à sa publication.
Et, cerise sur le gâteau, vous verrez ensuite une seule mosaïque géante de 61 lignes de 24 colonnes avec toutes les images.
Cette mosaïque devrait s’afficher rapidement (vérifiez que c’est bien le mode affichage rapide qui est sélectionné)
Vous pouvez ensuite la télécharger, en choisissant la qualité haute.
Merci à tous les artistes auteur(e)s de ces œuvres qui nous permettent d’envisager de multiples interactions entre l’art et la poésie qui sont l’ADN d’Amavero.
Nous pensons humblement que cette interaction est une façon de redonner un peu de sens et de beauté à notre monde chahuté par de gros affreux.
© Tous droits réservés aux artistes.
François de Malherbe : Consolation à M. Du Périer sur la mort de sa fille
Ta douleur, du Périer, sera donc éternelle,
Et les tristes discours
Que te met en l’esprit l’amitié paternelle
L’augmenteront toujours
Le malheur de ta fille au tombeau descendue
Par un commun trépas,
Est-ce quelque dédale, où ta raison perdue
Ne se retrouve pas ?
Je sais de quels appas son enfance était pleine,
Et n’ai pas entrepris,
Injurieux ami, de soulager ta peine
Avecque son mépris.
Mais elle était du monde, où les plus belles choses
Ont le pire destin ;
Et rose elle a vécu ce que vivent les roses,
L’espace d’un matin.
Puis quand ainsi serait, que selon ta prière,
Elle aurait obtenu
D’avoir en cheveux blancs terminé sa carrière,
Qu’en fût-il advenu?
Penses-tu que, plus vieille, en la maison céleste
Elle eût eu plus d’accueil ?
Ou qu’elle eût moins senti la poussière funeste
Et les vers du cercueil ?
Non, non, mon du Périer, aussitôt que la Parque
Ote l’âme du corps,
L’âge s’évanouit au deçà de la barque,
Et ne suit point les morts…
La Mort a des rigueurs à nulle autre pareilles ;
On a beau la prier,
La cruelle qu’elle est se bouche les oreilles,
Et nous laisse crier.
Le pauvre en sa cabane, où le chaume le couvre,
Est sujet à ses lois ;
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre
N’en défend point nos rois.
De murmurer contre elle, et perdre patience,
Il est mal à propos ;
Vouloir ce que Dieu veut, est la seule science
Qui nous met en repos.
François de Malherbe. Poésies, 1599.




Tennessee Williams : We Have Not Long To Love (1956) – Nous n’avons pas longtemps pour aimer
We have not long to love.
Light does not stay.
The tender things are those we fold away.
Coarse fabrics are the ones for common wear.
In silence I have watched you comb your hair.
Intimate the silence, dim and warm.
I could but did not, reach to touch your arm.
I could, but do not, break that which is still.
(Almost the faintest whisper would be shrill.)
So moments pass as though they wished to stay.
We have not long to love.
A night. A day….
Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
La lumière ne restera pas.
Les choses tendres sont celles que nous rangeons.
Les tissus grossiers sont ceux du quotidien.
En silence, je t’ai observée peignant tes cheveux.
Un silence intime, tamisé et chaleureux.
J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, tendre la main pour toucher ton bras.
J’aurais pu, mais je ne l’ai pas fait, rompre l’immobile.
(Le moindre murmure serait strident.)
Ainsi passent les heures comme si elles voulaient rester
Nous n’avons pas longtemps pour aimer.
Une nuit. Un jour…
Tennessee Williams (1911–1983). In the Winter of Cities (Dans l’hiver des villes). 1956 (New Directions Publishing).

